Extrait d'enluminure

Lettre de la SHMESP n° 90 (mars 2016)

VIE DE LA SOCIETE

- 47e congrès de la SHMESP à Arras : Inscriptions possibles jusqu’au 1er avril

Le 47e Congrès de la SHMESP se tiendra à Arras du 26 au 29 mai 2016 sur le thème “Histoire monde, jeux d’échelle et espaces connectés”.

Les collègues arrageois se réjouissent de vous accueillir et vous trouverez leur lettre d’invitation attachée à ce message, ainsi que le programme du congrès. Une liste indicative des hôtels est disponible à la suite de la fiche d’inscription, ainsi que les horaires des principaux trains et des plans de la ville et de l’université.

Les inscriptions, accompagnées d’un chèque à l’ordre de la SHMESP, peuvent encore être envoyées à notre trésorier, Alexis Grélois, avant le 1er avril 2016. Nous rappelons que les intervenants au Congrès doivent également s’inscrire et que la SHMESP ne finance pas la venue des intervenants au congrès.

Comme chaque année, la SHMESP propose une bourse aux jeunes chercheurs qui souhaiteraient participer au congrès. Le nombre de bourses est limité. Les demandes de bourse (lettre de candidature + CV) doivent parvenir à cette adresse avant le 1er avril 2016.

Renseignements complémentaires

-48e congrès de la SHMESP à Jérusalem

Nous vous rappelons que le 48e Congrès de notre Société se tiendra au Centre de Recherche Français à Jérusalem, du 3 au 8 mai 2017 sur le thème suivant : « Les vivants et les morts dans les sociétés médiévales ». Vous en trouverez l’argumentaire scientifique ci-joint.

Les propositions de communications doivent être adressées au secrétariat de la SHMESP avant le 15 avril 2016, délai de rigueur, exclusivement par courrier électronique. Elles doivent être accompagnées d’un résumé d’une page, à défaut duquel il ne sera pas possible de les prendre en compte. Le comité scientifique fera connaître fin juin les contributions retenues. Les sociétaires intéressés sont invités à prendre attentivement connaissance des grandes orientations fixées par le comité scientifique.

Les directeurs de recherche sont invités à informer au plus vite les doctorants susceptibles d’être intéressés par une participation à ce congrès. Ceux-ci se manifesteront également auprès du secrétariat de la SHMESP avant le 15 avril 2016, exclusivement par courrier électronique, en joignant un résumé d’une page. Les candidats retenus pourront bénéficier d’une bourse.

Nous rappelons que la Société ne prend pas en charge les frais des intervenants.

-  Condition des chercheurs dans le secondaire

Lettre envoyée par les présidents des Associations d’historiens de l’Université :

Catherine Grandjean, SoPHAU

INHA Bibliothèque Gernet-Glotz - 2, rue Vivienne -75002 Paris

Véronique Gazeau, SHMESP

Bibliothèque Halphen - 17, rue de la Sorbonne -75005 Paris

Lucien Bély, AHMUF

Jean-Claude Caron, AHCESR

Maison de la Recherche de Paris-Sorbonne - 28 rue Serpente -75006 Paris

11 mars 2016

Madame la Ministre,

Monsieur le Secrétaire d’État,

Nos quatre associations ont été saisies par deux jeunes docteures agrégées de l’Enseignement secondaire qui s’inquiètent de la pérennisation du statut de chercheur dans le secondaire, qui cesse peu à peu d’être une situation temporaire avant l’obtention d’un poste dans l’enseignement supérieur ou la recherche. Le nombre d’agrégés-docteurs, parfois même habilités, en poste sans perspective de recrutement dans l’enseignement supérieur, devient alarmant. Du fait de la diminution du nombre de postes offerts aux concours, notamment ceux de maître de conférences et de (demi) ATER, le nombre de doctorants et de docteurs en histoire en poste en collège ou en lycée ne cesse de croître. Leurs conditions d’exercice sont rendues difficiles du fait que leurs qualifications universitaires ne sont pas reconnues par le ministère de l’Éducation nationale, alors qu’elles constituent une indéniable richesse pour la fonction publique. Il est dans l’intérêt général de la recherche française de ne pas décourager les chercheurs poursuivant leurs activités scientifiques en parallèle de leur enseignement ; celles-ci peuvent en outre participer aux missions de service public de ces historiens et enseignants (apport à la recherche, réflexion sur les programmes, formation des futurs enseignants…).

Nos quatre associations appuient la demande de ces deux docteures que soit révisée la règle en cours qui aboutit à ce qu’un titulaire d’un poste d’enseignement en collège ou en lycée perde celui‑ci ainsi que tous ses points d’ancienneté s’il bénéficie d’une à plusieurs années de détachement dans le cadre d’un contrat d’ATER, d’une École française ou d’un post-doctorat. Les règles administratives en vigueur dans l’Éducation nationale pénalisent de nombreux doctorants et docteurs lorsqu’ils ont candidaté à l’Université ou dans des institutions de Recherche. Elles contribuent ainsi à faire de la poursuite d’une carrière dans la recherche de manière temporaire ou parallèle une sanction implicite, alors qu’une telle démarche est valorisante pour l’Éducation nationale. La poursuite d’un double parcours demande déjà de nombreux sacrifices aux candidats et ne devrait pas se faire à leur détriment. Les doctorants et les docteurs devraient pouvoir conserver les points d’ancienneté obtenus en poste dans le secondaire avant l’obtention d’un poste temporaire dans le supérieur, ou le transfert vers le secondaire des points obtenus dans ce poste.

Elles demandent encore que soit négociée la durée légale de réalisation de thèse avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. L’accomplissement d’une thèse par un candidat en poste dans l’enseignement secondaire nécessite un allongement non négligeable de la durée d’inscription. Les quatre associations souhaiteraient pouvoir revenir à une gestion plus souple de la durée légale, à l’encontre des récentes réformes qui ont contribué à rigidifier les règles de réinscription en thèse. Une durée maximale de dix ans pourrait être ainsi fixée pour tout doctorant enseignant dans le secondaire durant son travail doctoral.
Nous, présidents de ces quatre associations d’historiens de l’enseignement supérieur, nous tenons à votre disposition pour vous rencontrer afin d’évoquer ces questions qui appellent des réponses de vos Ministères respectifs.

Au nom de mes collègues, je vous prie d’agréer, Madame le Ministre, Monsieur le Secrétaire d’État, l’expression de ma considération la plus distinguée

Véronique Gazeau

POSTES ET BOURSES

-BNF, appel à chercheurs

La BnF lance la nouvelle édition de son appel à chercheurs, afin de s’associer le concours de doctorants pour l’année universitaire 2016-2017. Afin de guider les candidats, un dossier unique rassemble toutes les informations nécessaires.

Télécharger ci-dessous le dossier de l’appel à chercheurs

PARUTIONS

- S. Parent (dir.), A. Girard, L. Pettinaroli, Atlas des chrétiens. Des premières communautés aux défis contemporains, Paris, Autrement, 2016.

- L. Hablot et L. Vissière (dir.), Les paysages sonores du Moyen Âge à la Renaissance, Rennes, PUR, 2016.

- M. Pouspin, Publier la nouvelle. Les pièces gothiques, histoire d’un nouveau média (XVe-XVIe s.), Paris, Publications de la Sorbonne, 2016.

- Hors-série n° 8 du BUCEMA (Bulletin du Centre d’Etudes Médiévales d’Auxerre), intitulé Au seuil du cloître : la présence des laïcs (hôtelleries, bâtiments d’accueil, activités artisanales et de services) entre le Ve et le XIIe siècle, qui réunit les actes des 3es journées d’études monastiques de Vézelay (27-28 juin 2013). disponible en ligne

- M.-F. Baslez, C.-G. Schwentzel (dir.), Les dieux et le pouvoir. Aux origines de la théocratie, Rennes, PUR, 2016.

RENCONTRES

Nous rappelons aux collègues qui souhaitent faire part de la tenue d’un colloque de nous en avertir au moins deux mois avant la rencontre. Nous vous demandons également de privilégier systématiquement l’envoi de document en format Word ou Open Office et non le format PDF.

Épigraphie médiévale. Écritures réservées

date : 17 et 18 mars

Lieu : Casa de Velazquez

Coordination : Vincent DEBIAIS (CNRS / UMR 7302, CESCM, Poitiers) y Carles MANCHO (Universitat de Barcelona)

Organisation : : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), UMR 7302 (Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, Université de Poitiers), Institut de Recerca en Cultures Medievals (Universitat de Barcelona)

Programme

- L’épopée sensible. Les émotions de l’Europe médiévale et le discours épique, colloque international

Date : 17 et 18 mars 2016

Lieu : ENS de Lyon, amphithéâtre Descartes

Organisation : Beate Langenbruch et Pablo Justel

Programme

Jeudi 17 mars (ENS de Lyon, Amphithéâtre Descartes)

13 h 30 Accueil

Session I : Introduction et généralités

Présidente de séance : Muriel Ott (Strasbourg)

14 h Ouverture

14 h 15 Beate Langenbruch & Pablo Justel (ENS de Lyon) : « Introduction et état des lieux : les recherches sur l’épopée médiévale européenne et l’émotion »

14 h 45 Damien Boquet (Aix-Marseille) : « Vers une anthropologie médiévale des émotions »

15 h 15 François Suard (Paris Ouest Nanterre) : « Émotion et création du personnage épique (Chanson de Roland, Chanson de Guillaume, Raoul de Cambrai) »

Session II : La Performance, ses moyens et ses réponses émotionnelles

Président de séance : François Suard (Paris Ouest Nanterre)

16 h 30 Jean Maurice (Rouen) : « Les aspects théâtraux du texte épique et leur performance »

17 h Hubert Heckmann (Rouen) : « Y a-t-il des Pathosformeln dans la chanson de geste ? »

17 h 30 Antoni Rossell (Barcelone) : « Chanson de geste romane : Une reconstruction musicale pour l’interprétation des émotions »

Vendredi 18 mars (ENS de Lyon, Amphithéâtre Descartes)

Session III : Les Affects dans les antagonismes guerriers

Présidente de séance : Laurence Moulinier (Lyon 2)

9 h Alberto Montaner (Saragosse) : « Sensibilité insensible ? Les émotions de la lutte »

9 h 30 Evamaria Freienhofer (Berlin) : « Colère et pouvoir – une toute nouvelle conception de la Chanson de Roland au Rolandslied »

10 h Ingvil Brügger Budal (Bergen) : « French Feelings – the Norse way. Emotions in the translated riddarasögur »

10 h 30 Jean-Claude Vallecalle (Lyon 2) : « La colère du héros dans l’épopée franco-italienne du xive siècle »

Session IV : Émotions transcendantes

Président de séance : Alberto Montaner (Saragosse)

11 h 45 Francisco Bautista (Salamanque) : « El héroe misterioso : religiosidad y maravilla en la tradición heroica castellana »

12 h 15 Diego Bejarano (Saragosse) : « La emoción espiritual en la épica española : del Cantar de mio Cid a La Araucana »

Session V : Communautés épiques

Présidente de séance : Corinne Füg-Pierreville (Lyon 3)

14 h 15 Philippe Haugeard (Orléans) : « Les émotions familiales dans la chanson de geste : l’exemple de Garin le Loherenc »

14 h 45 Pablo Justel (ENS de Lyon) : « La joie du Cantar de mio Cid »

15 h 15 Carlos Heusch (ENS de Lyon) : « De l’amitié épique à l’amitié chevaleresque »

15 h 45 Emma Goodwin (Oxford) : « Stratégies discursives qui visent à construire une identité nationale ? Une comparaison de quelques chansons de geste »

-  Identifier et décrire les animaux aquatiques au Moyen Âge

Date : 25 mars 2016

Lieu : Université de Caen, Campus 1, Salle du Belvédère, bâtiment D, DR 408.

Responsable : Catherine Jacquemard

Dans le cadre du programme de recherche Ichtya, le CRAHAM organise le 25 mars 2016 à l’Université de Caen Normandie une journée d’études intitulée « Identifier et décrire les animaux aquatiques au Moyen Âge ». Dans le domaine de l’ichtyologie, les sources médiévales textuelles donnent parfois des informations confuses, voire contradictoires et bien éloignées de nos classifications zoologiques modernes. En s’appuyant sur des sources de nature variée (littéraires et encyclopédiques, documentaires et archéologiques), il s’agira d’étudier les problèmes d’identification, de dénomination et de classification des espèces aquatiques. La journée d’étude confrontera les points de vue d’historiens, d’historiens de l’art, de philologues, d’archéologues et archéozoologues.

Programme

10h00 : Marie Bisson (univ. Caen) : « Indexer le corpus Ichtya et constituer des thesauri partagés : expérimentation sur les textes de Peter Artedi »

10h40 : Cécile Allinne (univ. Caen) : « Les coquillages à pourpre. L’animal et son usage à l’époque romaine, des textes à l’archéologie »

11h20 : Jacqueline Leclercq (univ. Bruxelles) : « Les contreparties marines d’animaux terrestres, avant Thomas de Cantimpré. Traditions textuelles et iconographiques »

14 h : Benoit Clavel (Muséum national d’histoire naturelle) : « Archéozoologie du poisson au Moyen Âge : derrière l’os une espèce peut en cacher une autre »

14h40 : Fabrice Guizard (univ. Valenciennes) : « Les “poissons” consommés du haut Moyen Âge »

15h20 : Laurence Jean-Marie (univ. Caen) : « La désignation des poissons dans les chartes et les textes de coutumes normands »

- Les produits laitiers en Méditerranée médiévale et moderne : production, commercialisation et consommation, Journée d’études organisée par Sylvain Burri et Mohamed Ouerfelli

Date : 4 avril 2016

Lieu : MMSH- Aix-en-Provence, salle Paul-Albert Février, 9h30-17h30

Programme

9h30-9h45 : Sylvain Burri (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298), Introduction

9h45-10h15 : Mohamed Hassen (PEMIVAT-Université de Tunis), De l’élevage du cheptel aux produits laitiers en Ifrîqiya à la fin du Moyen Âge.

10h15-10h45 : Marianne Brisville (CIHAM/UMR 5648, Université Lumière-Lyon II - Casa de Velázquez), Les produits laitiers dans l’Occident islamique médiéval. Entre théories diététiques et pratiques alimentaires.

11h00-11h30 : Sylvain Burri (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298), Produits laitiers de Provence et des Alpes du Sud à la fin du Moyen Âge.

11h30-12h00 : Mohamed Ouerfelli (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298), Les exportations des fromages siciliens au XVe siècle.

14h00-14h30 : Eric Kammenthaler (Iker archéologie – TRACES UMR 5608), Argitxu Beyrie (Iker archéologie – TRACES UMR 5608), Henriette Pascal (Service régional de l’Archéologie Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées), Guergana Guionova (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298), Archéologie du fromage à pâte persillée. Les caves d’affinage des Causses et des Cévennes.

14h30-15h00 : Laetizia Castellani (UMR LISA, Université de Corse), Élevage et production laitière en Balagne (Corse) à la fin de l’époque moderne.

15h00-15h30 : Guergana Guionova (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298), Récipients pour la transformation laitière en Bulgarie (XVIIIe-XIXe siècle).

16h00-16h15 : Mohamed Ouerfelli (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298), Conclusion.

16h30 : 17h30 : Dégustation de fromages et rencontre avec les producteurs de la région PACA.

- Histoire et archéologie de l’abbaye du Bec au Moyen Âge. Actualité de la recherche, Séance exceptionnelle du séminaire du Centre Michel de Boüard et journée d’études, (dir. Grégory Combalbert et Véronique Gazeau)

date : 22 et 23 avril 2016

lieu : Abbaye du Bec-Hellouin (Eure)

Les travaux sur l’abbaye bénédictine du Bec fondée en 1034 reposaient depuis le début du XXe siècle sur le double volume rédigé par le chanoine Porée, Histoire de l’abbaye du Bec, Évreux, Hérissey, 1901. Depuis une dizaine d’années, des historiens britanniques et français ont entrepris de profonds renouvellements scientifiques sur la prestigieuse abbaye normande : la fondation, les abbés, les sceaux, les relations entre l’abbaye et la papauté, l’écriture de l’histoire au Bec… Les fouilles archéologiques ont mis au jour les traces de l’abbatiale du XIe siècle. Le séminaire et la journée d’études du CRAHAM décentralisés au Bec seront l’occasion de dresser un bilan historiographique, devenu indispensable.

Programme

Vendredi 22 avril 14h-19h

14h Grégory Combalbert et Véronique Gazeau, Présentation des journées

14h 15 Gilles Deshayes (Mission archéologique départementale de l’Eure), responsable du diagnostic archéologique réalisé en avril 2015 dans l’enceinte de l’abbaye du Bec-Hellouin

- présentation des résultats du diagnostic dans les ruines de l’abbatiale et de la salle du chapitre ; présentation du mobilier archéologique ;

- visite et bilan des recherches sur les « caves du Paradis », réseau souterrain de caves à cellules (sous le coteau oriental de l’abbaye)

16h30 Lindy Grant (Reading), "Les bâtiments de l’abbaye du Bec aux XIIe-XIIIe siècles dans leur contexte architectural"

17h Jean-Hervé Foulon (Aix-Marseille), "Les abbés du Bec d’Herluin à Roger Ier (1034-1149) entre pouvoir princier, épiscopat et papauté : l’enjeu de l’accession pastorale pour une communauté monastique"

17h30 Judith Green (Édimbourg), "Henri Ier et le Bec"

18h Fabrice Delivré (Paris I–Panthéon-Sorbonne), "Canons et décrétales à l’abbaye du Bec (XIe-XIIe siècle)"

En soirée : Fabrice Delivré et Véronique Gazeau : Présentation de l’ouvrage Autour de Lanfranc (1010-2010). Réforme et réformateurs dans l’Europe du Nord-Ouest (XIe-XIIe siècles), Actes du colloque international de Cerisy (29 septembre-2 octobre 2010), édités par J. Barrow, F. Delivré et V. Gazeau, Caen, Presses universitaires de Caen, 2015.

Samedi 23 avril 9h30-12h

9h30 Pascal Montaubin (Amiens), "Le monastère du Bec et la papauté aux XIIe et XIIIe siècles"

10h Fabien Paquet (Caen), "Prosopographie des abbés du Bec de 1198 à 1476"

10h30 Elisabeth van Houts (Cambridge), "Les moines-historiens du Bec et des lettres fictives au XIIe siècle"

14h30 Julie Potter (Stowe School), "The Confraternity of Bec"

15h Michaël Bloche (Archives départementales de la Seine-Maritime), "Les sceaux des abbés du Bec"
15h30 P. Bauduin (Caen), Conclusions

- Philippe de Mézières et le concept d’Europe au Moyen Age, Colloque international

Date : jeudi 26, vendredi 27 mai 2016

Lieu : Université du Maine, BU Vercors, salle Pierre Belon

Organisation : Université du Maine /University of Pittsburgh

Contact : Joël Blanchard, Renate Blumenfeld-Kosinski, Laetitia Tabard

Programme :

Jeudi 26 mai 2015

10h00-10h30 : Joël Blanchard (Université du Maine), Introduction

Session 1 : L’Europe, un concept multiforme

Présidence : Philippe Buc (Universität Wien)

10h30-11h : Klaus Oschema (Ruprecht-Karls-Universität Heidelberg), « Menace extérieure, élan d’explorateurs et structure interne – perceptions de l’Europe autour de 1400 »

11h-11h30 : Pierre Monnet (EHESS, Paris/ IFRA-SHS Francfort-sur-le-Main), « L’Europe de Charles IV de Luxembourg : un espace, un système, une culture ? »

Session 2 : L’Europe fille de la croisade ?

Présidence : Kevin Brownlee (University of Pennsylvania)

14h00-14h30 : Philippe Buc (Universität Wien), « L´Epistre lamentable au regard de la tradition des croisades »

14h30-15h : François Foronda (Université Paris 1), « Des besants ‘qui sentoient encores en leurs cuers la fumee de la forge du grant tirant le roy Piere’. Le séjour de reine Vérité en Castille »,

15h45-16h15 : Emilie Rosenblieh (Université de Franche-Comté), « Les conciles réformateurs de la première moitié du XVe siècle : des assemblées européennes ? »

16h15-16h45 : Anne-Hélène Miller (University of Tennessee), « Géographies vécues et rêvées : les Europes de Philippe de Mézières »

16h45-17h15 : Kiril Petkov (University of Wisconsin River Falls),« The Quest for Europe in the Later Crusade : Mézières and Fifteenth Century Fellow-travellers »

Vendredi 27 mai

Session 3 : L’Europe au prisme de l’Orient

Présidence : Renate Blumenfeld-Kosinski (University of Pittsburgh)

9h-9h30 : Sylvain Piron (EHESS, Paris), « Opicino de Canistris et les cartes symboliques et anthropomorphes de l’Europe et de l’Afrique »

9h30-10h : Catherine Bougassas (Université de Lille 3/IUF), « La diffusion en Castille, en Italie, en France et en Grande-Bretagne de l’œuvre arabe de Mubassir et de sa biographie d’Alexandre »

10h45 -11h15 : Christine Gadrat-Ouerfelli (Université d’Aix-Marseille / CNRS), « Decima pars non sumus : la place de l’Europe dans le monde selon les voyageurs médiévaux »

11h15-11h45 : Camille Rouxpetel (École Française de Rome), « L’Europe de Philippe de Mézières au crible de l’altérité orientale »

Session 4 : L’Europe : textes et langue

Présidence : Catherine Bougassas (Université Lille 3/IUF)

14h-14h30 : Benoît Grévin (Université Paris 1/CNRS), « L’Europe des langues au temps de Philippe de Mézières »,

14h30-15h : Kevin Brownlee (University of Pennsylvania), « Le contexte historique français de Philippe de Mézières : Jean Froissart et Alain Chartier »,

15h45-16h15 : Antoine Calvet (Paris), « L’Oratio tragedica, une apologie inédite de la croisade »

16h15-16h45 : Yves Coativy (Université de Brest), « Nouveaux fragments du Songe du viel pelerin »

17h15 : Renate Blumenfeld-Kosinski (University of Pittsburgh), Conclusion

- Les couvents mendiants dans l’économie du sacré en Europe centrale (v.1220-v.1550), Programme ANR MARGEC, Colloque de clôture / MARGEC ANR Project, Closing Conference

date : 2 et 3 juin 2016

Lieu : Université de Rennes 2, Campus Villejean, Bâtiment P / P Building, Salle des thèses (7e étage / 7th floor)

Organisation : Marie-Madeleine de Cevins (CERHIO, Université Rennes 2) ; Ludovic Viallet (CHEC, Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand)

Programme

Jeudi 2 juin

9h-10h : Allocution introductive / Opening address : Marie-Madeleine de Cevins (CERHIO, Université Rennes 2)

1. Le Sacré dans l’économie des couvents mendiants : approche globale / Sacred in the Economy of the Mendicant friaries : general approach

Présidence / Chaired by : Beatrix Romhányi (Université Károli Gáspár, Budapest)

10h00-10h30 : Jens Röhrkasten (University of Birmingham), « La transformation de l’économie mendiante dans l’Angleterre médiévale »

10h30-11h00 : Stankó Andrić (Institut Croate d’Histoire, Slavonski Brod), « Le fonctionnement économique des couvents mendiants de Slavonie et de Syrmie »

11h00-11h30 : Christian-Frederik Felskau (Freie Universität, Berlin), Sacred Transactions : Donations pro anima, indulgences, deeds of patronage, and the use of devotional objects at the friary of the Austin hermits in Prague

2.Le soutien des bienfaiteurs : apport matériel, bienfaits spirituels / The material and spiritual support of the benefactors

Présidence / Chaired by : Anne-Julie Lafaye (Trinity College, Dublin)

13h45-14h15 Kirsty Day (University of Leeds), « Dynastic Franciscan identity and the spiritual gift economy in Bohemia and the Polish duchies »

14h15-14h45 Grzegorz Wierzchowski (University of Wrocław), « Fratres et benefactores. Economic basis of the Dominican monastery in Sieradz till the end of the sixteenth century”

14h45-15h15 : Radu Lupescu (Sapientia University, Cluj-Napoca), “Financial Sources Supporting the Renewal of the Dominican Friary of Cluj”

Présidence / Chaired by : Gergely Kiss (University of Pécs)

16h00-16h30 : Petr Hlaváček (Collegium Europaeum, Charles University in Prague), « Benefactores capituli“ : the aristocratic sponsors of the franciscan provincial chapters in Bohemia (1452–1531)”

16h30-17h00 : Ludovic Viallet (Université Blaise-Pascal, Clermont II), « Bienfaiteurs et mouvances laïques autour des couvents franciscains de Silésie et Haute Lusace (XVe - début XVIe siècle) »

17h00-17h30 : Marie Charbonnel (Université de Bordeaux III), « L’implication des patrons et fondateurs dans l’équipement liturgique des couvents mendiants d’Europe centrale »

Vendredi 3 juin

1.Grâces spirituelles : modalités et significations d’un échange / Form and significance of the exchange for spiritual graces

Présidence / Chaired by : Valentina Toneatto (CERHIO, Université Rennes 2)

9h00-9h30 : Étienne Doublier (University of Wuppertal), “Mendicant friaries and grant of indulgences : a new Economy of the Sacred ? The example of Central Europe (1250-1275)”

9h30-10h00 : Gergely Kiss (Université de Pécs), « Le commerce des indulgences par les Mendiants hongrois au Moyen Âge »

10h00-10h30 : Marie-Madeleine de Cevins (CERHIO, Université Rennes 2), « Une économie de l’au-delà non comptable ? Les confraternités mendiantes en Hongrie à la fin du Moyen Âge »

Présidence / Chaired by : Jens Röhrkasten (University of Birmingham)

11h00-11h30 : Sanja Miljan et Suzana Miljan (Croatian Academy of Sciences and Arts, Zagreb), “Bequeaths to the Franciscans of the city of Zadar in the fourteenth century : a study of piety, family ties and class solidarity”

11h30-12h00 : Mária Lupescu Makó (Babeş-Bolyai University, Cluj-Napoca), ““Pro memoria futurorum”. Piety and Remembrance of the Transylvanian Testators in the Late Middle Ages”

2.La préparation à la mort, pivot de l’économie mendiante ?

Présidence / Chaired by : Ludovic Viallet

13h30-14h00 : Stéphanie Vocanson-Manzi (Université de Lausanne), « Les couvents mendiants de Lausanne et l’encadrement de la mort (XIVe-XVIe siècles) »

14h00-14h30 : Adrien Quéret-Podesta, Université Clermont-Ferrand 2, Université František Palacky, Olomouc), « L’économie du Sacré au couvent franciscain de Český Krumlov : enseignements d’un calendrier obituaire »

14h30-15h00 : Beatrix Romhányi (Université Károli Gáspár, Budapest), « Les sépultures dans les couvents mendiants d’après les sources écrites et archéologiques »

15h30-16h00 : Conclusions par Catherine Vincent (Université de Paris Ouest, IUF)

17h30-19h00 Visite du centre historique de Rennes

- Comtes et abbayes dans le monde franc (fin IXe-fin XIe siècle), journées d’études franco-allemandes de jeunes chercheurs, organisées à l’IFRA et avec le soutien de l’IFRA par Tristan Martine

dates : 30 juin-1er juillet 2016

Lieu : Francfort

Renseignements

APPEL A COMMUNICATION/CONTRIBUTION

Dans le cadre du programme "Les moines autour de la Méditerranée. Contacts, échanges, influences en Orient et en Occident de l’Antiquité tardive au Moyen Âge (IVe-XVe siècle)", l’Université de Vienne accueille un colloque consacré aux « Voyages monastiques de l’Antiquité tardive au Moyen Âge : aspirations religieuses, ambitions politiques et préoccupations économiques » qui se déroulera du 17 au 19 novembre 2016.

Cette réunion, ouverte aux spécialistes des monachismes chrétiens orientaux et occidentaux, s’intéresse aux déplacements lointains des moines, qu’interdit l’obligation de la stabilitas loci, mais que révèlent régulièrement les sources de l’historien.

De ces voyages monastiques au long cours, on distinguera plusieurs motifs :

1. la propagation de la foi, pour les moines missionnaires, fondateurs, pèlerins, croisés ;

2. la représentation, pour les moines ambassadeurs, pétitionnaires, administrateurs de monastères, de congrégations ou d’ordres ;

3. l’économie, pour les moines en voyages d’affaires, les moines marchands ou ceux en quête de privilèges et de financements ;

4. la formation intellectuelle, pour les moines étudiants, lettrés, ou en quête de dépaysement ;

5. la contrainte, pour les moines réfugiés, exilés ou justiciables.

L’étude de ces mouvements soulignera la variété des fonctions sociales du moine dans les sociétés anciennes. Le voyage interrogera tout autant la spécificité de la fonction monastique qui répond régulièrement aux mêmes besoins extérieurs (diplomatie, évangélisation). Les interventions pourront aborder la géographie sacrée que dessinent ces déplacements, de lieux saints en lieux de pouvoir. Les questions concrètes telles que la logistique, le financement et plus généralement les formes du séjour lointain seront traitées, de même que le rôle des moines dans le contact et l’échange au sein ou en dehors du monde chrétien. Le cadre géographique sera celui du pourtour méditerranéen au sens large et la durée envisagée du IVe au XVe siècle.

Les communications, d’une durée de 20 minutes, seront présentées de préférence en anglais (l’allemand et le français sont aussi acceptés). Les résultats de ce colloque seront publiés en coédition entre les institutions partenaires.

Merci de faire parvenir, avant le 15 avril 2016, à l’adresse suivante, une proposition de titre et un bref résumé de votre communication : programme-moines ifao.egnet.net. Les résultats de cet appel seront communiqués le 30 avril 2016.

Organisation :
Olivier Delouis, CNRS, Paris
Maria Mossakowska-Gaubert, IFAO, Le Caire
Annick Peters-Custot, Université de Nantes
Claudia Rapp, Universität Wien et Österreichische Akademie der Wissenschaften

SEMINAIRES

-Séminaire des médiévistes, CIHAM/UMR 5648

« La seigneurie collective et les châteaux : modalités pratiques de gestion des coseigneuries castrales en Occident (XIe-XIIIe siècle) », par Hélène DEBAX
professeur à l’Université de Toulouse 2

date : Jeudi 17 mars - 9h30 à 12h30

Lieu : ENS de Lyon, site Descartes, F106
15 Parvis René Descartes, Lyon 7e

VARIA

-CP-CNU : COMMUNIQUÉ DU 10 MARS 2016

SUIVI DE CARRIÈRE

Le 9 décembre 2015, la CP-CNU a voté un moratoire sur la mise en place du suivi de carrière des enseignants-chercheurs prévu par le décret du 2 septembre 2014.

À la suite de cette décision, les membres de 38 des 52 sections du CNU ont exprimé un avis défavorable à la généralisation de ce suivi de carrière pour cette année.

En raison de ces prises de position et conformément à nos échanges avec la CPU et la DGRH, la procédure généralisée de suivi de carrière ne sera pas appliquée en 2016.

Les sections du CNU qui le souhaitent pourront prolonger ou commencer l’expérimentation de ce dispositif.

Ce report nous permet de poursuivre le travail sur les modalités de la mise en œuvre générale du suivi de carrière.

Lors de l’assemblée plénière du 9 juin 2016, le bureau de la CP-CNU soumettra à ses membres des propositions concrètes concernant ce dispositif.

- Appel à contribution du site Ménestrel

Les médiévistes membres du réseau Ménestrel, qui contribuent à la rédaction du portail du même nom, souhaitent susciter de nouvelles collaborations. Ce site internet met à disposition de nombreuses ressources pour médiévistes qui ont été validées par les spécialistes de chaque domaine traité. Il les fédère, quel que soit leur statut professionnel (enseignants de l’enseignement supérieur ou du second degré, chercheurs, conservateurs du patrimoine ou des bibliothèques, doctorants et jeunes docteurs...), offrant à chacun une visibilité (les contributions sont signées et le site est doté d’un ISSN, en faisant un support de publication reconnu).

Si le panel des thèmes traités est très large et international, il y a aussi beaucoup de thématiques à compléter, parmi lesquelles la plupart des domaines relatifs à l’histoire religieuse ou ecclésiastique occidentale, au judaïsme, à la philosophie, autant de thématiques qui mériteraient d’être subdivisées en fonction des intérêts personnels des rédacteurs. Par ailleurs, le sujet des sciences et techniques, par exemple, demande un repreneur, et dans la rubrique "Lieux et acteurs de la recherche", de grands pays de la médiévistique comme l’Espagne n’ont pas trouvé de rédacteur.

Nous sommes donc ouverts à toute proposition de participation, y compris (et surtout) pour prendre en charge des contributions ciblées sur un domaine précis de la médiévistique.

Contacts :

Isabelle Draelant

Hanno Wijsma

- Solidarité aux archives et archivistes italiens

1/ Lettre de Marco Carassi (Turin)

Turin, le 15 Février 2016

Cher Collègue,

Je vous écris de la part de Mariella Guercio, mon successeur à la présidence de l’Association nationale des archivistes italiens.

L’ Anai est en train d’organiser en Italie une semaine d’initiatives pour attirer l’attention sur le role des archives et des archivistes.

Du 14 au 19 mars 2016 une campagne de sensibilisation se déroulera en plusieurs villes pour convaincre le public le plus vaste possible, y compris – on espère - les décideurs politiques, de l’importance de produire et utiliser correctement et de préserver activement le patrimoine archivistique du pays ainsi que la compétence professionnelle qui seule peut en assurer la bonne gestion.

La campagne promotionnelle précedente fut organisée en 2011 autour de l’alarme pour la raréfaction des archivistes dans l’administration publique, sous le titre “E poi non rimase nessuno” (“Et puis ne resta personne”, titre du roman policier d’Agatha Christie “And Then There Were None”). Témoignage du succés de la campagne fut l’écho suscitée par les 51 évenements réalisés un peu partout avec participation de beaucoup de personnes n’appartenant pas à la profession d’archiviste.

Pour la semaine de mars 2016, intitulée “Inspirés par les archives”, nous organisons des colloques et des discussions, des visites guidées, des activités théatrales, des projections de film, des témoignages, des groupes de réflection, des concerts…

Les participants ne seront pas principalement des archivistes, mais des membres de la société civile qui utilisent ou pourraient s’inspirer des documents d’archives pour leur activité : historiens bien sur, mais aussi médecins, hommes de science, écrivains, administrateurs, enseignants, politiciens, réalisateurs de films, musiciens, citoyens…

Cette année nous voudrions étendre la promotion au delà des frontières nationales grace à l’aide du réseau dont nous jouissons dans le monde entier, d’amis intéressés au sort des archives italiennes en défendant lesquelles nous partageons l’engagement fraternel des collègues de tous les pays.

Je vous écris donc pour vous demander de prendre en considération la possibilité d’organiser une initiative, meme petite, qui puisse etre citée come manifestation d’intéret et de solidarité pour les archives et les archivistes italiens.

Ce pourrait etre un bref message envoyé à l’Association italienne à l’adresse archivisti2016 anai.org ou bien une présentation-discussion du manifeste ci-joint, une photo, une poésie... ou toute autre initiative que vous auriez envie d’inventer et de nous communiquer.

Je vous rémercie dès à présent pour ce que vous pourrez faire en réponse à cet appel et je vous prie d’accepter, Cher Collègue, toutes mes cordialités

Marco Carassi

2/ Manifeste des archivistes italiens 2016

Sommaire. Pourquoi sommes-nous si inquiets ? A quoi servent les archives ? A quoi servent les archivistes ? Pourquoi les archives sont-elles invisibles ? Les racines complexes de la crise. Les avatars des archives par les temps qui courent. Quelques éxemples concrets de l’utilité des archives.

1.Pourquoi sommes-nous si inquiets ?

Les citoyens italiens, tout comme ceux de beaucoup de pays, s’inquiètent de la crise économique, sociale, politique de l’Italie, de l’Europe, du monde entier.

Ce sont des crises évidentes aux yeux de tous, même si l’on n’est pas d’accord sur les remèdes à introduire.

Les archivistes italiens partagent les inquiétudes propres à tous les citoyens et y ajoutent celle découlant de la crise des archives – publiques surtout - de leur pays.

Pourquoi ? Les grandes inquiétudes générales ne sont-elles pas suffisantes ?

Le grand public et le monde politique ont tendance à sous-estimer la situation dans laquelle se trouve, après une quinzaine d’années de dégradation progressive, le patrimoine archivistique italien. Peut-être ignore-t-on aussi les richesses d’un héritage historique unique au monde et l’utilité d’instruments archivistiques quotidiens rigoureux pour l’efficacité opérationnelle immédiate.

En général on ne partage pas encore la conscience du lien profond existant entre des archives produites par un sujet et accumulées rationnellement au cours des activités courantes, et la mémoire de ce même organisme gardée sur le long terme, pour des finalités juridiques et culturelles.

L’idée que les archives doivent être conçues comme un ensemble unitaire, quoique traversant plusieurs phases dans leur vie, n’a pas encore fait tout son chemin. Il n’est pas évident pour tous qu’assurer une bonne organisation des documents dès l’origine, permet d’une part de répondre mieux et tout de suite aux défis quotidiens et d’autre part de laisser, après tri et sélection, un témoignage durable et fiable des fonctions exercées.

Pour certains citoyens, les archives publiques représentent leur unique patrimoine précieux, avec les trésors artistiques et les paysages du pays.

Car, étant la mémoire de tous, les archives témoignent de chacun.

Même si cela est faiblement perçu en dehors du cadre de la profession, les archivistes sont persuadés que les archives sont un bien qui appartient à tous, qu’il faut utiliser au mieux aujourd’hui pour le léguer aux générations futures. Ils ont l’audace de croire qu’ils rendent un service d’une grande utilité sociale, ce qui semble confirmé par la complexité croissante de la législation italienne relative aux archives, adoptée au cours de ces derniers vingt-cinq ans. Il s’agit de permettre la transparence administrative, la sauvegarde de la vie privée, la séparation de la responsabilité administrative d’appliquer les directives et celle politique d’en contrôler les résultats, la protection et la mise en valeur des biens culturels, la production et la gestion des archives « nées » numériques (les plus difficiles à conserver), etc…

Un long chemin reste à parcourir pour que les documents électroniques ne soient plus considérés comme un monde à part, confié seulement aux soins – pourtant indispensables - des informaticiens. Ces documents devraient en effet être insérés de manière organique dans des systèmes archivistiques qui sont parfois totalement numériques, mais plus souvent hybrides, c’est-à-dire composés de documents logiquement liés entre eux sur la base des fonctions exercées, mais physiquement séparés étant localisés sur des supports différents.

Ce travail, à tous égards passionnant parce qu’il est au service du citoyen et de l’intérêt public, se déroule dans des conditions qui sont devenues de plus en plus difficiles.

Les difficultés de la crise actuelle se font sentir soit sur les archivistes, agents des institutions publiques et des grandes organisations privées (réduction de personnel et des ressources dédiées), soit encore plus profondément sur les archivistes qui exercent la libre profession, réduits souvent à chercher des travaux occasionnels génériques ou loin de leur spécialisation.

La situation des archivistes d’Etat, fonctionnaires du Ministère des biens et activités culturelles et du tourisme, n’est pas sans soucis. Ils travaillent dans le cadre de deux typologies de bureaux périphériques : les « Archives d’Etat » et les « Surintendances archivistiques ».

Les Archives exercent la tutelle sur les archives des administrations de l’Etat, reçoivent périodiquement leurs documents ayant valeur permanente juridique et historique, les classent, en rédigent les inventaires, les conservent, les rendent consultables et les valorisent par des activités culturelles. Les Surintendances par contre se dévouent à la tutelle des archives publiques non étatiques et à celles de valeur historique conservées par des particuliers.

Archives d’Etat et Surintendances archivistiques, malgré une légère inversion de tendence récente, souffrent depuis des années de restrictions budgétaires draconiennes et ont été saignées par la réduction du personnel, les agents retraités n’étant plus remplacés depuis longtemps.

En 2011 déjà, l’Association des archivistes avait dénoncé que la situation se dégradait de plus en plus. A cette occasion on avait utilisé un slogan inspiré d’Agatha Christie “Et puis ne resta personne…” (“And then there were none” est le titre par lequel a été rebaptisé le roman policier appelé à l’origine “Ten little niggers”).

A cela il faut ajouter la menace récurrente, plusieurs fois évitée in extremis, visant à fusionner les deux directions générales des Archives et des Bibliothèques, quoique au niveau des surintendances territoriales on ait déjà très récemment mis en oeuvre l’unification des fonctions que certains, superficiellement, considèrent comme analogues.

2. A quoi servent les archives ?

Les archivistes se rendent compte que tant d’inattention découle le plus souvent d’une sous-estimation de leur rôle qui est en fait très répandue. Il faut donc légitimer à nouveau ce métier mystérieux, en répondant aux questions de ceux qui ne savent pas à quoi servent les archives.

Heureusement, l’ignorance sur l’utilité des archives ne touche pas tout le monde. Pour preuve, les entrepreneurs privés victimes d’un incendie : quand il s’agit de rebâtir des édifices ou d’acheter à nouveau des équipements, on a recours aux indemnités d’assurance ; mais si l’on a perdu les archives, l’entreprise doit faire face à des difficultés bien plus graves.

Les quatre utilités fondamentales des archives sont :

Prouver ses droits,

Rappeler ce qu’on a fait et utiliser l’expérience pour agir,

Connaître pour comprendre ce que d’autres ont fait ou découvert,

Se rendre compte de son identité et créer la cohésion sociale.

Prouver ses droits.

On sait tous que l’on perd dans les controverses si l’on ne dispose pas de documents juridiquement valables. Si on nous demande par erreur de payer deux fois la même facture, comment se défendre sans avoir gardé le reçu du payement effectué ?

Un exemple dramatique pendant les récentes guerres des Balkans : la destruction des actes d’état civil par les milices serbo-bosniaques afin d’empêcher les réfugiés de rentrer en possession de leur maisons. Il a fallut après reconstituer péniblement les archives brulées, sur la base d’autres documents et de témoignages oraux incertains.

Rappeler ce qu’on a fait est une exigence typique des administrations, mais aussi des individus.

L’ du patient enregistrée sur la fiche médicale sert à mieux envisager les nouveaux soins. Connaître les parcours des installations à l’intérieur des murs d’un bâtiment grâce aux plans d’architecte, est essentiel pour l’entretien à des frais réduits.

Capitaliser l’expérience accumulée par une entreprise ou une administration dans le temps est une autre fonction pour laquelle les archives sont une ressource précieuse.

Connaître pour comprendre ce que d’autres ont fait ou découvert.

La transparence de l’administration est essentielle pour permettre au citoyen d’exercer son rôle dans une societé démocratique. Mais les archives sont aussi de vastes gisements d’informations, aussi bien techniques que scientifiques, car toutes les disciplines ont une histoire : l’étude du climat, des tremblements de terre ou des avalanches est un exemple montrant l’importance vitale que des documents très anciens peuvent avoir encore aujourd’hui. Un autre exemple : il est évident l’intérêt commercial de pouvoir réutiliser des modèles et dessins de valeur technique ou artistique.

Se rendre compte de son identité et créer la cohésion sociale.

C’est un désir universel que de ne pas vivre chacun isolé dans sa propre expérience individuelle, mais de placer sa propre aventure humaine dans un cadre plus large de mémoire familiale, sociale, professionnelle, citoyenne, nationale et au delà… Chacun sent l’exigence de retrouver des racines profondes, rassurantes, même si l’on oublie souvent que le passé comprend non seulement des lumières mais aussi d’inévitables obscurités. C’est aux seuls aspects positifs que d’habitude on fait recours pour se dessiner une identité, bâtie en sélectionnant et simplifiant les traces de son passé.

Dans les grandes archives des Etats, protégées longtemps par le secret, on trouve des témoignages (semblables à certains souvenirs personnels périlleux) sur l’utilité de conserver même la trace des fautes commises, et des faillites à éviter en des circonstances analogues.

Que l’on pense d’ailleurs à quel point il est important de considérer le sentiment d’appartenance dans la culture des employés en cas de fusion d’entreprises ; c’est aussi le cas de Communes contraintes à fusionner par des décisions supérieures, sans que les administrés directement intéressés aient pu participer au projet.

Le besoin d’identifier soi-même ne signifie pas nécessairement avoir peur du nouveau : si tous avaient toujours refusé toute évolution de leur propre identité, on n’aurait jamais fait des progrès. Mais l’héritage historique est une donnée qu’il ne convient pas d’ignorer, pour ne pas bâtir sur du sable.

3. A quoi servent les archivistes ?

Ce n’est probablement pas le métier le plus ancien du monde, mais les gravures rupestres de la préhistoire nous racontent que tôt déjà, les hommes ont commencé à garder la mémoire de choses considérées comme utiles.

Aujourd’hui les archivistes travaillent sur trois fronts :

Vers le passé, en conservant de façon correcte et offrant à la consultation les documents sélectionnés en vertu de leur valeur juridique et historique permanente,

Vers le présent, en contribuant à l’organisation et au fonctionnement des archives courantes, instruments d’efficacité administrative et de transparence démocratique,

Vers le futur, se dévouant à sauvegarder – par des stratégies méditées – des archives toujours plus grandes et plus fragiles à cause de l’obsolescence accélérée de la technologie.

Considérant l’utilité particulière de leur travail pour les administrations publiques et pour tous les citoyens, les archivistes sont convaincus que la disparition progressive de cette profession du monde du travail (en période de crise, on commence par sacrifier les services qui paraissent des luxes superflus) fera sentir ses effets négatifs sur la longue durée, lorsqu’il sera très difficile, sinon impossible, de se rattraper.

On dit que l’Administration publique doit réduire son poids, comme si elle était une sangsue qui vampirise la société civile. Or, il est bien possible que certaines branches de l’Administration méritent un bon régime amaigrissant. Mais dans le domaine des archives, à quoi serviront des documents numériques, dont on ne comprendra plus avec certitude qui les a produits, pour quelles finalités, s’ils ont été manipulés dans le temps et par qui ? Et que faire des patrimoines historiques après les avoir abandonnés à la détérioration ?

Le travail des archives ne supporte ni simplifications, ni d’économies d’échelle parce que chacune des archives est unique, même si elles sont soumises à un modèle uniforme : les archives d’une Commune, d’une paroisse, d’une entreprise, sont le reflet de leur activité et organisation documentaire spécifique, donc toutes différentes de celles des institutions de la même catégorie et pas seulement pour des raisons de quantité de documents. D’ailleurs la privation du relais générationnel, limitant au compte-gouttes le recrutement du nouveau personnel public, fait obstacle à l’apprentissage d’un métier difficile, qui conseille de travailler un temps suffisamment long côte à côte avec des collègues experts.

4. Pourquoi les archives sont-elles invisibles ?

La crise des archives n’est pas principalement technique, ni économique (et pourtant !) mais de caractère intellectuel et moral. Si des personnages importants, à tous les niveaux, ont des difficultés à se rendre compte de la fonction et de l’importance des archives, les archivistes, de leur coté, haletants parmi les obligations quotidiennes, ont tendance à sous-estimer le fait que cette invisibilité fait peser de graves dangers sur les archives et sur ceux qui s’en occupent.

A la limite, le grand public arrive un peu à connaître de grandes institutions de conservation historique comme certaines Archives d’Etat ou de grandes Communes, parce que de temps en temps on y fait quelques belles expositions ou quelques découvertes éclatantes, rélayée par les média avec clameur à défaut d’exactitude. Toutefois, ceci n’est que la pointe de l’iceberg. Les archives sont partout, bien qu’on les prenne en considération seulement lorsqu’on ne trouve pas les documents dont on a besoin. Elles sont l’essence et le lubrifiant qui assurent le fonctionnement du grand mécanisme de notre société.

Les archives sont comme les souvenirs pour une personne : on sait bien que perdre la mémoire est une des pires tragédies qui puisse nous arriver. A quoi sert d’avoir un portable si on ne sait plus qui sont les personnes inscrites dans le répertoire, ou d’avoir un trousseau de clefs dans sa poche si l’on a oublié son adresse ?

5 Les racines complexes de la crise.

Est-ce l’école qui n’a pas expliqué aux futurs citoyens que les documents des archives sont la défense de leurs droits ?

Est-ce la politique qui peine à regarder au-delà de l’horizon d’une seule législature ?

Ou bien est-ce la crainte de paraître passéiste qui empêche ceux qui tiennent les cordons de la bourse de s’occuper de choses qui semblent sentir le moisi ? Et pourtant les curiosités historiques (certains journalistes les appellent sucreries) suscitent toujours l’intérêt du public.

Ou encore est-ce la peur que les archives ne révèlent des informations embarrassantes ? Mais cette crainte devrait concerner uniquement ceux qui n’ont pas bonne conscience. Et d’ailleurs, presque tous les anciens embarras, aujourd’hui font sourire.

6 Les avatars des archives par les temps qui courent.

Tout système politique et social influence l’organisation des archives.

Les Etats de l’absolutisme gardaient le secret des archives, mais ils savaient regarder loin, dans le passé comme dans le futur, car ils étaient conscients de l’utilité des archives comme instruments de gouvernement.

A partir du XIXe siècle, deux grandes catégories d’archives ont été séparées. D’un coté, les anciennes, considérées comme les greniers de l’histoire et donc confiées à des institutions à vocation essentiellement historique (l’Etat-Nation a besoin de se renforcer par une histoire idéologisée). De l’autre côté, dans une catégorie à part, ont été considérées les archives administratives, ayant une utilité opérationnelle immédiate pour les pouvoirs publics.

Avec l’avènement de la démocratie, le peuple étant désigné comme le titulaire de la souveraineté, la séparation des deux catégories d’archives tend à se recomposer, du moins théoriquement. Donc, la conservation et l’usage des archives historiques, ainsi que le fonctionnement courant des archives de l’administration publique, sont pareillement soumis tous les deux à l’obligation d’impartialité, indispensable à une société pluraliste.

Vivre en période de faiblesse économique globale signifie qu’il faut opérer des choix rigoureux dans la dépense. On a donc besoin de nouvelles priorités. Certes, le devoir d’éliminer tout gaspillage s’applique aux archivistes aussi. Mais une société peut-elle se permettre de se priver des fonctions des archives et renoncer au professionnalisme qu’elles exigent ?

7 Quelques exemples concrets de l’utilité des archives.

Celui qui achète une voiture, un appartement, une parcelle de terrain, celui qui obtient un diplôme, celui qui a travaillé pour une administration publique, qui demande une déclaration ou une autorisation d’un bureau public, qui a droit à un salaire ou à un traitement de pension correctement calculé, qui a besoin d’une intervention d’urgence : ce sont toutes des personnes qui ont intérêt à ce que les archives soient bien organisées et gérées par des professionnels.

Le médecin a besoin de connaître l’histoire du patient pour formuler son diagnostic, donc il est essentiel qu’on puisse trouver rapidement la fiche médicale, les rapports, les radiographies, de préférence en format électronique mais au moins plus modestement en format analogique.

Pour la prévention de certaines maladies, il faut des études sur la longue durée. Le cancer provoqué par les fibres d’amiante peut se développer trente ans après l’exposition. Il faut donc, par exemple, des recherches approfondies dans les dossiers du personnel des entreprises ayant travaillé dans des contextes dangereux.

Pour étudier, dans l’intérêt public, certains phénomènes sociaux comme la délinquance juvénile, on a besoin de recherches extrêmement délicates sur les données personnelles conservées par différentes administrations publiques.

Pour restaurer un bâtiment ancien, il faut connaître comment il a été conçu et construit. Pour faire le plan d’un bâtiment contemporain, il faut étudier les types de services qu’il devra fournir et le contexte urbain ou il devra s’insérer.

Pour gérer correctement et avec efficacité le phénomène de l’immigration, il faut collecter les informations nécessaires aux bureaux publics de tous les niveaux et des organismes d’assistance privés, toutes des archives qui exigent le maximum de rigueur pour la sauvegarde de la confidentialité de la vie privée.

Pour interpréter au mieux le rôle d’orientation de la politique dans le sens le plus noble du terme, il faut méditer sur les conditionnements et les opportunités que le temps révolu nous a laissés en héritage.

L’étude de l’histoire, toujours utile pour la formation critique du citoyen, permet aussi d’aborder avec plus d’intelligence des questions d’actualité.

Par exemple : quels avantages et défauts ont-ils été constatés dans les solutions adoptées à différentes époques pour faire face au déficit du budget de l’Etat ? Comment un certain type de criminalité est-il né et s’est-il développé ? Comment le “miracle économique” italien de l’après-guerre s’est-il réalisé ? Comment et avec quels résultats a-t-on combattu l’analphabétisme après l’unification de l’Italie ? Comment les envahisseurs Lombards et les populations romanisées du nord de l’Italie médiévale ont-ils appris à vivre ensemble ?

La liste des questions pourrait s’allonger presqu’à l’infini…


Remerciements.

Bruno Delmas, professeur à l’Ecole des chartes de Paris, pour les suggestions tirées de son livre “La société sans mémoire”, Paris, Bourin 2006.

Les membres de l’Association nationale archivistique italienne et tous les archivistes qui ont donné directement ou indirectement des idées pour ce manifeste.

Les collègues et amis qui ont aidé le rédacteur de ce texte en version française.