Extrait d'enluminure

Lettre de la SHMESP n°76 (juin 2014)

VIE DE LA SOCIETE

Nous vous rappelons que la SHMESP organise une réunion à l’intention des préparateurs de la nouvelle question au programme des CAPES externe et Agrégation externe de 2015 le samedi 21 juin de 14h à 17h

« Gouverner en Islam entre le Xe siècle et le XVe siècle (Iraq jusqu’en 1258, Syrie, Hijaz, Yémen, Égypte, Maghreb et al-Andalus) »

Cyrille Aillet, Dominique Valérian et Éric Vallet présenteront la question et la bibliographie.

Cette réunion aura lieu en Sorbonne, salle Marc Bloch (entrée au 17 rue de la Sorbonne, à gauche escalier C, deuxième étage droite, au fond du couloir).

Joël Chandelier prie le bureau de communiquer l’adresse électronique à laquelle les sociétaires peuvent envoyer des commentaires sur les propositions A, B, C et D de réforme des statuts de la SHMESP :

courriel

Nous vous rappelons que la date de la prochaine assemblée générale d’automne est fixée au samedi 15 novembre 2014.

PARUTIONS

Entre stabilité et itinérance. Livres et culture des ordres mendiants, xiiie-xve siècle, Nicole Bériou, M. Morard, D. Nebbiai (eds), Turnhout, Brepols, 2014 (Bibliologia 37) (voir le lien.

Brigitte Colas et Hervé Mouillebouche (dir.), Chastels et maisons fortes IV. Actes des journées de castellologie de Bourgogne, 2010-2012, Chagny, CeCaB, 2014.

Gabriel Fournier, Les villages fortifiés et leur évolution. Contribution à l’histoire du village en Auvergne et sur ses marges, Clermont-Ferrand, Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts / Association des Forts Villageois d’Auvergne, 2014, 704 p. - (Préface de Johan Picot)

L’ouvrage contient l’intégralité des recherches de Gabriel Fournier sur les fortifications villageoises auvergnates. Sont ainsi regroupés, en un seul et même volume, les huit fascicules parus entre 2007 et 2014, mais aussi de très nombreux addenda de l’auteur.

Patrick Gautier Dalché, L’espace géographique au Moyen Âge, Florence, SISMEL, 2014.

M. Gravel, J. Meyer, C. Duhamel-Amado, E. Santinelli-Foltz, D. Iancu-Agou, Dhuoda, belle-fille de saint Guilhem, et autres femmes d’exception au Moyen Âge, Saint-Guilhem-le-Désert, 2014.

Hervé Mouillebouche, Palais ducal de Dijon : le logis de Philippe le Bon, Chagny, CeCaB, 2014.

Frédéric Morvan, Les chevaliers bretons, entre Plantagenêts et Capétiens, milieu du XIIe siècle-milieu XIIIe siècle, éditions COOP BREIZH, 2014.

D. Nebbiai, Le discours des livres. Manuscrits et bibliothèques en Europe ixe-xve siècle (préface de J. Verger), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013 (collection Histoire)

M. van der Lugt (éd.), La nature comme source de la morale au Moyen Âge, Florence, SISMEL, 2014

RENCONTRES

Nous rappelons aux collègues qui souhaitent faire part de la tenue d’un colloque de nous en avertir au moins deux mois avant la rencontre. Nous vous demandons également de privilégier l’envoi de document en format Word ou Open Office plutôt qu’en PDF.

Faut-il revisiter le « village déserté » ?, journée d’études

Date : jeudi 19 juin 2014

Lieu : MRSH, Caen, 9h30-17h00

9h30 Accueil – Café

9h45 Introduction : Claire Hanusse (CRAHAM).

10h00 Villages et fermes abandonnés entre Lorraine et Luxembourg. Quelques exemples du Moyen-Âge au XXIe siècle, Jean-Marie Blaising (INRAP).

10h30 L’habitat vigneron de Vallange (XIIe-XVe siècles) : organisation spatiale et modes de construction, Renée Lansival (INRAP).

11h00 L’habitat rural médiéval alsacien : un bref état de la recherche, Edith Peytremann (CRAHAM, INRAP).

11h30 Discussion

14h00 Villages de la plaine de Caen du second moyen âge, Claire Hanusse (CRAHAM).

14h30 La ferme de la Ruaudière à Neuville, habiter et exploiter le Bocage virois (XVe-XVIIIe siècles), Héléne Dupont (INRAP).

15h00 Un petit établissement agricole des XIIIe-XIVe siècles, « Les Coteaux du Chêne » à La Milesse (Sarthe), Benjamin Tixier (CRAHAM, EVEHA).

15h30 Archéologie du village. Retour d’expérience, Patrice Conte (SRA Limousin).

16h00 Conclusions et perspectives.

Premières Assises franco-polonaises d’Histoire : À la rencontre de l’Autre au Moyen Âge. Hommage à Jacques Le Goff

Date : 23 et 24 juin 2014

Lieu : Paris

22 juin 2014

20h00 cocktail

Ambassade de Pologne en France

3, rue de Talleyrand 75007 PARIS

23 juin 2014

Académie Polonaise des Sciences, Centre Scientifique à Paris

Centre74, rue Lauriston - 75116 Paris

9h30

Allocutions d’ouverture

Ire session

Président : Jean-Claude SCHMITT

9h45-10h30

conférence d’ouverture

Jean-Claude SCHMITT, EHESS, CNRS

Soixante ans de collaboration et d’amitié des médiévistes polonais et français

10h30-11h15

Henryk SAMSONOWICZ Institut d’Histoire, Université de Varsovie

Les frontières entre l’Europe chrétienne et l’Europe païenne : Xe-XIe siècles

11h15-12h00

Dominique IOGNA-PRAT, EHESS, CNRS

Pour un autre Moyen Âge, dans les pas de Jacques Le Goff : l’Église, le centre et la périphérie

12h00-12h30 : discussion

12h45- 14h15 : déjeuner

IIe session

Président : Henryk SAMSONOWICZ

14h30-15h15

Roman MICHAŁOWSKI, Institut d’Histoire, Université de Varsovie

Quelle est la différence entre un païen et un chrétien ? « L’Autre » aux yeux d’auteurs carolingiens et ottoniens

15h15-16h00

Éric PALAZZO Université de Poitiers, Institut universitaire de France

L’altérité dans la liturgie médiévale

16h00-16h30 : discussion

16.30-17.00 : pause café

18h00-20h30

Hommage à Jacques Le Goff

Allocutions d’ouverture

Conférence polono-française :

Prof. Henryk SAMSONOWICZ Prof. Jean-Claude SCHMITT

Témoignages

Récitation des fragments du livre Avec Hanka

Concert

20h30 cocktail

24 juin 2014

Académie Polonaise des Sciences, Centre Scientifique à Paris

Centre74, rue Lauriston - 75116 Paris

IIIe session

Président : Éric PALAZZO

10h15–11h00

Philippe JOSSERAND, Université de Nantes

Au défi de l’Autre : les ordres militaires et la défense de la chrétienté latine (XIIe-XIIIe siècles)

11h00–11h45

Jerzy PYSIAK, Institut d’Histoire, Université de Varsovie

Altérité de l’imagination médiévale. Quelques exemples des récits d’histoire imaginatifs dans l’hagiographie, les chroniques et les œuvres littéraires de l’Occident médiéval (XIe-XIVe siècles)

11h45-12h15 : discussion

12h30-14h00 : déjeuner

IVe session

Président : Jerzy PYSIAK

14h15-15h00

Mateusz WILK, Institut d’Histoire, Université de Varsovie

Imaginer l’Autre, attendre la fin du monde. L’islam dans l’eschatologie ibérique du IXe siècle

15h00-15h45

Michał TYMOWSKI, Institut d’Histoire, Université de Varsovie

Les opinions des Européens au sujet des Africains au XVe et au début du XVIe siècle

15h45-16h30

Patrick BOUCHERON, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Directeur des Publications de la Sorbonne

Le Moyen Âge à l’épreuve du monde : entre altérité et familiarité

16h30-16h45 : pause café

16h45-17h30 : discussion

17h30-17h45

Conclusion : Jerzy PYSIAK / Patrick BOUCHERON

18h00 cocktail

36e Journées Internationales d’histoire de Flaran

- thématique : La consommation paysanne dans l’Europe médiévale et moderne.

- dates : 17 et 18 octobre 2014

- lieu : abbaye de Flaran, 32 310 - Valence-sur-Baïse

- responsables scientifiques : Guilhem Ferrand (Université de Pau) et Judicaël Petrowiste (Université de Paris Diderot)

- responsable administratif et contact : Jean-Loup Abbé

- Universités organisatrices : Toulouse II, Bordeaux III, Pau et les Pays de l’Adour.

Problématique générale

Ce choix part du double constat du dynamisme actuel de la recherche européenne dans le champ de l’histoire de la consommation, et du caractère déséquilibré du paysage historiographique dans ce domaine : importance et ancienneté de la production scientifique en histoire moderne par rapport à l’histoire médiévale, où l’intérêt est plus récent ; focalisation des travaux sur les consommateurs des villes au détriment de ceux des campagnes, sans doute moins favorisés du point de vue documentaire ; accent mis de longue date sur l’histoire de l’alimentation par rapport à d’autres supports de consommation, pourtant non moins intéressants (textile, céramique, outils et ustensiles, meubles...). Il en découle une approche relativement biaisée du problème, très marquée notamment par l’idée du tournant décisif induit au XVIIIe siècle par la « révolution de la consommation » théorisée dès la fin des années 1970 par les historiens anglo-saxons. Perçues à l’aune de cette dernière, les pratiques de consommation du Moyen Âge et d’une bonne partie de l’époque moderne relèveraient de systèmes traditionnels, sinon archaïques, tout particulièrement chez des populations rurales rétives à recourir aux marchés, et privilégiant l’autoconsommation des diverses ressources fournies par les campagnes.

Apport scientifique de la manifestation

Fort du renouvellement récent des approches en histoire médiévale (apports de l’archéologie, mise en évidence d’une première « révolution de la consommation » de la fin du Moyen Âge) et moderne (influence du concept de « révolution industrieuse » formalisé par Jan de Vries à propos d’une paysannerie soucieuse dès le XVIIe siècle d’intensifier son travail pour permettre son accès à la consommation de produits variés), le colloque proposé vise deux objectifs. Le premier est de dresser un état des connaissances sur les pratiques de consommation de la paysannerie européenne dans l’optique de longue durée traditionnellement privilégiée par les rencontres de Flaran (du haut Moyen Âge au XVIIIe siècle). Plusieurs rapports de spécialistes français et étrangers doivent ainsi dresser des panoramas historiographiques pour l’Angleterre, l’Europe du Nord, la péninsule ibérique, l’Italie et la France. Le second objectif est de rendre compte des nouveaux champs d’investigation en histoire médiévale et moderne, au moyen de communications d’historiens et d’archéologues portant sur la consommation rurale de produits jusque-là peu étudiés (coquillages, produits textiles, produits exotiques) et sur la complexité longtemps insoupçonnée des stratégies d’accès à la consommation des paysans de l’Europe d’avant 1789. Trois axes structureront cette réflexion collective : les logiques de consommation de la paysannerie ; la diversité des consommations paysannes ; consommation paysanne et activité économique.

Ce colloque de Flaran constituera le premier rassemblement scientifique d’envergure dans lequel des historiens médiévistes et modernistes ruralistes, originaires de plusieurs pays européens, seront conviés à dialoguer sur ce thème de recherche qui leur est commun, et à confronter leurs approches. Cette rencontre, dont les actes seront rapidement publiés dans la collection des Journées internationales d’histoire de Flaran, devrait permettre de réévaluer la place des consommateurs paysans dans l’économie d’Ancien Régime, en insistant notamment sur le rôle d’impulsion décisif que leur conférait leur poids démographique. Il devrait également confirmer la grande porosité de la paysannerie médiévale et moderne à l’égard des marchés, voire des modes alimentaires et textiles, bien loin de la passivité et du réflexe autarcique qu’on a longtemps considérés caractéristiques de ce groupe. Si les disparités sont certes réelles d’une région à l’autre, comme au sein des différentes strates composant le monde paysan, les pratiques de consommation de ce dernier s’avèrent à l’examen d’une surprenante richesse et diversité.

Programme

vendredi 17 octobre

9h30 : Introduction du colloque

Guilhem Ferrand (Université de Pau et des Pays de l’Adour)

Judicaël Petrowiste (Université Paris Diderot – Paris 7)

Autour des logiques de consommation paysannes

10 h : Les logiques de production, d’échange et de consommation paysannes dans le Premier Moyen Âge. Sources écrites, données archéologiques et système social (rapport)

Jean-Pierre Devroey (Université Libre de Bruxelles)

10h40 : Du mythe de l’autarcie au mythe de la centralité. Logiques spatiales de consommations paysannes sous l’Ancien Régime (communication)

Anne Radeff (avec la collaboration de Georges Nicolas) (Université de Marne-la-Vallée)

11h00 : Discussion puis pause

11h20 : Why were late medieval English peasants consumers ? (rapport)

Christopher Dyer (University of Leicester)

12h00 : Qu’achetaient les paysans ? Approche des modes de consommation paysanne dans la Catalogne du XVIIIe siècle à partir des achats sur les marchés d’occasion et en boutiques (communication)

Belén Moreno Claverías (Universidad autónoma de Madrid)

12h20 : Discussion et pause déjeuner

Diversité des pratiques de consommation paysannes

16h : La consommation alimentaire des paysans lombards (XIIe – XVe siècle) (rapport)

François Menant (École Nationale Supérieure, Paris).

16h40 : La consommation de produits textiles en milieu paysan dans la Catalogne des XIIIe-XIVe siècles (communication)

Lluís To Figueras (Universitat de Girona)

17h00 : Discussion puis pause

17h20 : Les restes animaux et végétaux de l’alimentation en milieu rural : apports et limites de quelques exemples bio-archéologiques (rapport)

Marie-Pierre Ruas (Museum national d’Histoire naturelle)

Benoît Clavel (Museum national d’Histoire naturelle)

18h00 : Coquillages et crustacés dans l’assiette du paysan au Moyen Âge et à l’Époque moderne (communication)

Laura Le Goff (Université de Rennes2), avec la collaboration de Catherine Dupont (Université de Rennes 2)

18h20 : Discussion

samedi 18 octobre

9h00 : La céramique dans le monde paysan d’Île-de-France à travers les sources archéologiques, du XIIIe au XVIIIe siècle (rapport)

Fabienne Ravoire (INRAP)

9h40 : La consommation populaire de vin en Labourd au XVIIe siècle (communication)

Francis Brumont (Université de Toulouse)

10h00 : La consommation de produits coloniaux chez les paysans ligériens et bretons à la fin du XVIIIe siècle (communication)

Maud Villeret (Université Lumière Lyon 2)

10h20 : Discussion et pause

Consommation(s) paysanne(s) et activité économique

10h40 : Le consommateur paysan, agent des mutations économiques ? Le cas de la péninsule ibérique au bas Moyen Âge (rapport)

Antoni Furió (Universitat de Valencia)

11h20 : Consumérisme et proto-industrialisation dans les campagnes flamandes : malédiction ou bénédiction ? Un aperçu synthétique (XVIe-XVIIIe siècle) (rapport)

Bruno Blondé, Wouter Ryckbosch et Reinoud Vermoesen (Universiteit Antwerpen)

12h00 : Discussion et pause déjeuner

14h30 : Consommations paysannes et économie de l’échange en France au XVIIIe siècle (rapport)

Philippe Meyzie (Université de Bordeaux III)

15h10 : La cuisine paysanne est-elle insaisissable pour l’historien ? (rapport)

Massimo Montanari (Université de Bologne)

15h50 : Discussion

16h10 : Table ronde conclusive

Jean-Pierre Devroey (Université libre de Bruxelles)

Monique Bourin (Université Paris 1)

Francis Brumont (Université de Toulouse)

Autumn School in Medieval Languages and Culture 2014 : Latin Paleography and Medieval Liturgy

Date et lieu : 20-22 Octobre 2014, Université de Gand

Organisateur : H. Pirenne Institute for Medieval Studies (Ghent University)

Renseignements ici

International Medieval Meeting Lleida : Potestas

Lieu et date : Lleida, 25-27 juny, 2014

Renseignements ici

APPELS A CONTRIBUTION

Aspects sociaux des littératures médiévales. Texte et situation communicative au Moyen Âge, colloque international

Date : 5-7 septembre 2016,

Lieu : Moscou, Institut de littérature mondiale de l’Académie des sciences de la Russie, Université orthodoxe Saint-Tikhon, avec la participation de l’Université de Liège

Argumentaire

Le colloque international qui doit avoir lieu au début du septembre de 2016 sera consacrée à l’analyse des aspects sociaux des littératures de l’Europe médiévale : premièrement, à l’impact du contexte politique, intellectuel et culturel sur la formation du dessein de l’auteur et, ensuite, sur sa réalisation dans le texte ; deuxièmement, à la réception des textes dans des milieux divers de la société médiévale. Nous proposons de se concentrer sur deux pôles de la communication — l’auteur et le destinataire ou le lecteur — dans leurs rapports avec la société.

Il est connu qu’au Moyen Âge la littérature de fiction n’est pas autonome, mais forme un ensemble avec d’autres textes à contenu politique, scientifique ou même purement pragmatique. Pour certains groupes de textes le lien avec le milieu et le destinataire est évident (ainsi, souvent pour les vies de saints, les sermons ou les chroniques). Il est beaucoup plus difficile de le repérer dans les romans, fabliaux et autres récits brefs ou encore dans les poèmes lyriques). Les études récentes montrent pourtant qu’il peut y être présent dans bien de cas.

Peut-on affirmer que les œuvres de la littérature médiévale sont principalement créées sous l’impact d’une impulsion extra-littéraire et que l’absence de la motivation sociale pour certains d’entre elles s’explique par le fait que les chercheurs ne la remarquent pas pour des raisons diverses ? Est-il légitime de croire que chaque œuvre est créée en réponse à une commande, ne serait-ce que virtuelle, — autrement dit, qu’elle vise toujours un certain destinataire ? Ces questions doivent être discutées lors du colloque ; la préférence devrait être accordée, comme nous le croyons, à l’analyse des textes qui présentent des difficultés à cet égard — ceux où les liens avec un milieu et un contexte social ne sont pas manifestes.

En ce qui concerne la réception, son étude pour les littératures du Moyen Âge est plus importante que pour des époques plus tardives, puisque chaque manuscrit témoigne à sa façon d’une nouvelle lecture du texte conditionnée par des circonstances sociales diverses. Cela est vrai aussi pour les débuts de l’imprimerie : les incunables sont proches des manuscrits à plusieurs égards, ils sont souvent dédiés à un lecteur précis, ils sont créés et fabriqués sur commande, l’imprimeur tenant compte des goûts et des intérêts de leur destinataire —, ce qui se reflète dans le texte de l’œuvre éditée et aussi dans l’aspect visuel de l’édition (format, illustrations, mise en page, etc.).

L’analyse de la dimension sociale de la littérature se nourrit d’une longue tradition qui se développe dans le cadre de plusieurs écoles, en Russie et en Occident — ainsi, de l’histoire littéraire, de la critique sociologique ou encore des ouvrages de M. Bakhtine et de ses successeurs. À partir des années 60 du XXe siècle la réception et le lien entre l’auteur et son milieu socioculturel sont au centre des recherches de l’École de Constance, notamment de celles de H.R. Jauss, W. Iser, H.U. Gumbrecht qui proposent un nombre de termes suggestifs, tels que la « situation communicative », l’« horizon d’attente », l’« identification esthétique », le « lecteur implicite » pour l’étude des questions auxquelles notre colloque sera consacré. Jauss fut, de plus, un médiéviste éminent ; Gumbrecht est auteur de nombreuses études consacrées à littérature médiévale ; pour notre colloque leurs idées présentent donc un intérêt indubitable.

Durant les dernières décennies, le problème de la réception du texte par un certain milieu de la société médiévale devient, d’une façon générale, l’un des plus importants, y compris pour des chercheurs qui travaillent en dehors du cadre strict des écoles. Mentionnons à cet égard les études consacrées aux recueils manuscrits, à la page manuscrite et aux illustrations, enfin à la disposition des lettrines dans les manuscrits, en rapport avec la transformation de la structure du texte et ses différentes lectures.

En proposant aux participants de notre colloque de revenir à l’étude des aspects sociaux de la littérature médiévale, nous les invitons en même temps à évaluer l’efficacité des approches méthodologiques diverses dans l’étude de leurs textes. Soulignons pourtant que notre colloque n’implique pas des communications qui sont limitées par la discussion des questions théoriques ; elles devraient se concentrer sur l’analyse d’une œuvre ou de quelques œuvres en rapport avec la problématique en question.

Quant à la perspective méthodologique qui, selon nous, devrait être présente dans les communications des participants, elle permettra de repérer, comme nous l’espérons, les instruments les plus efficaces pour l’analyse des œuvres, de leurs rédactions et de leurs manuscrits, ainsi que des incunables. En fin de compte notre colloque va contribuer à créer une vision plus claire de la place que la littérature tient au sein de la société médiévale et des fonctions qu’elle y remplit.

Voici une liste préliminaire des questions qui devraient être discutées lors du colloque :

1) comment une œuvre littéraire s’inscrit-elle dans la vie de la société : quelles raisons sociales incitent l’auteur à se mettre au travail ; peut-on affirmer qu’au Moyen Âge elles jouent toujours un rôle primordial ;

2) l’auteur et son milieu ; l’influence du milieu sur l’horizon intellectuel des auteurs et l’empreinte de ce dernier dans le texte ; l’horizon intellectuel de l’auteur et le choix de la thématique, du style ou du genre ;

3) la situation communicative et le genre ; à son époque Jauss établit un rapport entre la typologie des genres de la littérature médiévale et les types des situations communicatives ; d’autres chercheurs soulignent, eux aussi, le lien entre les genres de la littérature médiévale et la communication ; dans quelle mesure ces idées semblent-elles justes aujourd’hui ;

4) l’influence de la situation communicative sur la tradition manuscrite d’un texte : ses rédactions diverses, ses manuscrits et ses éditions datant des débuts de l’imprimerie ;

5) la vie socioculturelle des régions et son influence sur la littérature ; les particularités régionales des arts poétiques ; les communautés et leur rôle dans l’histoire littéraire ;

6) la mise en forme des manuscrits et des incunables ; texte et illustrations dans des manuscrits différents d’une œuvre littéraire ; la structure du texte (la division du texte en chapitres, la disposition des lettrines) dans les manuscrits en rapport avec sa réception et sa diffusion dans des milieux divers ;

7) texte et polémique qui concernent la politique et les intérêts publics ; le dialogue des auteurs et des textes ;

8) le langage poétique et ses fonctions sociales (le rôle des allégories à la fin du Moyen Âge ; l’usage des dialectes ; les fonctions du latin et des langues vernaculaires ; la poésie macaronique : son rôle social et sa place dans la hiérarchie des styles).

Les actes du colloque seront publiés. Une excursion de deux jours dans l’une des anciennes villes de la Russie européenne est planifiée après le colloque.

Veuillez envoyer un résumé d’une page avant le 1er mars 2015 aux organisateurs :
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Ludmila Evdokimova, directeur des recherches de Institut de littérature mondiale (Moscou)

Alain Marchandisse, maître de recherches du FRS-F.N.R.S., professeur à l’Université de Liège (Belgique)

VARIA

Chartae Burgundiae Medii Aevi

L’équipe du projet CBMA (Chartae Burgundiae Medii Aevi = Chartes de la Bourgogne du Moyen Âge) est heureuse de vous annoncer la mise en ligne de son nouveau site web.

Ce site est accessible à l’adresse suivante

En parallèle, le serveur accessible ici permet l’interrogation des textes médiolatins avec l’outil philologic.

La documentation et les résultats du programme CBMA sont organisés et mis à disposition dans sept onglets : Actualités, Bases de données, Editions, Manuscrits, Cartographie, Publications et "cisterciencis"

VDM Verlag ou Éditions universitaires européennes

Nous relayons l’information transmise par certains collègues selon laquelle plusieurs jeunes chercheurs ont reçu ces dernières semaines un courriel émanant d’un pseudo-éditeur (VDM Verlag ou Éditions universitaires européennes) ; nous relayons une mise en garde. Il s’agit d’une escroquerie bien expliquée sur le blog des presses de l’université du Québec