Extrait d'enluminure

A propos du CAPES

I. Pétition initiée par des membres du jury du CAPES

Après que les instances les plus légitimes impliquées dans la formation des enseignants (CPU, CDIUFM, Syndicats, associations, sociétés, coordinations...) ont unanimement protesté contre la réforme que le gouvernement veut faire passer en force, des membres de jury de CAPES ont aussi manifesté leur opposition, en s’appuyant sur leur expérience. Les membres du jury de CAPES d’italien ont en effet adopté fin novembre une motion à l’unanimité, votée également par les membres du jury de CAPES d’espagnol. Ils ont appelé à les rejoindre. Une motion "Sauvons le CAPES d’Histoire & Géographie" a ainsi été rédigée, largement démarquée de ce premier texte. L’une des revendications (maintien de 3 épreuves à l’oral) est bien entendu adaptée à la spécificité de la bivalence du CAPES Histoire et Géographie.

Cette motion est proposée à la signature de tout membre (ou ancien membre) du jury de CAPES Histoire & Géographie. Les autres collègues sont invités à signer une motion de soutien. L’ensemble est accessible à l’adresse suivante

II. Exégèse du CAPES par Christophe Badel, vice-président du CAPES

Chers collègues

La plupart d’entre vous ont dû prendre connaissance des conclusions des commissions de réflexion sur le CAPES et la mastérisation. Je vous envoie ce message pour les éclairer par les informations que je possède en tant que vice-président du CAPES.

- 1. L’architecture du CAPES

Les conclusions des commissions reflètent les attentes du ministère. Nous aurons donc bien deux épreuves à l’écrit et deux épreuves à l’oral. Les épreuves de l’écrit restant semblables aux épreuves actuelles, il n’est pas besoin d’en dire plus. Concernant l’oral, la leçon disciplinaire sera semblable à la leçon actuelle. Quant à l’épreuve « professionnelle », sa description laisse présager la survie de l’épreuve sur dossier actuelle. C’est bien ainsi que le vice-président de l’ED voit les choses en tout cas, consentant seulement à introduire un peu de didactique pour plaire au ministère (et à poser quelques questions en fin de course sur les aspects juridiques du métier). En définitive, le seul changement réside dans la disparition du commentaire de document, ce qui affecte peu l’histoire puisque le commentaire de document historique était devenu résiduel.

En fait, pour l’histoire, le vrai changement est lié au tirage au sort égalitaire entre l’histoire et la géographie pour la leçon. La moitié des étudiants passeront en histoire, l’autre moitié en géographie, sans tenir compte de leur spécialité initiale.

- 2. Le calendrier du CAPES

Le projet initial d’un écrit en décembre a été finalement maintenu (contrairement aux espoirs d’octobre). Comme je vous l’avais déjà dit, cette date est liée à la nécessité d’organiser des stages pour les admissibles avant les épreuves d’oral. Quelle est la nature réelle de ces stages ? Je n’arrive pas à le savoir. Selon les interlocuteurs, il s’agit soit d’un remplacement (ce qui fait faire des économies au ministère mais n’est pas une formation) soit d’un stage de formation en présence du titulaire (ce qui est plus logique pour une formation mais n’est plus économique).

En fait, beaucoup de responsables du ministère – président du CAPES compris – estiment que ces stages sont impossibles à mettre en place mais que le gouvernement s’y accroche pour des raisons politiques. Il a axé sa communication sur les stages et ne peut y renoncer sans donner l’impression d’abandonner la réforme.

- 3. La question du programme

Un des acquis du mouvement de l’année dernière – le maintien d’un « vrai » programme en histoire-géographie – n’est pas remis en cause. Il ne faut pas vous laisser impressionner par le texte des commissions sur le lien avec les programmes du secondaire. Il s’agit d’un texte général valable pour tous les CAPES, qui n’ont pas de programme en principe (l’histoire-géographie constituant une exception reconnue).

Mais par ailleurs, l’Inspection générale désire séparer les programmes du CAPES de ceux de l’agrégation et diminuer le nombre de questions au programme. Elle songe aussi à introduire une question « d’histoire de l’art » pour bloquer la création d’un CAPES dans cette matière. Elle réfléchit enfin à la conception de questions transversales rassemblant deux périodes sur un thème précis (ex : la royauté aux époques médiévale et moderne). Un scénario « catastrophe » pourrait ressembler au maintien de deux questions, dont une d’histoire de l’art. Le programme d’histoire serait ainsi démantelé. Je combats actuellement pour que, au moins :

  • le nombre de questions ne tombe pas au dessous de trois (quitte à accepter une question transversale rassemblant deux périodes : ainsi les quatre périodes resteraient présentes).
  • les questions du CAPES restent associées à celles de l’agrégation, même en étant différentes. Les questions du CAPES pourraient ainsi être plus larges, emboitant les questions d’agrégation. Un tel système pourrait permettre aux universités comme aux étudiants de moduler les préparations en fonction de leurs moyens et de leurs besoins, entre un tronc commun et des cours spécifiques à l’agrégation.

En conclusion, l’architecture du CAPES n’est pas scandaleuse mais en revanche, la date de décembre plombe le master et la question du programme reste préoccupante. L’issue de ces problèmes va dépendre du rapport de force entre les différents acteurs du processus. Il faut absolument se mobiliser sur ces sujets car le ministère est beaucoup moins sûr de lui qu’il n’y paraît.

Christophe BADEL
Vice-président du CAPES d’histoire.