Extrait d'enluminure

Mise au point de M. Emmanuel Pénicaut sur la Maison de l’histoire de France

M. Emmanuel Pénicaut, Conservateur du patrimoine, Conseiller scientifique de l’association de préfiguration de la Maison de l’histoire de France, souhaite fournir les informations suivantes à la suite de la motion de la SHMESP du 15 octobre (cf fichier joint).

Le 15 octobre dernier, la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public a diffusé une motion relative au projet de la Maison de l’histoire de France. Conservateur du patrimoine en fonction à l’association de préfiguration de la Maison de l’histoire de France, je tiens à apporter en réponse à ce texte quelques précisions.
 
En premier lieu, aucune "menace de déménagement" ne porte actuellement sur les fonds anciens des Archives nationales. Le projet de la Maison de l’histoire de France n’a influé en rien sur les décisions d’implantation des fonds entre le nouveau centre de Pierrefitte-sur-Seine (dont la construction a été lancée en 2004) et le centre parisien ; les fonds dont la direction des AN a décidé qu’ils resteraient à Paris y resteront. Le départ de plus de la moitié des fonds et des personnels suffit largement à assurer à chacune des deux institutions l’espace dont elle aura besoin dans le quadrilatère Rohan-Soubise. Rappelons aussi que l’installation de la MHF entraînera la rénovation de l’ensemble du quadrilatère, aussi bien au bénéfice de la MHF que de celui des AN : en ce sens, elle sera même positive pour les conditions de conservation des fonds anciens.
En ce qui concerne l’"indépendance" des conservateurs des AN, je me permets de regretter les termes employés dans la motion, qui ne recouvrent pas de réalité juridique. Il existe actuellement une procédure de sanction à l’encontre de trois agents des Archives nationales à qui il est reproché d’avoir contrevenu au mois de mai dernier au principe de neutralité de la fonction publique. Si ces agents estiment que cette procédure n’est pas légitime, ils ont toute possibilité d’exercer les recours prévus par la loi devant le tribunal administratif. Rappelons, là encore, que la Maison de l’histoire de France ne joue aucun rôle dans cette procédure, suivie par les Archives de France et le ministère de la Culture.
Je conclurai en soulignant que le projet de la Maison de l’histoire, en gestation depuis trois ans, est actuellement dans une phase de concertation qui témoigne d’un véritable esprit d’ouverture. L’ensemble du Comité d’orientation scientifique et l’équipe de préfiguration sont à la disposition de tous les représentants du monde scientifique et culturel qui le souhaitent pour leur présenter le projet, au-delà des informations déjà disponibles sur internet et en discuter.