Extrait d'enluminure

Compte-rendu de la réunion du 4 décembre 2009

Le 4 décembre 2009, les représentants des quatre associations d’historiens spécialistes de l’enseignement supérieur (Régine Le Jan, Bernard Legras, Jean-Noël Luc et Nicolas Leroux) ont été reçus par Monsieur Thierry Coulon, directeur de cabinet adjoint de madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Étaient également présents Monsieur Claude Boichot, inspecteur général très chevronné d’une discipline scientifique, et Madame Carole Moinard, conseillère pour les affaires sociales au cabinet.

La discussion avait pour objet la mise en œuvre de la mastérisation des concours. Monsieur Coulon a rappelé les différentes phases de la mise en œuvre :

- première phase (terminée) : discussion sur les concours (dates, types d’épreuves) ;
- deuxième phase : préparation de la circulaire relative au cadrage des Masters (achevée le 21 décembre) ;
- troisième phase : organisation des stages ;
- quatrième phase : dialogue avec les universités sur leurs projets, qui seront présentés au CNESER en juin 2010.

Les points suivants ont d’emblée été déclarés non négociables :

- Le calendrier des concours : CAPES en M2, avec épreuve d’admissibilité fin novembre - début décembre, résultats d’admissibilité en janvier, admission en fin de second semestre. La réforme entrant en vigueur dès la rentrée prochaine, l’écrit du premier CAPES "new look" aura lieu fin novembre 2010. Rien de changé pour l’Agrégation, sinon qu’il faudra avoir acquis le master pour s’inscrire.

- La dissociation complète des deux concours, tant sur les programmes (que nous ne connaissons pas pour le CAPES) que sur les calendriers (notons que les historiens sont les seuls à demander que les deux concours restent associés).

Il a été rappelé que :

- si tous les Masters mènent aux métiers de l’enseignement, les universités doivent mettre en place les formations permettant ce type d’orientation, soit sous la forme de "parcours" spécifiques, soit de modules ajoutés ou remplaçant des modules existants dans les masters actuels. Il ressort que le Ministère ne s’intéresse guère au contenu des futurs masters dès lors que l’habillage lui convient.

- Masters et concours sont dissociés dans leur organisation comme dans leur fonctionnement (même si, c’est le paradoxe principal de la réforme, le contenu et le calendrier du Master sont entièrement déterminés par la nouvelle mouture des concours). Il reviendra donc aux universités de délivrer le master aux reçus du CAPES et en théorie au moins, elles pourront refuser.

- Les stages ne sont pas obligatoires, car ils ne peuvent juridiquement l’être, mais ils seront fortement conseillés. Il s’agit de stages d’observation (qui peuvent être faits dès le L3) et/ou de pratique accompagnée en M1, en petits groupes, pendant quelques jours, puis de stages en responsabilité en M2 de 108 h (soit 6 semaines à temps plein), rémunérés 3 000 euros. Ces stages seront coordonnés par les rectorats (sur le fonctionnement desquels le Ministère ne sait rien). Le déroulement des stages pourra être évoqué lors des oraux du CAPES, mais on ne pourra sanctionner un candidat qui n’en aura pas fait.

La question des recalés à l’écrit du CAPES a été abordée. Les universités devront prévoir une réorientation au second semestre du M2 (vers la recherche par un mémoire ? d’autres stages ?) afin de leur permettre de valider leur M2. Comment valider le M2 de ceux qui auront été admissibles mais auront ratés l’oral ? Nous n’avons pas eu de réponse sinon que les universités doivent faire preuve d’imagination et ont toute liberté.

Nous n’avons pas eu de réponse non plus sur le nombre de postes mis au concours de l’Agrégation (sinon que cela dépend du MEN). Nous avons exprimé nos craintes sur l’avenir de la recherche avec la dissociation des deux concours qui va réserver de fait le master recherche (là où il subsistera) à une poignée d’agrégatifs et aux étudiants ne préparant pas le CAPES. Nos interlocuteurs, de formation scientifique dure ou managériale, ne comprennent pas vraiment nos inquiétudes.

On nous a invité à prendre d’urgence contact avec l’Inspection générale d’histoire pour le contenu des concours, dont dépendent nos futures maquettes, ce qui a été fait.

La lecture du projet de circulaire montre que le Ministère cherche à calmer nos inquiétudes sur la recherche sans apporter de solution réelle aux problèmes qui vont se poser. Nous pouvons donc être fort inquiets des conséquences de la réforme de la mastérisation.

Régine Le Jan
Présidente de la SHMESP