Extrait d'enluminure

Texte introductif de la question d’agrégation

Guerre et société, vers 1270-vers 1480

(royaume d’Écosse, royaume d’Angleterre, Irlande, pays de Galles,
royaume de France et marges occidentales de l’Empire (1) – espace italien exclu)

(1) Provence, Dauphiné, confédération suisse, comté de Bourgogne, Alsace, Lorraine, Barrois, Luxembourg, Brabant, principauté de Liège, Hainaut, Hollande, Zélande.

Texte introductif par Frédérique Lachaud, professeur d’histoire médiévale à l’université de Lorraine, et Bertrand Schnerb, professeur d’histoire médiévale à l’université Charles de Gaulle – Lille III)

Le sujet proposé implique une bonne connaissance du déroulement des activités militaires, sous toutes leurs formes, pendant la période et dans l’espace géographique considérés. Cet espace géographique est constitué par les îles Britanniques, le royaume de France et les marges occidentales de l’Empire (en particulier les régions qui, à la fin du XIVe et dans le courant du XVe siècle, ont été intégrées à l’ensemble territorial bourguignon). Dans ce cadre, il faudra étudier non seulement les guerres circonscrites aux îles Britanniques, le conflit opposant les royaumes de France et d’Angleterre ainsi que les guerres bourguignonnes, mais aussi les affrontements régionaux de moindre ampleur ; les « guerres civiles » devront aussi faire l’objet d’une étude, qu’il s’agisse des conflits entre factions aristocratiques ou des conflits reflétant les tensions sociales, à condition que ceux-ci revêtent une dimension militaire. La chronologie choisie reflète la nécessité de situer la guerre de Cent ans dans un contexte plus large. La croisade en Europe centrale, en Afrique du Nord ou en Méditerranée orientale et le « voyage de Prusse » ne seront pris en compte qu’en tant qu’éléments de la formation et/ou de la carrière des hommes de guerre. La culture militaire – en particulier les différentes formes de rencontres chevaleresques – devra également faire l’objet d’une étude.

Les candidats devront donc bien maîtriser la chronologie des conflits extérieurs comme des guerres civiles, et être capables d’identifier et d’analyser les différents types d’affrontements. Ils devront aussi avoir une certaine maîtrise de l’histoire et des techniques de l’armement et des fortifications, sans perdre de vue toutefois que le sujet porte avant tout sur les rapports entre guerre et société. Il s’agira de bien cerner les retombées de l’activité militaire sur la vie des hommes et des femmes du temps : la mise en défense des villes et villages, l’effort consenti pour faire face au danger, les nécessités de la logistique militaire, les dévastations dont les populations furent victimes, la présence de la violence guerrière, mais également les opportunités offertes par la guerre et son économie.

Il faudra aussi cerner la dimension proprement sociale de la guerre, qu’il s’agisse de l’évolution dans le recrutement des armées, du mercenariat, du lien entre guerre et noblesse, des carrières, de la mémoire et de la commémoration de l’activité militaire (ex-voto, effigies militaires, mémoriaux de guerre), ou de la création de « terres de guerre » dans les territoires frontaliers. La dimension anthropologique de la guerre devra également être prise en considération, notamment dans le contact entre armées relevant des modèles de la chevalerie et d’un recrutement étatique, et de groupes militaires appartenant à des types d’organisation plus marginaux.