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Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public

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Elections présidentielles - Réponses des candidats aux questions des Associations d’historiens

Chères et chers collègues,

Avec les présidents des trois autres associations professionnelles d’historiens de l’enseignement supérieur, nous avions décidé de rédiger et d’envoyer aux principaux candidats à l’élection présidentielle une lettre commune (cf. lettre de la SHMESP de mars). Celle-ci les interrogeait sur leur conception de l’histoire, mais aussi et surtout sur leur position quant au devenir de nos étudiants, doctorants et docteurs.

La lettre a été envoyée (par ordre alphabétique) à Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. A la veille du premier tour de l’élection présidentielle, un constat s’impose : nous n’avons reçu que deux réponses, celles (dans l’ordre d’arrivée) de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan. Malgré des relances, les autres candidats n’ont pas, à ce jour, donné suite ou n’ont pas souhaité répondre par écrit. Cette absence de réponse confirme, plus globalement nous semble-t-il, le constat suivant : la faible place de l’enseignement supérieur et de la recherche dans les débats entre les candidats.

Face à cette situation, nous sommes confrontés à l’alternative suivante : diffuser ou pas les deux réponses reçues. Notre bureau a tranché pour la diffusion : l’aspect démocratique l’a emporté sur l’aspect idéologique. Nous considérons, d’une part, que les délais impartis aux candidats pour nous répondre étaient largement suffisants. Et rappelons, d’autre part, que la diffusion des réponses reçues ne saurait être perçue comme une caution de leur contenu, quel que soit le candidat dont elles émanent.
Enfin, si une ou plusieurs réponses nous parviennent d’ici la fin de la semaine ou entre les deux tours, nous les mettrons également en ligne.

Le bureau de la SHMESP

Réponse de M. Nicolas DUPONT-AIGNAN

Madame et Messieurs,

Je suis très sensible à votre initiative et j’ai tenu à y répondre personnellement. Je regrette vivement que les questions de l’enseignement supérieur et de la recherche n’occupent, à ce jour, aucune place dans cette campagne présidentielle pas plus qu’elles n’en ont occupé une dans les primaires de la droite et du centre ou dans celle de la gauche, primaires auxquelles j’ai refusé de participer. Je déplore d’autant plus cette absence que je juge ces questions fondamentales pour l’avenir de notre nation.
Pour ma part, j’ai tenu à confier la direction de mon programme présidentiel à l’un de vos collègues, universitaire et historien. Il l’a préparé, pendant trois ans et demi, en s’entourant de nombreux enseignants-chercheurs, mais aussi d’anciens présidents d’université, d’anciens recteurs et d’étudiants avancés. L’enseignement supérieur et la recherche occupent un chapitre entier sur les vingt-huit de mon programme, comme l’École de la République, la recherche et les secteurs d’avenir en constituent trois autres. Plus que de longs discours, cette proportion souligne l’intérêt que je leur porte.
Permettez-moi aussi, pour finir ce préambule, de personnaliser quelque peu ma réponse, puisque les Français sont appelés à élire une personnalité et pas seulement un porteur de programme. J’ai moi-même une double formation qui me singularise de la plupart des autres candidats, puisque je suis passé par deux grandes écoles, certes, mais aussi par l’Université. J’en suis très fier. En outre, je suis passionné par l’histoire. Il est fondamental, à mes yeux, que le chef de l’État d’un pays comme le nôtre soit homme ou femme de culture et sache s’entourer d’universitaires. De Gaulle, Pompidou et Mitterrand sont ici des modèles. Par pudeur, je ne citerai pas les noms d’autres présidents qui n’ont pas rempli cette exigence, pas plus que je n’évoquerai certaines sorties de candidats qui ont émaillé ce début de campagne et qui ont pu faire rire quand elles devraient plutôt faire pleurer.

Notre pays a besoin d’universités fortes, de formations de qualité et d’une recherche de pointe dans un environnement international de plus en plus concurrentiel. Or, les derniers gouvernements ont laissé notre enseignement supérieur et notre recherche décrocher : aujourd’hui hélas, ils se trouvent au niveau de ceux de la Russie et de l’Espagne ! Si je suis élu président, la nation consentira un effort sans précédent en leur faveur et leur budget passera de 1,08 % du PIB à 1,30 % (hors budget consacré à la recherche et développement que j’augmenterai par ailleurs à 2 %).
Fait significatif, l’enseignement supérieur et la recherche ne disposent plus, vous le savez, d’un ministère de plein exercice mais d’un simple secrétaire d’État ; or toute l’architecture ministérielle montre que la vraie ministre est celle de l’Éducation nationale, le supérieur étant subordonné au primaire et au secondaire. C’est illégitime et je rétablirai un ministère de plein exercice.
Le gouvernement pousse aux fusions d’établissements à marche forcée pour essayer de faire remonter la France dans les classements internationaux et pour réaliser des économies, alors que la Cour des Comptes a montré que, bien loin d’y parvenir, ces fusions génèrent en fait des dépenses nouvelles ! Des Présidents devenus de véritables PDG omnipotents depuis la LRU (aggravée sur certains points par la loi Fioraso) ne tolèrent pas qu’un de leurs « employés » fasse partie d’une équipe de recherche extérieure à leur université, même si un tel rattachement est scientifiquement justifié, et ils le pénalisent dans sa carrière, voire le harcèlent.
Comment les universitaires, réduits à cette condition et corsetés dans un réseau de contraintes administratives toujours plus tatillonnes pourraient-ils développer une recherche innovante ? Bien des jeunes docteurs, parmi les plus brillants, étouffés par la bureaucratie, sous-payés et sans perspectives de postes, partent à l’étranger. La récente réforme du doctorat aggrave ces méfaits. Elle dénature un diplôme-clé qui doit sanctionner une recherche innovante et faire progresser la connaissance dans un des champs du savoir. Elle génère une énième procédure bureaucratique chronophage. Elle néglige la spécificité des lettres et des sciences humaines. Osons le dire : elle porte un grave coup à la recherche française.
Votre statut et votre liberté, enfin, sont menacés. Certains candidats de premier plan, vous le savez peut-être, entendent les remettre en cause, même s’ils ne le disent pas ouvertement.

Pour ma part je les sanctuariserai. Concrètement, dans un pays comme la France, avec ses traditions, l’État ne doit pas se désengager de l’enseignement supérieur et, dans les institutions universitaires, il doit trouver un point d’équilibre entre une véritable autonomie libérant les initiatives et le garde-fou à cette autonomie que constitue le statut national des universitaires et des diplômes.
Je laisserai donc les établissements qui le veulent s’associer pour créer des synergies, mais je n’imposerai rien. C’est aux communautés universitaires elles-mêmes de décider de leur destin et non au pouvoir central d’imposer des décisions en ce domaine. Il faut, en revanche, apporter une sécurité budgétaire aux établissements. Je souhaite donc la renationalisation de la gestion de la masse salariale. Ce qui s’est passé à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, mais aussi dans d’autres établissements est inadmissible !

Je réaffirmerai le principe d’un accès gratuit à l’enseignement supérieur, ainsi que la gratuité des concours. Je multiplierai les bourses au mérite pour les jeunes de milieux modestes en les substituant aux bourses sur simples critères sociaux. J’interdirai toute forme de recrutement ou de sélection par tirage au sort, totalement contraire aux principes républicains.
J’augmenterai le nombre d’heures de cours sur les deux premières années avec une obligation de présence effective, afin que chaque étudiant soit confronté à son niveau réel et ajuste ses exigences ultérieures. Naturellement, pour y parvenir, je dégagerai les moyens financiers et créerai les postes nécessaires. J’encouragerai les bi-cursus pour les étudiants qui en ont la volonté et la capacité.
Je sanctuariserai le budget des bibliothèques universitaires, qui sont fondamentales pour nos étudiants.
Je repenserai les contrats doctoraux et post-doctoraux, ainsi que les moyens des laboratoires innovants pour éviter la « fuite des cerveaux » dans d’autres pays et attirer les meilleurs jeunes chercheurs étrangers. J’abrogerai le décret sur les doctorats de 2016 qui pénalise très fortement les chercheurs obligés de mener de front une activité professionnelle salariée et la préparation de leur thèse.
Je revaloriserai les carrières d’enseignants-chercheurs pour rattraper le décrochage international de la France en la matière. Je réformerai leur recrutement dans les établissements, qui doit se faire sous contrôle du CNU pour empêcher le clientélisme trop fréquent, alors que plusieurs candidats, dont Emmanuel Macron envisagent, au contraire, de supprimer cette instance fondamentale.
En ce qui concerne la structure et le contenu de la formation des enseignants, je les réformerai par plusieurs dispositifs : recréation des écoles normales pour le primaire, rehaussement de la part de l’apprentissage disciplinaire dans les concours (l’agrégation et le CAPES que certains candidats entendent supprimer pour créer un corps unique du primaire au supérieur), développement des stages en situation reposant sur un service partagé avec un tuteur impliqué et rémunéré convenablement, rétablissement du système des bourses contre engagement décennal, réorganisation de fond en comble des ESPE où le pédagogisme règne en maître au détriment des contenus disciplinaires.
J’ajoute que je protégerai les HDR qui, elles aussi, sont menacées et qui pourraient disparaître, si certains candidats étaient élus, comme le montre le rapport Collet-Sassere de l’inspection générale de septembre 2015.

Je conclurai par la discipline qui motive votre questionnement : l’histoire. Elle est fondamentale, car elle joue un rôle central dans la formation du citoyen. Je suis totalement hostile à son instrumentalisation par certains candidats. Ceux qui entendent rétablir l’enseignement d’un roman national qui n’a plus lieu d’être dans la France de 2017 s’opposent aux partisans de la repentance. Je les renvoie dos-à-dos. Pour ma part, je suis attaché, à l’école primaire, à l’enseignement du récit national et à l’acquisition des premiers repères chronologiques, car il faut que nos jeunes enfants apprennent les bases et que notre nation fasse de nouveau corps. Pour le reste, les enseignants du secondaire comme du supérieur doivent être laissés libres afin de pouvoir enseigner une discipline ouverte et qui tienne compte des avancées de la recherche.
Ce sont eux, ce sont vous, Madame et Messieurs qui savez, et non les politiques qui n’auraient pas dû vous imposer quoi que ce soit. J’avais été fort choqué par les lois mémorielles de gauche comme de droite qui imposent une lecture orientée de l’histoire par le politique et je souhaite qu’on ne légifère plus en la matière.

Telle est mon ambition pour vous-mêmes et pour nos étudiants. Vous pouvez compter sur moi. Je tiendrai mes engagements si les Français me témoignent leur confiance les 23 avril et 7 mai prochains.
Je vous prie d’agréer Madame et Messieurs, l’expression de ma plus haute considération.

Nicolas Dupont-Aignan
Député et Maire de Yerres
Président de Debout la France
Candidat à l’élection présidentielle

Réponse de Mme MARINE LE PEN

La candidate a répondu dans le texte même du questionnaire qui lui avait été adressé. Les passages ci-dessous en italiques correspondent au texte du questionnaire. Les passages en caractères droits aux réponses de la candidate.

- L’histoire est mobilisée, et parfois instrumentalisée, par et dans le discours politique. Si cette discipline n’appartient à personne, elle est toutefois au cœur de la construction de récits nationaux fortement divergents suivant les sensibilités politiques. Quelle doit-être, selon vous, la relation unissant un homme/une femme politique et plus encore un chef d’État avec la production et la diffusion d’un discours scientifique sur l’histoire ?

L’Histoire n’appartient en effet à personne, mais le chef de l’État, en tant qu’élu et représentant du peuple souverain, peut fixer un cap, émettre un avis, car il s’agit aussi, en la matière, de porter une vision sur le passé, de proposer un projet collectif et de se projeter dans l’avenir. Les femmes et les hommes politiques ont donc une légitimité à porter un discours sur notre passé, mais cela n’enlève en rien celle des professionnels de métier – historiens et professeurs. Je souligne d’ailleurs qu’actuellement l’écriture des programmes est largement laissée entre les mains des politiques et des non professionnels (cf. la réforme Peillon de 2013), historiens et inspecteurs généraux ayant été marginalisés au cours des dernières années dans ce processus : je ferai en sorte d’inverser cette tendance, et je prendrai en compte aussi l’avis des professeurs eux-mêmes, qui sont sur le terrain et à qui on ne demande presque jamais leur avis sur ce qui est pourtant le cœur de leur métier.

Je souhaite notamment une amélioration des programmes d’histoire actuels du secondaire, pour leur donner davantage de cohérence, notamment en ce qui concerne l’histoire de France que les élèves, à la fin de leur scolarité, connaissent souvent fort mal. Le « récit national », cette belle expression forgée par les républicains de la fin du XIXe siècle, peut servir de point d’appui, mais doit être adapté à notre époque et prendra en compte les acquis historiographiques les plus récents. Il ne s’agit en aucun cas d’opposer stérilement une histoire nationale et une histoire mondiale, mais de réorganiser l’enseignement de l’histoire à partir de l’histoire de la nation, qui doit absolument demeurer la priorité dans l’enseignement des fondamentaux.

- Les récents classements internationaux des universités révèlent que la chute des établissements français résulte largement d’un taux d’encadrement des étudiants très inférieur aux moyennes internationales (http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/09/06/la-france-en-recul-dans-le-classement- mondial-qs-des-universites_4992965_4401467.html). Quel est votre plan pour résorber cette pénurie objective de postes dans le supérieur, qui affecte la position de la recherche et de l’enseignement supérieur français et, par voie de conséquence, son attractivité ?

La situation de notre enseignement supérieur, en particulier de nos universités, est en effet difficile, et je suis pourtant intimement persuadée de l’excellence de nos universités et du travail qui y est fait par l’ensemble de leurs acteurs. Le taux d’encadrement des étudiants est trop faible, en particulier dans les disciplines très demandées en L1 (STAPS, droits, psychologie, etc.). Je mettrai en œuvre plusieurs mesures complémentaires qui, ensemble, seront destinées, sur la durée de mon mandat, à redresser l’université française :

  • Mieux orienter les étudiants à l’entrée en L1, en mettant en place une orientation active et en supprimant, comme je m’y suis engagée, le désastreux système du tirage au sort mis en place pour les filières très demandées. Alors que partout dans l’enseignement supérieur les établissements ont leur mot à dire sur l’admission de leurs étudiants (CPGE, BTS, IUT…), pourquoi l’Université devrait-elle continuer à accueillir toutes les demandes sans le moindre contrôle ?
  • Création de postes de titulaires dans l’enseignement et la recherche (PRCE/PRAG, MCF, PR), là où ce sera nécessaire pour couvrir les besoins dans ces domaines. Je considère que cet effort important de l’État est aussi un moyen de résorber la précarité croissante dans le monde de la recherche (de trop nombreux docteurs se retrouvent au chômage ou à cumuler les CDD, et sont parfois contraints de partir à l’étranger).
  • Plan de résorption de la précarité pour les personnels administratifs, techniques et des bibliothèques, qui sont trop souvent oubliés par les politiques publiques de revalorisation, alors qu’ils sont un appui essentiel au travail des enseignants, des enseignants-chercheurs et des chercheurs.

- Nous sommes des enseignants-chercheurs et à ce titre des formateurs. C’est pourquoi nous nous inquiétons vivement du devenir de nos étudiants, en particulier de nos docteurs, dont un trop grand nombre est en situation de précarité. Face à la pénurie criante de débouchés, notamment à l’université et au CNRS, quelles mesures entendez-vous mettre en œuvre pour améliorer la situation et surtout la résorber, en donnant à ces jeunes de meilleures perspectives de carrière en France ?

Comme je l’ai écrit dans ma réponse précédente, la création de postes de titulaires constituera une réponse forte à cette précarité grandissante pour les jeunes docteurs. Il faudra également augmenter le nombre de postes mis au concours chaque année au CNRS, notamment pour les chargés de recherche, et créer des parcours sécurisés pour les docteurs en cours de formation ; par exemple en garantissant aux doctorants contractuels et aux ATER recrutés en début de thèse une prolongation de leur contrat jusqu’à la fin de leur thèse. De même, les crédits de fonctionnement des laboratoires, dont certains sont dans un état de délabrement incroyable, seront revus à la hausse. D’autres perspectives de carrière pourront être ouvertes aux docteurs, en facilitant par exemple leur recrutement dans la haute fonction publique, ce qui me paraît être aussi un moyen de diversifier les profils des hauts fonctionnaires.

Par ailleurs, je revaloriserai la carrière des MCF et PR, avec refonte réelle des grilles indiciaires et des indemnités, et accélération des carrières : ce qui est actuellement présenté par le gouvernement comme une « revalorisation » (accord PCCR) n’en est pas une en réalité.

Il y a tant d’économies à faire ailleurs que je m’étonne qu’on sacrifie ces investissements d’avenir.

- Les concours du CAPES et de l’agrégation constituent actuellement la principale voie de recrutement des enseignants du secondaire. Comment voyez-vous l’avenir de ces concours ?

Le CAPES et l’agrégation demeureront la voie de recrutement principale des professeurs du secondaire, car ils sont garants de l’équité de tous les candidats et d’un haut niveau d’exigence scientifique. Je suis tout à fait opposée à ceux, à droite comme à gauche, qui prônent un allègement voire une suppression pure et simple de ces concours. Pour le CAPES d’histoire-géographie spécifiquement, je suis favorable à un rétablissement de quatre véritables questions d’histoire (une par période) et à une refonte de l’organisation de l’oral, ce qui se fera en concertation avec les organisations de spécialistes que vous représentez et l’appui de l’Inspection générale.

Je souhaite par ailleurs revoir les dispositifs de formation des enseignants stagiaires, en réorganisant profondément les ESPE pour pallier leurs dysfonctionnements et leurs insuffisances. Il est en particulier nécessaire d’alléger (et non de supprimer, comme l’avaient fait Messieurs Sarkozy et Fillon en 2010) la formation reçue par les jeunes enseignants en M2, pour leur faciliter l’entrée dans le métier et recentrer leurs missions sur le cœur de leur métier c’est-à-dire la prise en charge des élèves sur le terrain.

Je suis aussi très attachée à l’existence de l’agrégation interne, en histoire- géographie comme dans les autres disciplines, car elle constitue une voie de promotion essentielle pour les professeurs certifiés déjà en exercice, et une excellente formation continue. Il faudra d’ailleurs réorganiser dans les académies une vraie formation continue, dont les moyens ont été considérablement et régulièrement diminués depuis dix ans.

- Un certain nombre de ces docteurs, mais aussi des doctorants, réussissent les concours d’enseignement et travaillent dans des établissements secondaires, collèges ou lycées. Que proposez-vous afin que leur position de chercheur soit prise en compte par les chefs d’établissement, leur permettant ainsi de concilier leur engagement professionnel et la poursuite de leur activité de recherche ?

Vous évoquez là un problème en effet récurrent pour les professeurs certifiés et agrégés engagés par ailleurs dans des travaux de recherche. Les dispositifs qui existent actuellement (la mise en disponibilité, le détachement…) permettent certes à un certain nombre d’entre eux de se consacrer pleinement à la recherche, mais ils sont perfectibles. Le ministre de l’Éducation nationale donnera instruction aux Recteurs de considérer favorablement les demandes formulées par les professeurs, alors qu’actuellement certaines académies refusent systématiquement les requêtes. Par ailleurs, selon des conditions techniques qu’il restera à définir, je suis favorable à ce que les professeurs certifiés et agrégés engagés dans un travail de thèse puissent obtenir :

  • Des congés de formation/recherche de courte durée durant l’année scolaire ;
  • Des allègements dans leurs obligations règlementaires de service ; cela peut être par exemple une diminution du temps de service devant élèves.
  • Des allègements au moment des jurys d’examen ; consigne sera donnée aux rectorats et aux directions académiques de ne pas convoquer les professeurs concernés (baccalauréat, DNB, BTS…).

- Les bibliothèques universitaires constituent l’un des outils privilégiés par les étudiants durant la totalité de leurs études. Or, à bien des égards, nombre de ces bibliothèques sont dans une situation financière déplorable, tant en moyens humains (manque de personnel, réduction des horaires d’ouverture) qu’en moyens financiers (réduction de l’achat d’ouvrages ou des abonnements à des bouquets numériques). Quelles solutions envisagez- vous afin de remédier à cette carence très dommageable pour la formation de nos étudiants
 ?

Le vaste plan de résorption de la précarité que j’entends mettre en œuvre inclura des créations de postes pour les personnels des bibliothèques. Je ferai par ailleurs engager des crédits pour améliorer le fonctionnement des bibliothèques, car il n’est pas admissible que les étudiants et les professeurs ne puissent pas avoir accès aux livres dont ils ont besoin. Il est également nécessaire de moderniser le fonctionnement des BU, en proposant une offre de services enrichie et répondant aux besoins des étudiants.

, mercredi 19 avril 2017

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