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Revendications de l’École d’histoire de La Sorbonne

Les revendications de l’École d’histoire de la Sorbonne
(préparées lors de l’assemblée générale de l’École d’Histoire de la Sorbonne [UFR 09- Histoire] le 26 février 2019 ; adoptées à l’unanimité par le conseil de l’École d’Histoire de la Sorbonne le 22 mars 2019)

Les personnels administratifs et enseignants de l’École d’histoire de la Sorbonne de l’université Paris 1–Panthéon-Sorbonne ne peuvent pas rester en dehors des débats qui agitent le pays depuis près de 6 mois. Les questions soulevées ne leur sont pas étrangères : avenir des jeunes, formation, reconnaissance des diplômes, pouvoir d’achat, précarité de nombreux collègues, statut des fonctionnaires, retraite.
À ces problèmes sur lesquels il lui semble légitime d’exprimer son avis, l’assemblée générale des personnels élargie aux élus des étudiants et des doctorants a souhaité aussi faire entendre des revendications qui concernent l’enseignement supérieur.
À l’issue des débats, des décisions devront être prises. Dans la redistribution des ressources, par le biais des budgets alloués ou de la fiscalité, l’École d’histoire de la Sorbonne, la plus grosse unité de formation et de recherche (UFR) de France dans cette discipline, entend que la recherche et l’enseignement supérieur ne soient pas oubliés. Il y va de l’avenir de notre pays.

CONDITIONS ÉTUDIANTES

L’École d’histoire de la Sorbonne demande une égalisation per capita des moyens affectés par l’État aux étudiants. Des inégalités trop grandes subsistent avec les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) voire entre universités.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame l’abandon de la discrimination des frais d’inscription entre étudiants étrangers non communautaires et étudiants de l’Union européenne.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame que les étudiants étrangers faisant leurs études en France ne soient pas entravés dans l’obtention et le renouvellement de leur titre de séjour.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame une amélioration des conditions d’études et de recherche des étudiants handicapés dans les universités.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame une amélioration de l’hygiène dans les universités et un meilleur accès au soin pour les étudiants.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame une ouverture plus large des foyers de restauration du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS).

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame une trêve hivernale pour empêcher les expulsions des résidences universitaires.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame que les stages qui ne sont pas explicitement inscrits dans une formation, fassent l’objet d’une rémunération dès l’issue du premier mois, sans attendre l’issue du troisième mois de travail pour être rémunérés. Trop souvent en effet, les stages sont inférieurs à deux mois afin de n’être pas rétribués. Tout travail mérite salaire et la formation sous forme de stage ne doit pas fournir une main d’œuvre gratuite.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame une clarification de l’emploi des fonds collectés par le biais de la contribution Vie Étudiante et de Campus (CVEC) et leur affectation intégrale au bénéfice des étudiants.

CARRIÈRE

L’École d’histoire de la Sorbonne demande que la reconnaissance de la qualification reste la règle. Elle repose sur des concours, des diplômes et des catégories.

À ce titre, l’École d’histoire de la Sorbonne réclame la réduction des contrats précaires, l’augmentation des dotations des universités afin de permettre la publication des postes de titulaires, trop souvent gelés à seule fin de réduire les déficits. Elle réclame une revalorisation des vacations dans l’enseignement supérieur et une prise en compte pour tous les agents, notamment administratifs, de la surcharge de travail.

Lors de la titularisation de tout statut, l’École d’histoire de la Sorbonne réclame plus d’information et de transparence sur la procédure de reclassement.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame l’augmentation des postes mis au concours de l’agrégation d’histoire et du CAPES d’histoire-géographie. La réduction des places à ces concours pénalise les universités en rendant de plus en plus difficiles les procédures de détachement ou de mise en disponibilité.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame que les allocataires doctorants bénéficient, au même titre que les attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER), du détachement et non de la seule mise en disponibilité.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame l’ouverture d’une réflexion sur un statut de chercheur puisque durant leur préparation de la thèse dans le cadre d’un laboratoire, les doctorants participent à la production de nouveaux savoirs.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame une meilleure reconnaissance du doctorat en histoire dans les conventions collectives mais aussi dans les grilles de la fonction publique. Les docteurs en histoire ont une autonomie de travail, une culture générale, des compétences rédactionnelles et linguistiques, de gestion et d’analyse de vastes corpus de données, de maîtrise des outils informatique et numérique, inscrite dans leur formation, qui les rend largement employables dans de nombreux secteurs publics et privés.

Constatant qu’en raison des difficultés de recrutement de maîtres de conférences (MCF) en histoire qui marque l’entrée dans la carrière universitaire, l’âge moyen de celle-ci est de plus en plus tardif, l’École d’histoire de la Sorbonne souhaite une revalorisation du salaire initial des maîtres de conférences et une meilleure prise en compte dans le calcul des points de retraite des années d’allocation et d’attaché temporaire de recherche.

L’École d’histoire de la Sorbonne réclame aussi une reconnaissance du doctorat et de l’habilitation à diriger des recherches dans l’évolution de carrière des PRCE, PRAG et MCF.

Elle réclame l’abolition dans le corps des professeurs de la distinction entre professeurs de seconde et première classe, comme cela a été réalisé pour les MCF.

Elle rappelle que les collègues se sont engagés dans cette profession avec des règles claires sur les modalités de départ en retraite et qu’il est inadmissible de voir celles-ci changer en cours de route en vertu du principe qui fonde toute confiance.

Les enseignants-chercheurs du supérieur demandent à bénéficier des mêmes avantages que leurs collègues du secondaire pour accéder aux musées avec le Pass éducation.

RECHERCHE

L’École d’histoire de la Sorbonne rappelle qu’une grande part de la recherche se fait dans le cadre des universités. Or, il est fréquent de distinguer « universitaire » et « recherche ». On ne pense qu’avec des mots. Cette distinction, incompréhensible hors de France, ne doit pas être une façon de répartir dans l’avenir les fonctions : à l’université la formation et la recherche aux établissements.

Le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche repose sur un nombre croissant d’évaluations. Autant cette approche est nécessaire dans l’évaluation des carrières individuelles, autant elle témoigne envers les UFR et unités mixtes de recherche (UMR) d’une méfiance des pouvoirs publics. Elle est aussi chronophage. Elle est enfin souvent inutile puisque les évaluations comme celle du Haut Conseil de l’évaluation de recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) n’ont plus aucune incidence sur les moyens affectés aux UFR, aux écoles doctorales (ED) et aux laboratoires.

La recherche repose de plus en plus sur des financements ponctuels (European Research Council [ERC], Agence nationale de la recherche [ANR], École universitaire de recherche [EUR], Laboratoire d’excellence [LABEX], ...). Ce mode de fonctionnement a certes le mérite d’éviter la routine et de favoriser l’émulation. Mais il nécessite une disponibilité de temps certaine et une assistance à l’aide au montage des projets. Chargés de cours, d’examen, de correction, les universitaires ne sont pas à égalité avec d’autres institutions.
Les collègues ayant vu leur projet, collectif ou individuel, aboutir sont souvent totalement ou partiellement dégagés des obligations de service sans compensations significatives pour l’École d’histoire de la Sorbonne. Le travail repose donc sur les autres collègues.

Compte tenu de cette situation dégradée, l’École d’histoire de la Sorbonne réclame :
1/ Un accroissement des contrats doctoraux.
2/ L’augmentation significative des crédits récurrents dans des structures de recherches pérennes (UMR et EA) en y affectant, par exemple les recettes dégagées de la suppression du Crédit impôt recherche, dont l’efficacité est généralement contestée et qui est assurément sans profit pour notre discipline.
3/ Un nombre accru de congés pour recherches ou conversions thématiques (CRCT) et de délégations, qui ne doivent pas être réservés exclusivement à la préparation d’une habilitation à diriger des recherches (HDR), afin de permettre périodiquement aux collègues de se consacrer au montage d’un projet, de réaliser une enquête, d’écrire un livre.