Extrait d'enluminure

Lettre de la SHMESP n° 108 (février-mars 2019)

VIE DE LA SOCIÉTÉ

- Compte rendu de l’Assemblée générale du 10 novembre 2018

Vous trouverez ici le compte rendu de l’Assemblée générale qui s’est déroulée le 10 novembre 2018. Nous vous rappelons que celui-ci sera soumis à approbation de l’Assemblée générale qui ouvrira le prochain congrès de Francfort, jeudi 30 mai.

- La SHMESP sur les réseaux sociaux

Afin de continuer à améliorer la diffusion des informations scientifiques et de rendre plus visibles les activités de la communauté des médiévistes français, la SHMESP vient de se doter de deux nouveaux outils de communication : une page Facebook qui permettra d’accueillir l’actualité la plus urgente (notamment la publication des annonces de postes ouverts à recrutement) et une page Academia.edu qui accueillera notamment la liste des volumes publiés des congrès, avec leur sommaire.

- Les actes des congrès de la SHMESP accessibles sur OpenEdition

Les actes des congrès de la SHMESP publiés par les Éditions de la Sorbonne seront progressivement accessibles en ligne sur la plateforme internet OpenEdition. Pour l’heure, seuls les volumes des congrès de 2002, 2004, 2008, 2009 et 2010 sont disponibles. Les modes de consultation dépendent de l’offre à laquelle le lecteur à accès : en mode Freemium (sans aucun abonnement) ces volumes sont intégralement consultables mais uniquement en ligne ; en offre Premium (à laquelle donnent accès nombre d’abonnements des bibliothèques universitaires), les volumes sont intégralement consultables et téléchargeables en différentes versions (Epub, PDF). La plateforme Persée continuera à proposer les actes des congrès passés, jusqu’à celui de 2007 (Congrès francilien).

- Bourses de la SHMESP pour les congrès internationaux

La SHMESP accorde dans la mesure de ses moyens des bourses d’un montant maximal de 300 € pour l’Europe et de 500 € pour le reste du monde aux membres de la SHMESP doctorants et docteurs sans poste dans le supérieur souhaitant participer aux congrès internationaux (Leeds, Lleida, Kalamazoo, de la Medieval Academy of America...). La demande est à adresser à la SHMESP, accompagnée d’un CV, d’un budget (incluant les dépenses et autres sources de financement provenant des laboratoires, écoles doctorales, etc.) et d’un document attestant de l’intervention au congrès (programme, attestation de l’organisateur de la session, etc.). Les demandes sont examinées trois fois l’an, fin septembre, fin janvier et fin mars. Priorité sera donnée aux candidat(e)s n’ayant pas encore bénéficié d’une bourse. Les remboursements interviendront sur présentation des factures et attestation de la participation effective au congrès.

Postes d’enseignants chercheurs

La liste des postes de professeurs et de maîtres de conférences mis au concours en 2019 est accessible sur le site de la SHMESP, avec la composition des comités de sélection et les dates de leurs réunions (sélection des dossiers et auditions)

- Rappel : appel à contribution pour le congrès de la SHMESP à Perpignan (2020)

Le 51e Congrès de notre société se tiendra à Perpignan du 21 au 24 mai 2020 sur le thème « Frontières spatiales, frontières sociales ». Nous vous prions de bien vouloir trouver ci-joint l’argumentaire scientifique.
Les propositions de communication doivent être adressées au secrétariat de la SHMESP avant le 22 avril 2019, délai de rigueur, exclusivement par courrier électronique à secretariat shmesp.fr. Elles doivent être accompagnées d’un résumé d’une page, à défaut duquel il ne sera pas possible de les prendre en compte. Les sociétaires intéressés sont invités à prendre attentivement connaissance des grandes orientations fixées par le comité scientifique. Celui-ci fera connaître d’ici début juin les contributions retenues.
Nous rappelons que la Société ne prend pas en charge les frais des intervenants. Des bourses sont toutefois proposées aux doctorantes et doctorants, ainsi qu’aux jeunes chercheuses et chercheurs, qui interviendraient lors de ce congrès.
Les actes des congrès de le SHMESP paraissent régulièrement à l’occasion de l’Assemblée générale de l’année qui suit, grâce notamment au travail des responsables des publications. Les collègues qui proposent une communication s’engagent donc moralement à publier leur texte en le rendant dans les délais imposés par ce calendrier serré, soit le pour 1er octobre 2020, et en respectant le nombre de signes défini par les responsables des publications ainsi que les normes de la collection.
Nous encourageons vivement les jeunes chercheurs à participer à ce congrès. Les directeurs de thèses sont donc invités à informer au plus vite les doctorants susceptibles d’être intéressés.

POSTES, BOURSES ET STAGES

- Contrat doctoral de l’Université Bretagne Loire

L’Ecole Doctorale STT de l’UBL (Université Bretagne Loire) met au concours un certain nombre de sujets de thèse qui pourraient être financés. Le laboratoire TEMOS propose un sujet d’histoire médiévale, supervisé par Jean-Michel Matz et Carole Avignon sur le thème "Discours, pratiques, représentations de la stérilité en société chrétienne (XIIe-XVe siècles)".
Information et candidature ici.
La date limite de dépôt des candidatures auprès du laboratoire est le 6 juin. La sélection des candidats est en deux temps : d’abord une sélection de 2 dossiers maximum par sujet de thèse, classés par le laboratoire, puis une procédure de classement des candidats et des sujets par l’Ecole doctorale (avec audition).

- Aides à la mobilité doctorales CEFAS (Centre français d’archéologie et de sciences sociales / Koweït)

Le Centre français d’archéologie et de sciences sociales (Koweït) propose 3 aides à la mobilité doctorale renouvelables à un(e) étudiant(e) doctorant(e) inscrit(e) en thèse dans une université française, et qui effectue sa recherche doctorale sur la région de la péninsule Arabique dans le domaine de l’archéologie et des sciences humaines et sociales. L’obtention de la bourse est conditionnée à l’inscription en thèse. Cette aide à la mobilité doctorale est pour une période de 9 mois. Le montant de l’aide est de 1 100 € par mois. En outre, l’hébergement sera gratuit au CEFAS à Koweït durant toute la durée de l’aide. Le boursier ou la boursière devra résider au Koweït et pourra effectuer des missions de travail dans les pays de la zone de compétence du CEFAS, à l’exclusion du Yémen : Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis, Qatar, Sultanat d’Oman, Arabie saoudite. Il ou elle recevra l’appui scientifique et logistique du CEFAS. Il ou elle participera à l’animation scientifique du centre, et prendra part régulièrement à ses activités (conférences, séminaires, colloques, publications, etc.).

Il est rappelé que l’aide à la mobilité doctorale n’étant pas considérée comme un salaire, elle n’ouvre droit ni aux prestations sociales, ni aux allocations chômage et ne peut être prise en compte dans le calcul des droits à la retraite. Les bénéficiaires doivent donc souscrire eux-mêmes les assurances nécessaires pour une résidence à l’étranger concernant la couverture des dépenses de santé, accidents du travail et rapatriement.

L’aide à la mobilité doctorale prendra effet au 1er octobre 2019.

Pour toute information complémentaire, voire sur le site du CEFAS (http://cefas.cnrs.fr/spip.php?article728) ou contacter le directeur du CEFAS, Abbès Zouache.

Le dossier de candidature est disponible en ligne sur le site du CEFAS et devra être envoyé accompagné des pièces demandées (CV, publications, copie du dernier diplôme, projet de recherche doctorale, attestations) en version numérique uniquement, le tout en un seul document PDF, aux adresses suivantes : direction cefas.cnrs.fr ; dima.asad cefas.cnrs.fr

Date limite d’envoi des dossiers de candidature : 30 avril 2019 (à minuit, heure de Paris).

- Bourses de recherche de l’Instituto de Estudos Medievais (Lisbonne)

O concurso para a atribuição de 2 (duas) Bolsas de Investigação (BI), com início previsto em 1 de julho de 2019, no âmbito do projeto VINCULUM ; Entailing Perpetuity : Family, Power, Identity. The Social Agency of a Corporate Body (Southern Europe, 14th-17th Centuries), financiado pelo European Research Council - European Commission, encontra-se em aberto durante o período de 1 a 12 de abril de 2019.
As candidaturas devem ser formalizadas, obrigatoriamente, através do envio de carta de candidatura acompanhada dos seguintes documentos :
Curriculum Vitae ;
Certificado de habilitações e certificado de cadeiras feitas (licenciatura e mestrado) ;
Carta de motivação (máximo 1,5 páginas).
As candidaturas deverão ser remetidas por correio eletrónico para o endereço : projectVINCULUM fcsh.unl.pt.
Pode aceder ao texto completo do anúncio : aqui. Igualmente, o texto completo está disponível na íntegra na plataforma Eracareers : aqui.

- Contrat de recherche post-doctoral à l’Institut historique allemand (Paris)

L’Institut historique allemand (IHA) recrute au 1er septembre 2019 (négociable) un chercheur ou une chercheuse (postdoc) pour le département de recherche sur le Moyen Âge. Il s’agit d’un poste à visée de qualification, la thèse d’habilitation par exemple, d’une durée de trois ans avec possibilité de prolongation jusqu’à maximum cinq ans. Le projet de recherche doit s’inscrire dans les thèmes de l’IHA, mais le sujet peut être défini librement par le candidat ou la candidate.
L’institut, qui s’est donné la triple mission "Recherche – Médiation – Qualification", œuvre dans le champ de l’histoire française, franco-allemande et ouest-européenne – de l’Antiquité tardive à nos jours – et joue un rôle de médiateur entre la France et l’Allemagne. Il s’est récemment enrichi de deux nouveaux axes de recherche : les humanités numériques et l’Afrique subsaharienne.

Les tâches comprennent :
la réalisation du projet personnel de recherche,
la collaboration active au sein du département (organisation d’évènements scientifiques, évaluation des dossiers scientifiques, encadrement de boursier/ères, etc.),
collaboration active au sein de la rédaction des publications de l’IHA,
rôle d’interlocuteur/trice pour les chercheur/ses français/es et allemand/es pour l’époque concernée,
engagement au sein des groupes de travail au niveau de l’institut et de la fondation.

Profil requis :
un projet étoffé qui propose une démarche innovante dans les champs de recherche de l’IHA. Les approches interdisciplinaires, comparatives et/ou transculturelles sont particulièrement bienvenues, de même que les projets intégrant les humanités numériques,
une excellente thèse de doctorat en histoire,
une parfaite maîtrise de l’allemand ou du français et de bonnes connaissances de l’autre langue.
Nous proposons :
une grande latitude pour développer en autonomie un profil scientifique international par le biais d’événements, de coopérations avec des institutions partenaires, etc.,
une collaboration au sein d’une équipe dynamique,
une activité variée en plein cœur de Paris,

Si les conditions sont remplies, la rémunération s’effectue selon la grille salariale du service public allemand – indice 13 (TVöD 13), avec une indemnité d’expatriation devant couvrir le différentiel du coût de la vie à Paris et une aide au loyer. Si ces conditions ne sont pas remplies, la rémunération s’aligne sur la grille indiciaire de rémunération locale de l’ambassade d’Allemagne à Paris,
un poste au sein d’une entité publique financée par le ministère fédéral de l’Enseignement et de la Recherche.
L’IHA promeut l’augmentation du nombre de femmes dans la recherche et invite donc explicitement les femmes qualifiées à présenter leur candidature. À qualifications égales, priorité sera donnée aux femmes, conformément aux directives fédérales en matière d’égalité entre les sexes. À qualifications égales, priorité sera donnée aux candidat/e/s handicapé/e/s.
Le poste est à pourvoir à Paris. L’IHA est un employeur soucieux de prendre en compte la vie familiale de ses employé/e/s. Vous trouverez sur notre site Internet des informations sur le service d’aide aux familles de l’institut ainsi qu’un guide sur le congé maternité, les modes de garde des enfants, le congé parental et l’allocation parentale en France et en Allemagne, tenant compte des particularités du lieu de séjour à l’étranger. Pour toute question sur la rémunération, la conciliation de la vie familiale et professionnelle ou sur le travail à l’étranger, nous vous invitons à contacter Mme Judith Mirschberger(+33 [0]1 44 54 23 81).
Modalités de candidature :
Pour les questions de contenu, veuillez vous adresser M. Rolf Große.

Merci d’adresser votre candidature avec les documents suivants : lettre de motivation, CV, diplômes, attestations de connaissances linguistiques, coordonnées de deux personnes de référence ainsi que la description détaillée du projet de recherche (max. 25 000 caractères, espaces et bibliographie comprises) sous forme électronique à M. Thomas Maissen (dossier complet et réuni dans un unique fichier PDF) au plus tard le 20 mai 2019. Les entretiens se dérouleront les 4 et 5 juin 2019, sous réserve de modifications.
Appel à candidature consultable ici.

- MIDA ("Mediating Islam in the Digital Age") – 15 Early Stage Researcher (ESR) positions in the Marie Skłodowska Curie Action

The Innovative Training Network programs (ITN) are designed to combine scientific research with an intensive training trajectory for young scholars in order to equip them with the necessary comprehensive knowledge and skills. These researchers work in an inter-sectoral, interdisciplinary and international environment to deepen their knowledge and to find answers to pressing contemporary societal issues. An international consortium of research institutes, universities and non-academic partners has been awarded with a research grant from the Department for Research and Innovation of the European Commission in June 2018. MIDA is coordinated by the ‘Centre National de la Recherche Scientifique’ (CNRS) in Paris.

The MIDA project rests on the premise that digitisation and technological innovations have a tremendous impact on Islam, the effects of which are diverse and ubiquitous. They include first and foremost modes of expression and communication of religious messages and traditions and modes of engagement with society. Digitisation and concurrent innovations as they emerged in the past decades belong to the list of comparable fundamental technological transformations in human history such as the invention of paper, printing technology, steam power, electricity and telecommunication, which constituted major upheavals, even if these were not experienced in all societies and by everyone at the same time, in the same way.

It is commonly recognised that the digital revolution will indeed deeply transform human societies, much as the industrial revolution did in the nineteenth century. However, the rapid changes that are currently taking place generate a sense of loss of control and instability among the general public, politicians, journalists, academics, and, not least, among Muslims themselves. The spread of modern digital media and new technologies of communication, production and dissemination, prompts researchers and social actors, Muslims and non-Muslims alike, to make sense of, and understand these developments. Consequently, they have shaken up Islam as a field of academic study and have impacted on the ways Islam is to be studied in the future. The specificity of the current digital revolution calls for a re-evaluation of past situations and reflection on future prospects.

MIDA assesses these developments in all their dimensions by formulating three major questions : How does digitisation (1) shape Islam (i.e. beliefs, practices, societies, activism, political organisations, social institutions, and outlooks) ; (2) modify the relation Muslims have with their past ; (3) modify and reorganise scholarship and research on Islam.

The MIDA project is to train 15 creative, entrepreneurial, and innovative researchers in social and human sciences through an interdisciplinary research programme, whose main objectives are to understand the tremendous influence that digitisation and technological innovations have on Islam.

The location is depending on which project the candidate applies for.

A summary of the available positions includes :

ESR 1 - From oral command to written memories. A case-study : the first Arab Muslim autobiography, ‘Abd Allâh b. Buluggîn’s Memoirs, 11th century.

ESR 2 - ‘In/out of the closet’ testimonials : online performance of secret lives in the Middle East and among Muslims in the West.

ESR 3 - Art activist (artivist) and non-celebrity clips as expressions of self in North Africa and the Middle East.

ESR 4 - Islamist movements in Morocco in their ‘other languages’ : uses of the Arabic and Berber vernacular varieties in the digital spheres.

ESR 5 - Arab-Muslim encounters with Orientalism in the colonial age.

ESR 6 - Dubbing or subtitling ? The socio-cultural context of exported Turkish television series.

ESR 7 - Mosque architecture and scripture in the contemporary Muslim world.

ESR 8 - The commodification and displacement of waqf portable assets from the 18th c. onwards.

ESR 9 - Wartime photography and portraiture in Khomeini’s and post-Khomeini Iran.

ESR 10 - Constructing and deconstructing Islamic authority and knowledge online and offline : competing Muslim discourses in the Moroccan diaspora in Europe, in particular the Netherlands, Belgium and Germany.

ESR 11 - From pulpit to Facebook : the digitisation of religious communication, authority and knowledge production.

ESR 12 - Networks of transmission of Islamic knowledge and mobility patterns of scholars in the pre-modern world.

ESR 13 - Mecca between photography, phonography and motion picture in the colonial period.

ESR 14 - Reactions of the European public after the rise of terrorist attacks perpetrated by Islamists since 2015 : assessing the role of the digital media.

ESR 15 - Loss, memory and mobilisation : al-Andalus on the Internet.

Successful applicants cannot have resided in the country of PhD matriculation or of recruitment institution for more than 12 months in the 3 years immediately preceding the engagement date. The positions may be equivalent to a PhD position and are not restricted to EU citizens. Refugee status under the Geneva Convention are NOT counted ’as period of residence / activity in the country of the enrolment University or Employer. The gross monthly salary will be more than € 2,000 gross per month (depending on the University or Employer and on local tax regulation). Each applicant may apply for up to 3 individual projects.

For any information, please contact info itn-mida.org

Download the file of the position(s) you are interested in : https://www.itn-mida.org/callforposition

Application forms are available on : https://www.itn-mida.org/applicationform

The successful PhD candidates will participate in the network’s advanced training activities and work in academic and non-academic partner organisations’ premises. Regular meetings and workshops within the EU-funded MIDA Innovative Training Network will supplement the training and support provided at the host organizations.

Practical training (secondments) will be complemented by a personal career development programme that will prepare the ESRs for their future careers.

The closing date for this position will be 1st of June 2019.

Interviews will take place in the University of enrolment or at employer premises (or via Skype/Zoom) in June 2019. The final decision for each project will be made by the MIDA consortium and communicated to the remaining candidates on 8th July 2019. The starting date of the ESR will be 1st September 2019 or as soon as possible thereafter.

- Bourse de recherche – Universidad de Jaén

Convocatoria de un contrato Joven Personal Investigador (Sistema de Garantía Juvenil), en el Grupo de Investigación HUM761 “Sociedades Árabes, Islámicas y Cristianas” en la Universidad de Jaén.
Titulación requerida : Estudios Árabes e Islámicos, Filología Árabe o equivalentes.
Duración : 9 meses
Coste del contrato : equivalente anual = 31.335,11 €
Plazo de solicitud : 14’00 horas del día 10 de abril de 2019
Convocatoria y formulario de solicitud en el siguiente enlace : https://bit.ly/2Uz0NJb
https://www.ujaen.es/servicios/servinv/convocatoria-2a-fase-garantia-juvenil-personal-joven-investigador-resultas-ii

ATELIERS DOCTORAUX, ÉCOLES D’ÉTÉ ET PRIX DE THÈSE

- École d’été "Le livre médiéval au regard des méthodes quantitatives" (24-28 juin 2019)

Cette école d’été propose une formation à l’étude du livre médiéval, manuscrit ou imprimé, à travers l’utilisation de méthodes statistiques et informatiques. Elle est organisée par le Lamop, l’IRHT, l’École nationale des chartes et le Laboratoire Dynamique patrimoniales et culturelles, avec le soutien du Labex Hastec, et la collaboration de la Bibliothèque de la Sorbonne.

Direction : Christiné Bénévent, François Foronda, Catherine Kikuchi et Dominique Stutzmann

Coordination scientifique et pédagogique : Émilie Cottereau-Gabillet, Octave Julien et Laura Albiero

Cette école d’été s’adresse en priorité aux chercheurs en formation (mastérants, doctorants et post-doctorants). Des bourses sont prévues afin de financer les frais de transport et de logement. Accueil limité à 25 inscrits
Clôture des inscriptions : le 29 mars 2019 / Sélection des dossiers : le 2 avril 2019
Programme et descriptif des ateliers ici.
Inscription en ligne ici.

- Semaines d’études médiévales du CESCM (Poitiers, 17-28 juin 2019)

Depuis 1954, le CESCM organise une session annuelle internationale francophone de formation, qui regroupe une cinquantaine d’étudiants, doctorants et jeunes chercheurs, français et étrangers. Les conférences, les séances de travail autour des ressources documentaires, les excursions et visites au programme des stagiaires sont proposées par des spécialistes du Moyen Âge venus du monde entier.

Cette manifestation interdisciplinaire a contribué à construire et à renforcer, depuis une soixantaine d’années, un solide réseau national et international dans le domaine de l’étude du Moyen Âge.

Elle aura lieu cette année du 17 au 28 juin 2019.
Date limite de candidature : 30 mars 2019.

Programme détaillé, formulaire de candidature et autres modalités pratiques) ici.

- Atelier doctoral "Les imaginaires dans les villes du monde méditerranéen (XIIe-XVe siècle)" – San Gimignano (Sienne), 17-21 juin 2019

Cet atelier de formation doctorale s’inscrit dans le prolongement direct de la Scuola di alti studi dottorali qui, de 2004 à 2016, a constitué un lieu de formation de pointe pour les jeunes chercheurs consacrant leurs recherches à l’étude de la culture locale. Promu par le Centro di Studi sulla civiltà comunale de la Deputazione di Storia Patria per la Toscana, l’école s’est signalée comme l’une des « écoles d’été » les plus qualifiées au niveau international : sur plus de 200 participants, plus de 40 provenaient d’universités non- italiennes.

Depuis 2017, les Ateliers internationaux de formation doctorale sont organisés par le Centro di Studi sulla civiltà comunale de la Deputazione di Storia Patria per la Toscana en collaboration avec le doctorat en histoire (Dottorato di ricerca in Studi storici) des universités de Florence et de Sienne et l’Université Paris- Sorbonne (Centre Roland Mousnier et Labex EHNE). Ils se déroulent à San Gimignano avec le soutien de l’administration municipale locale. Le Comité scientifique est composé d’Élisabeth Crouzet-Pavan (Université Paris-Sorbonne), Jean-Claude Maire Vigueur (Università di Roma Tre), Giuliano Pinto (Deputazione di Storia Patria per la Toscana) et Andrea Zorzi (Università di Firenze).

L’objectif des ateliers est l’étude des sociétés urbaines du Moyen Âge, en mettant l’accent sur les systèmes politiques et les différentes manifestations de l’imaginaire urbain et en portant le regard sur toutes les villes du bassin méditerranéen – celles de l’Occident chrétien, celles de la zone d’influence byzantine et celles des régions sous domination islamique. Les ateliers offrent un environnement stimulant pour les échanges intellectuels entre spécialistes établis et jeunes chercheurs en formation, pour favoriser, à travers des moments de discussion et d’échange, le renouvellement de la recherche et l’élargissement des perspectives comparatives.

Les ateliers, multidisciplinaires, prévoient des leçons sur des questions interprétatives vastes dispensées par des professeurs spécialisés et des séminaires organisés par les participants sur leurs sujets de recherche. Les enseignants du deuxième Atelier – consacré aux imaginaires dans les villes du monde méditerranéen - seront les professeurs Elisabeth Crouzet-Pavan (Université Paris-Sorbonne), Mario Gallina (Università di Torino), Julien Loiseau (Aix-Marseille Université), Jean-Claude Maire Vigueur (Università di Roma Tre), Giuliano Pinto (Deputazione di Storia patria per la Toscana), Flocel Sabaté (Universitat de Lleida), Alessandro Savorelli (Scuola Normale Superiore, Pisa) et Andrea Zorzi (Università di Firenze).

Les participants doivent être des étudiants doctorants, boursiers de recherche et boursiers post- universitaires dans les disciplines historiques et de « médiévistique » de toutes les universités italiennes et étrangères et de toute nationalité.

La participation à l’atelier est réservée à 14 (quatorze) jeunes chercheurs, choisis à la discrétion du Comité scientifique sur la base d’une évaluation des diplômes et des programmes présentés. Les participants en surnombre ne sont pas autorisés.

Les ateliers ont un caractère résidentiel. Les personnes admises sont tenues d’assister assidûment à toutes les réunions et de conduire durant l’atelier un séminaire sur leurs recherches, selon le programme qui sera rendu officiel au début de l’atelier. Au terme de celui-ci, un certificat de participation sera remis aux participants. Nous nous réservons le droit de refuser un certificat à ceux qui, sans justification, n’auront pas suivi les cours avec assiduité.

L’hospitalité complète est offerte aux candidats retenus, à l’exclusion des frais de déplacement.

Les candidats doivent soumettre :
- une demande d’admission avec les coordonnées du candidat, l’indication de son niveau d’études et de son statut général et professionnel actuel, une adresse postale, un numéro de téléphone et un courrier électronique, en utilisant le formulaire disponible sur l’URL suivante : https://drive.google.com/open?id=1I0TPd-Ca0_2B1yI_UEArF_23K7vP1Cd- ;
- une brève description du projet de recherche en cours (en utilisant le formulaire disponible sur l’URL indiquée supra) ;
- un curriculum vitae de deux pages maximum présentant les études suivies et les activités scientifiques ;
- éventuellement, la copie des publications.

On ne prendra pas en compte les demandes omettant de fournir une description du projet de recherche ou dépourvue du formulaire de candidature.

Les demandes doivent être adressées sur la boîte cescc.2011 gmail.com, avec les documents requis en pièces jointes, au plus tard le 15 avril 2019. Les candidats admis à l’atelier seront informés par courrier électronique avant le 5 mai 2019.

- 8e école d’été d’histoire économique (Moyen Âge et époque moderne) – Suse (Piémont, Italie), 26-28 août 2019

La 8e école d’été d’histoire économique se réunira à Suse (Piémont, Italie) les 26, 27 et 28 août 2019. La thématique retenue cette année – « Entreprendre dans les économies médiévales et modernes : innover, risquer, organiser » – insistera sur la liaison entre les innovations techniques et l’action économique. Entreprendre signifie en effet agir sur le réel, et, à cette fin, implique de mobiliser des compétences, des savoirs, des techniques et de les mettre à la preuve de la vie économique. Cette thématique permettra de poursuivre et d’approfondir celles qui ont été développées les années précédentes (la valeur des choses, la pauvreté, les biens communs, les moyens de paiement, la qualité, l’organisation du travail, les écritures de l’économie).

L’école d’été d’histoire économique rassemblera des chercheurs, des enseignants-chercheurs, des chercheurs postdoctoraux, et des doctorants de toutes nationalités. Les institutions partenaires sont l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès, l’EPHE, les Archives Nationales et le CNRS. Les laboratoires impliqués sont les suivants : LAMOP (UMR 8589, Paris 1/CNRS), FRAMESPA (UMR 5136, Toulouse 2/CNRS), SAPRAT (EA 4116 EPHE), IDHES (UMR 8533 Paris 1/CNRS). La manifestation reçoit également l’appui financier du LabEx HASTEC (Histoire et Anthropologie des Savoirs, des Techniques et des Croyances) et se déroule sous le patronage de l’Association Française d’Histoire économique (AFHé).

Des places sont disponibles pour des doctorants/postdoctorants. L’organisation prendra en charge l’essentiel de leurs frais de déplacement et l’intégralité de leurs frais de séjour à Suse. Les dossiers doivent être envoyés avant le 10 mai 2019 à emmanuel.huertas univ-tlse2.fr.

Le programme et le projet scientifique sont disponibles ici.

- Voyage d’études de l’Institut historique allemand (2019) : Munich pour les médiévistes (25-29 août 2019)

L’Institut historique allemand (IHA) offre aux étudiants et doctorants français, en 2019, une excursion à Munich dont le thème sera : "Aperçu de la recherche allemande en histoire médiévale" du 25 au 29 août 2019 à Munich.

Le voyage d’études offre, à des étudiants et doctorants allemands et français en histoire du Moyen Âge disposant des connaissances de base de l’autre langue, l’occasion de se familiariser avec la pratique de la recherche et du paysage scientifique en Allemagne. Les visites des Monumenta Germaniae Historica, de la Bayerische Staatsbibliothek, du Bayerisches Hauptstaatsarchiv, de la Ludwig-Maximilians-Universität, du Historisches Kolleg ainsi que du Zentralinstitut für Kunstgeschichte, sont prévues.

Une attestation d’assiduité sera délivrée à chaque participant en vue d’une éventuelle validation de ce voyage d’études dans le cadre de sa formation (attribution possible de crédits ECTS). Les frais de participation à cette excursion s’élèvent à 50,00 EUR par personne. Le voyage en train (2e classe, 150,- € max.) ou en avion (classe la plus avantageuse, 250,- € max.) et l’hébergement seront pris en charge par l’IHA.

Si vous souhaitez participer à cette excursion, merci de nous envoyer une lettre de motivation accompagnée de votre curriculum vitae. Veuillez adresser votre dossier de candidature en indiquant la référence »Munich pour les médiévistes« avant le 1er juin 2019 par mail à M. Rolf Große.

- Prix de thèse 2019 de la Société Française d’Histoire Urbaine

La Société Française d’Histoire Urbaine (SFHU) ouvre, pour sa 9e session, un concours de thèses qui s’adresse aux jeunes docteur.es en histoire urbaine, ayant soutenu leur thèse durant l’année civile 2018. Par cette initiative, dotée d’un prix de 2000 euros, la SFHU vise à encourager de jeunes chercheurs.ses et à favoriser la plus large diffusion possible de leurs travaux (voir les archives du prix de thèse sur le site : http://sfhu.hypotheses.org/la-sfhu/prix-de-these-sfhu).

Sont recevables toutes les thèses qui abordent le fait urbain dans son historicité, quels que soient la période, l’espace et la discipline académique (histoire, droit, urbanisme, architecture, histoire de l’art…) concernés.

Le calendrier (date limite des candidatures : 3 juin 2019 minuit CET) et les modalités de candidature sont en ligne.

- Prix de thèse "Valois" jeunes chercheur-e-s

Le ministère de la Culture lance cette année sa deuxième édition du prix de thèse « Valois » Jeunes chercheuses et chercheurs. Créé en 2017, il distingue les thèses de doctorat pour leur qualité, leur originalité et leur apport essentiel aux politiques culturelles du ministère de la Culture.

Il a pour objectif d’encourager les chercheurs dans leurs travaux portant sur tous les champs des politiques culturelles et des institutions qui les mènent. Quels que soient les disciplines et les champs culturels : patrimoines, création, médias et industries culturelles, langues de France, les recherches porteront plus largement sur tous les aspects de ces politiques publiques : institutions, professions, socio-économie de la culture, etc. et éclaireront les politiques ministérielles sur le temps long.

Ce prix, placé sous l’égide du Comité d’histoire du ministère de la Culture, récompensera trois thèses portant sur les politiques culturelles ainsi définies.

Le prix de thèse « Valois » est une aide à la publication de la thèse de doctorat. Le montant qui sera attribué à chaque thèse primée s’élève à 8 000 euros.

Les thèses doivent être rédigées en français. Elles doivent avoir été soutenues entre le 1er juillet 2017 et le 31 mars 2019. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 3 juin 2019.

Vous trouverez en fichier attaché les conditions pour candidater et la fiche de candidature, ainsi que le règlement et la composition du jury. L’ensemble de ces documents est également accessible ici.

PARUTIONS

- Bartole de Sassoferrato, Traités. Sur les guelfes et les gibelins, Sur le gouvernement de la cité, Sur le tyran, textes introduits, traduits et commentés par Sylvain Parent, Paris, Les Belles Lettres, Collection "La Roue à Livres", 2019. (https://www.lesbelleslettres.com/livre/3926-traites)

- Maïté Billoré et Gilles Lecuppre dir., Martyrs politiques (Xe-XVIe siècle). Du sacrifice à la récupération partisane, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2019. (http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4790)

- Cultures fiscales en Occident du Xe au XVIIe siècle. Études offertes à Denis Menjot, dir. F. Garnier, A. Jamme, A. Lemonde, P. Verdés Pijuan (Etudes médiévales ibériques vol 17), PUM, 2019 (http://pum.univ-tlse2.fr/ Cultures-fiscals-n-Occidnt-du-Xe .html)

- Sylvain Destephen, Josiane Barbier et François Chausson (dir.), Le gouvernement en déplacement. Pouvoir et mobilité de l’Antiquité à nos jours, Rennes, PUR, 2019.

- Fasti Ecclesiae Gallicanae. Répertoire prosopographique des évêques, dignitaires et chanoines de France de 1200 à 1500. Tome XVIII. Diocèse du Mans, dirigé par Jean-Michel Matz, Turnhout, Brepols (FEG, 18), 2018. (http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503581552-1)

- Jean-Claude Hocquet, Le sel. De l’esclavage à la mondialisation, Paris, CNRS Editions, 2019. (http://www.cnrseditions.fr/histoire/7713-le-sel.html)

- Sophie Liegard, Le prieuré Notre-Dame de Montluçon. Archéologie d’un site millénaire, Revue d’Auvergne, 2017/4-2018/1.

- Laurent Macé, La majesté et la croix. Les sceaux de la maison des comtes de Toulouse (XIIe-XIIIe siècle), Toulouse, Presses Universitaires du Midi (coll. Tempus, 61). (http://w3.pum.univ-tlse2.fr)

- Marco Polo, Le devisement du monde, édition et traduction par Joël Blanchard, Michel Quereuil, avec la collaboration de Thomas Tanase, Genève, Droz, 2018. (https://www.droz.org/eur/fr/6929-9782600059008.html)

- Mémoire des princes angevins, numéro de la revue Études angevines, 11 (2018) (http://memoire-princes-angevins.fr)

- Lise Saussus (dir.), avec la collaboration de Nicolas Thomas, Marisa Pirson et Benjamin Jagou, Travailler le cuivre à Douai au XIIIe siècle. Histoire et archéologie d’un atelier de proximité, Douai / Louvain-la-Neuve, Collection Archaeologia Duacensis, 31 - Collection d’archéologie Joseph Mertens, XVII, 2019. (Résumé, sommaire et bon de commande joints à cette lettre).

- Bénédicte Sère (dir.), Les régimes de polémicité au Moyen Âge, Rennes, PUR, 2019. (http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4804)

RENCONTRES SCIENTIFIQUES

Nous rappelons aux collègues qui souhaitent faire part de la tenue d’un colloque de nous en avertir au moins deux mois avant la rencontre. Nous vous demandons également de privilégier systématiquement l’envoi de document en format Word ou Open Office et non le format PDF.

- L’Humanisme au pouvoir ? Figures de chanceliers dans l’Europe de la Renaissance (XVe-XVIe siècle)

Date : 28 février-2 mars
Lieu : Villa Finaly (Chancellerie des Universités de Paris), Via Bolognese, 134 R, Florence
Organisation : Denis Crouzet (Sorbonne Université), Elisabeth Crouzet-Pavan (Sorbonne Université), Loris Petris (Université de Neuchâtel) et Clémence Revest (CNRS). Avec le soutien de l’axe 3 (Humanisme européen) du Labex EHNE, du Centre Roland Mousnier (UMR 8596) et de l’Université de Neuchâtel.
Programme ici.

- La réforme grégorienne, une « révolution totale » ? État comparatif de la recherche dans les espaces francophones et germanophones

Date : 28-29 mars 2019
Lieu : MSH Lyon Saint-Étienne, salle Marc Bloch (14 av. Berthelot, 69007 Lyon)
Organisation : Tristan Martine (Université Jean Moulin Lyon 3, CIHAM-UMR 5648) et Jérémy Winandy (Universität Hamburg), avec le soutien du CIERA (dans le cadre du programme des colloques juniors), du CIHAM (UMR 5648), de l’Université Jean Moulin Lyon 3 et de l’Institut Franco-Allemand de Sciences Historiques et Sociales (IFRA-SHS).
Argumentaire et programme ici.

- L’itinérance de la cour de France (Moyen Âge-XIXe siècle)

Date : 4 et 5 avril 2019
Lieu : Auditorium du Petit Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris
Organisation : Boris Bove, Alain Salamagne, Caroline zum Kolk – Colloque organisé par Cour de France.fr (CdF), l’université Paris 8 et le Centre d’études supérieures de la Renaissance Tours (CESR)
Programme complet ici.

- Jeux de tir & milices bourgeoises sous l’Ancien Régime

Date : 24 avril
Lieu : Crépy-en-Valois
Organisation : Thomas Fressin et Jean-Dominique Delle Luche
Programme complet ici.

- L’hérésie à l’époque "grégorienne" (Xe-XIIe siècle)

Date : 9-10 mai 2019
Lieu : Université Rennes 2, Salle N 104
Organisation : Isabelle Rosé (Université Rennes 2-Tempora) et GIS HéPoS
Programme complet en pièce jointe.

APPEL À COMMUNICATION/CONTRIBUTION

- L’eugénisme en question : Généalogie, transmission et savoirs de l’hérédité du Moyen Âge à nos jours

Date : 2 et 3 avril 2020
Lieu : Metz
Organisation : Université de Lorraine et l’Équipe d’Accueil (n° 3945) bi-site (Metz-Nancy).
Comité scientifique :
Luc Berlivet (CNRS/EHESS, CERMES3)
Jean-Christophe Blanchard (UL-Nancy, CRULH)
Jean-Hugues Déchaux (Lyon II, Centre Max Weber)
Claude Olivier Doron (Paris VII, RHESEIS)
Laurent Hablot (Paris, EPHE)
Charles de Miramon (EHESS, CRH)
Diego Venturino (UL-Metz, CRULH)
Jérôme Viret (UL-Metz, CRULH)

Résumé :
Au moment où l’on s’interroge sur la filiation et le devenir de la famille « traditionnelle » au moment où se présente la possibilité d’agir sur le génome, tandis que se manifeste un regain d’intérêt pour le concept même d’hérédité, nous aimerions poser une question. Quand et pourquoi s’est-on mis à croire à l’hérédité des dispositions physiques et morales ? A-t-on réellement cherché à en accroitre, au moins à en préserver la valeur, et dans quelle intention ? Comment ce « patrimoine » corporel et spirituel a-t-il été pensé, préservé, peut-être « augmenté » ? A quels imaginaires de la parenté, à quels fantasmes renvoient en définitive les généalogies d’hier, l’ingénierie génétique d’aujourd’hui ? Peut-on, à rebours des évidences - le primat toujours plus affirmé de l’individu - constater certaines continuités entre hier et aujourd’hui ?
Ce colloque, ouvert aux sociologues, historiens, philosophes des sciences, anthropologues et juristes, se fixe pour objectif de faire se rapprocher objets, questionnements et méthodes.

Argumentaire :
La procréation et la filiation, longtemps inscrites dans un plan divin, sont devenues à l’époque contemporaine choses altérables et accessibles à nos volontés. Le droit à l’avortement, le perfectionnement des techniques d’aide à la procréation, les interventions sur le génome, témoignent aujourd’hui d’une quête de puissance individuelle sans précédent, offerte au plus grand nombre. Le fait, en réalité, n’est pas aussi neuf qu’on le croirait. Les hommes des époques médiévales et modernes étaient soucieux de leur réputation, attentifs à leur origine et préoccupés à l’idée d’une altération de la « race », au sens aristocratique du terme. Cette inquiétude, qui tenait à une certaine conception de l’hérédité des qualités, présentait en comparaison d’aujourd’hui, trois grandes différences. Elle ne concernait que les élites, s’inscrivait dans une temporalité longue (séculaire et cyclique), subordonnait enfin, jusqu’à un certain point, l’individu au groupe familial.
Les conceptions de la famille présentent aussi des éléments de continuité. La force des liens du sang n’empêchait pas que se manifeste des préférences et une sorte de parenté élective, contractuelle, au- dedans de la famille. En sens contraire, le besoin ressenti par certains de stabiliser la filiation, les espoirs et les craintes suscitées par l’ingénierie génétique, d’autre facteurs encore travaillent aujourd’hui en faveur d’un certain « recentrage biologique ». De cela, le droit en particulier porte témoignage. Les choses sont donc moins tranchées, moins opposées qu’on ne le suppose, en particulier lorsqu’on les examine sous l’angle des imaginaires de la parenté et du corps, de l’attrait pour la permanence ou la ressemblance.
L’importance toute particulière de l’alliance, et non point seulement de la filiation, ressort clairement des travaux consacrés aux généalogies. Armoiries, titres et généalogies, étaient trois éclatantes manifestations d’un orgueil des origines largement cultivé par les élites, puisant leurs ressources des deux côtés maternel et paternel. Le relèvement du nom et des armes des familles aristocratiques tombées en quenouille permettait de sauver la « race » en préservant une continuité onomastique et patrimoniale. A la possible mais difficile préservation du nom et des qualités, parait répondre aujourd’hui un eugénisme libéral, selon la formulation de Nicholas Agar, assumé, optimiste et conquérant. Les héritiers, otages du passé et du sang, auraient ainsi cédé la place à des individus débarrassés du carcan de la tradition, maîtres de leur patrimoine génétique ?
C’est à un examen des dispositifs et pratiques « amélioratrices », des imaginaires de la reproduction et de la parenté, du sang et des gènes, que ce colloque invite. Les propositions s’articuleront autour de trois grands axes :
Les croyances et les savoirs : Les effets conjugués de la nature, du mode de vie et du temps dans les discours relatifs à l’hérédité des dispositions et aptitudes corporelles et morales ; l’impact des imaginaires biologiques et des représentations de la parenté sur les expressions symboliques de l’organisation sociale ainsi que sur le droit (hérédité au sens patrimonial, filiation, droit aux origines)
Les mobiles : La légitimation des statuts et des fonctions, la renommée, l’ordonnancement « naturel » de la société, les finalités thérapeutiques, de prévention sanitaire (réformateurs sociaux, médecins, eugénistes), la recherche du ‘meilleur’ équipement génétique pour l’enfant, les finalités commerciales enfin (biotechnologies et bioéconomie, sociétés de conseil en génomique) du double point de vue de l’offre et de la demande.
Les pratiques ‘amélioratrices’ ou simplement ‘préservatrices’ et leurs effets : choix du conjoint (hantise de la mésalliance, consanguinité), sélection anténatale, rejet des bâtards, ingénierie génétique, élaboration d’un langage et d’une symbolique de la permanence des qualités et du nom (armes, titres, sang, noms, généalogies), complexification et redéfinition de la parenté.

Conditions de soumission :
La proposition d’intervention doit être composée d’un seul fichier word comportant les éléments suivants :
Nom, prénom, coordonnées, statuts et affiliations institutionnelles
Le titre de la proposition
Une proposition de 3000 signes maximum avec une bibliographie indicative
Elle sera adressée à jerome.viret univ-lorraine.fr et jean-christophe.blanchard univ-lorraine.fr
Date limite de soumission des propositions : au plus tard le 21 avril 2019 inclus. Résultats des sélections par le comité : mi-mai 2019

Les frais de transport et d’hébergement des intervenants, ainsi que les déjeuners, seront pris en charge par l’Université d’accueil. Les contributeurs susceptibles de pouvoir faire participer leur laboratoire aux frais de déplacement y sont cordialement invités.

Pour toute information complémentaire, s’adresser à Jérôme Viret et Jean-Christophe Blanchard.

- Accepter, oublier ou valoriser les fortifications des villes du Nord-Ouest de l’Europe depuis le Moyen Âge

Date : 18 octobre 2019
Lieu : IRHiS, Université de Lille (site du Pont-de-Bois)
Organisateurs :
Catherine Denys, professeur des universités en histoire moderne (Université de Lille)
Philippe Diest, enseignant-chercheur en histoire contemporaine (Institut Catholique de Lille)

Argumentaire :
Les fortifications et les citadelles font sans conteste partie du paysage et du tissu urbains de l’Europe du Nord-Ouest. Imposées par une géographie défavorable à la défense en l’absence de grands massifs montagneux ou forestiers, ces enceintes n’ont cessé d’évoluer depuis le Moyen Âge avec les progrès de l’artillerie et de la poliorcétique. Le mur médiéval a progressivement fait place, sans systématiquement disparaître, à la fortification bastionnée de l’époque moderne pour aboutir à une ruralisation des défenses avec la construction de forts détachés. Parce qu’elles ont été érigées par les pouvoirs locaux pour protéger leurs biens ou par les États souverains pour renforcer leurs possessions territoriales, ces architectures défensives sont perçues différemment en fonction des enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels qui peuvent s’y rattacher. Symboles de l’autonomie municipale ou de l’oppression étrangère, entraves imposées aux autorités civiles par les militaires, réserves foncières dans un espace saturé, les fortifications ont été vécues avec équivoque entre l’obstacle, la contrainte ou l’opportunité. Au XIXe siècle débute leur lent déclin, aboutissant à leur progressif déclassement et ouvrant la voie à un démantèlement ou une éventuelle conservation…
Les propositions sont à renvoyer avant le 23 avril 2019.
Informations et modalités consultables ici.

- Colloque international "Les confraternités régulières, d’hier à aujourd’hui"

Date : 19-20 novembre 2020
Lieu : Université de Rennes
Organisation : Marie-Madeleine de Cevins (Université Rennes 2, Tempora) et Caroline Galland (Université Paris-Nanterre, CHISCO)

Argumentaire :
Nées à l’époque carolingienne, largement développées autour de Cluny, des ordres militaro-hospitaliers puis des Mendiants à la fin du Moyen Âge, les confraternités ont ensuite été reléguées à l’arrière-plan et se trouvent aujourd’hui menacées d’extinction. Ces associations invisibles composées des individus ou des groupes d’individus bénéficiant par privilège spécial des mérites d’une communauté de clercs (séculiers ou réguliers) habilités à partager leurs bienfaits, occupent un angle mort de la recherche. Négligées par les historiens, sociologues et anthropologues du fait religieux, les confraternités se confondent facilement sous leur plume avec les confréries, les fraternités des tiers-ordres, ou encore avec les unions de prière, dont elles partagent au demeurant certains traits. Il est vrai que la terminologie fluctuante qui les désigne dans les sources favorise les amalgames : à côté des mots « confraternité » (confraternitas) et « fraternité » (fraternitas), qui mettent l’accent sur la famille spirituelle ainsi créée mais s’appliquent simultanément à d’autres associations pieuses, telles les confréries, on y parle de participation aux mérites (ou suffrages) ou encore d’affiliation spirituelle.
L’objet du colloque est d’aider à sortir de l’ombre cet objet religieux mal identifié, en mobilisant des historiens (médiévistes, modernistes et contemporanéistes) et des historiens du droit. Afin de mieux en saisir la genèse, la formalisation et l’épanouissement maximal, le propos portera en priorité sur les confraternités formées autour des ordres religieux, plutôt qu’à partir de communautés séculières. On les observera du haut Moyen Âge jusqu’au temps présent, principalement sur le vieux continent, sous différents aspects :
1/ Les aspects doctrinaux
Quelle définition théologique les maîtres à penser de l’Église catholique ont-ils donné de la confraternité ? Celle-ci a-t-elle vraiment trouvé sa place dans la théologie du salut ? Si oui, n’est-ce pas après-coup, pour canaliser des pratiques spontanées ? À quels écueils et critiques la confraternité a-t-elle été confrontée ? Les réponses apportées par ses défenseurs ont-elles permis de les surmonter ? On pourra s’appuyer sur les exposés des théologiens – qu’ils aient été les partisans ou les détracteurs de la formule –, de même que sur les sermons et les écrits universitaires
2/ Les aspects normatifs
Comment expliquer l’absence, ou presque, de la confraternité (jusqu’à plus ample informé) dans le droit canon médiéval ? Quelle est sa place dans les textes de référence ultérieurs ? Elle se dérobe manifestement à toute catégorisation juridique. Est-ce à dire que les autorités de l’Église ont renoncé à la réglementer ? Quelles conditions, quelles restrictions ont été posées à son application et à son effectivité ?
La réponse à ces interrogations se trouve dans les décrets, décrétales et autres décisions pontificales ou conciliaires entrées ou non dans le Corpus (puis Codex) Iuris Canonici, ainsi que dans les constitutions générales des ordres religieux, les statuts propres à chaque province ou établissement – qui révèlent aussi les inflexions de la pratique.
3/ Les pratiques
Quel a été le degré de diffusion de la confraternité, dans quels milieux de la société civile, dans quelles régions ou macro-régions, dans quels contextes et autour de quels ordres ou communautés religieuses en particulier ? Les confraternités régulières ont-elles été victimes au même degré que les indulgences de leur succès massif à la fin du Moyen Âge, suscitant in fine la réticence des dispensateurs et le désintérêt ou la suspicion des bénéficiaires ?
Même à l’apogée de leur succès, la faible place des confraternités dans les actes de piété – pour peu que l’on sorte du cercle des soutiens traditionnels des religieux – pose question. Tient-elle à leur nature hybride, trop proche d’autres formules (tiers-ordre, unions de prière, inscription dans le livre des morts), de leur fréquente combinaison à d’autres grâces qui les auraient finalement absorbées (les indulgences), ou bien – ce qui ramène au premier point – au fait qu’elles se sont trouvées en décalage avec l’évolution de la sotériologie chrétienne, surtout après l’essor de la via moderna ?
Pour le savoir, il faudrait dépouiller les registres, les certificats ou lettres de confraternité, mais également élargir les recherches aux testaments, aux actes de donation, à la correspondance privée, etc.

Les communications, d’une durée de trente minutes, seront présentées en français ou en anglais et elles feront l’objet d’une publication collective.
Les frais induits seront pris en charge par les organisateurs.
Contacts : marie-madeleine decevins.fr ; caroline.galland parisnanterre.fr

- Amiens, le rayonnement d’une cathédrale (800e centenaire de la cathédrale d’Amiens)

Date : 6-8 février 2020
Lieu : Université de Picardie Jules Verne
Organisation : Université de Picardie Jules Verne (avec les centres de recherche TRAME, CHSSC et CRAE), l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d’Amiens, la Société des Amis de la Cathédrale d’Amiens, la Société des Antiquaires de Picardie, ainsi que les Archives diocésaines d’Amiens.

Argumentaire :
À l’occasion du 800e centenaire de la cathédrale d’Amiens, plusieurs institutions se sont associées pour organiser un colloque historique qui se tiendra du 6 au 8 février 2020 : l’université de Picardie Jules Verne (avec les centres de recherche TRAME, CHSSC et CRAE), l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d’Amiens, la Société des Amis de la Cathédrale d’Amiens, la Société des Antiquaires de Picardie, ainsi que les Archives diocésaines d’Amiens.
Le rayonnement de la cathédrale sera envisagé à différentes échelles, locale, régionale, nationale et européenne, sous les angles spirituel, matériel et temporel, et sur une période allant du Moyen Âge jusqu’à nos jours. Depuis plus d’un siècle, des historiens, historiens de l’art, archéologues du bâti, archéomètres, anthropologues et plus récemment informaticiens ont investi la cathédrale d’Amiens dans la perspective d’ouvrir de nouveaux champs de prospections. Il s’agira d’en dresser un bilan, à travers le prisme du rayonnement et de la réception du monument.
Le premier axe concernera le rayonnement spirituel de l’édifice. Quelle place occupe-t-il dans la vie religieuse des Picards, et plus largement des pèlerins qui s’y rendent ? C’est aussi une histoire des dévotions dont l’édifice est le cadre qu’il convient de développer, entre cultes locaux et vénérations de reliques insignes (chef de saint Jean-Baptiste). Le rayonnement spirituel de la cathédrale se traduit aussi par les cérémonies, les pèlerinages et les rencontres qui s’y déroulent, et par les usages variés que le clergé et les fidèles en font au cours des siècles.
Un deuxième axe s’attachera à la dimension temporelle du rayonnement de la cathédrale. Elle est, depuis le IVe siècle pour l’évêque et le IXe siècle pour le chapitre, un centre liturgique, mais aussi, avec les éléments du quartier cathédral alentours, un centre de gouvernement temporel qui s’étend sur tout le diocèse d’Amiens dont elle tire ses revenus. Il conviendra donc de mettre mieux en évidence le gouvernement épiscopal et canonial, en particulier aux XIe-XVe siècles, dont l’architecture de la cathédrale gothique exprime la puissance. Les problématiques changent à partir de la Révolution française, avec la disparition des pouvoirs temporels séculaires de l’évêque et du chapitre, mais l’édifice suscite de nouveaux enjeux politiques et civiques, entre autres pour ses usages, sa mise en valeur touristique, sa conservation et sa gestion, qui constituent autant d’éléments de la réflexion.
Un troisième axe portera sur la réception formelle, matérielle et technique de la cathédrale d’Amiens, entendue sur le long terme. Quel est l’impact de la cathédrale sur le paysage architectural du XIIIe au XXIe siècle ? En quoi a-t-elle infléchi l’histoire du regard ? Quelle est sa place dans l’imaginaire des XIXe et XXe siècles et comment a-t-elle été appropriée par des expressions artistiques diverses ? Qu’en virent et retinrent les érudits du XIXe siècle et comment l’apprécièrent les historiens des XXe et XXIe siècles ? Cette question de la réception invite ainsi, par le biais de l’histoire culturelle, de l’historiographie et de l’épistémologie à évaluer la place de la cathédrale d’Amiens, c’est-à-dire à nous éclairer sur ceux qui la regardent, s’en inspirent ou la pensent.
Si la cathédrale d’Amiens est au cœur des approches de ce colloque, des comparaisons seront les bienvenues également, notamment avec des édifices analogues, de la France septentrionale et d’ailleurs, qui peuvent interagir avec elle, ainsi qu’avec la situation de leurs clergés.

Propositions à envoyer, pour le 30 avril 2019, à l’un des coordonnateurs suivants : Xavier Boniface, Pascal Montaubin, Marie-Domitille Porcheron.

- Colloque international « Nourrir, se nourrir : enjeux de pouvoir de l’Antiquité au Moyen Âge »

Date : 18-19 novembre 2019
Lieu : Université de Picardie Jules Verne
Comité d’organisation :
Maria Luisa BONSANGUE (MCF histoire romaine)
Michela COSTANZI (MCF histoire et archéologie grecques)
Marie-Laurence HAACK (PR histoire romaine)
Pascal MONTAUBIN (MCF histoire médiévale)
Philippe RACINET (PR histoire médiévale)
Guillaume SAINT-GUILLAIN (MCF histoire médiévale)
Clément SARRAZANAS (MCF histoire et archéologie grecques)
Anne TALLON (MCF histoire médiévale)

Argumentaire :
L’histoire de l’alimentation a été beaucoup explorée durant les vingt dernières années, selon des approches variées allant d’une très classique analyse économique au vaste champ de l’anthropologie historique. Les enjeux de pouvoir représentés par la maîtrise du ravitaillement ainsi que par la redistribution de la nourriture, voire ses usages symboliques, ne sont naturellement pas non plus un domaine vierge. Cependant, ces thématiques mériteraient peut-être de se voir accorder une place plus centrale que cela n’a été le cas jusqu’à présent, et c’est là l’ambition du colloque « Nourrir, se nourrir : enjeux de pouvoir de l’Antiquité au Moyen Âge », organisé à Amiens les 18 et 19 novembre 2019 : reprendre ces questions à nouveaux frais dans une perspective diachronique allant de la période archaïque à la fin du Moyen Âge.
Les contributions devront s’inscrire dans l’un des quatre axes suivants :
Axe 1
La façon de se nourrir comme mode de représentation et d’expression du pouvoir : l’usage de mets raffinés et d’une cuisine sophistiquée comme le développement d’un véritable art de la table, voire de rituels autour de celle-ci, sont à l’évidence l’un des modes de représentation symbolique du pouvoir et, par là même, d’expression de certains de ses référents idéologiques. Il s’agira donc ici de s’interroger sur la façon dont ce même pouvoir a su utiliser les différentes possibilités qui lui étaient offertes par ce biais dans des contextes aussi variés que celui de la cité grecque, de la Rome impériale ou des cours princières du XVe siècle, pour ne citer que quelques exemples.
Axe 2
Nourrir comme fonction essentielle du pouvoir : dans les sociétés anciennes comme aujourd’hui, l’une des sources fondamentales de la légitimité du pouvoir tient à sa capacité à assurer la survie et la prospérité de la communauté. Cela passe bien sûr par la sécurité de celle-ci, et donc par la fonction militaire ; mais également par la fonction nourricière. Et cela explique aussi bien la place des pratiques alimentaires dans la symbolique du pouvoir, évoquées précédemment, que celle de la redistribution dans son exercice. Il conviendra donc d’accorder une attention particulière à toutes les formes de l’évergésie dans le monde antique ou, dans le monde médiéval devenu chrétien, d’une fonction charitable éminemment associée à certains pouvoirs, ecclésiastiques mais également laïcs.
Axe 3
Le pouvoir comme gestionnaire du ravitaillement et de la redistribution : la fonction nourricière oblige évidemment le pouvoir à déployer de véritables stratégies économiques qui devront également être étudiées. Les contributions devront ici porter sur le type de produits dont le pouvoir se doit d’assurer la production, l’acheminement et la distribution dans les centres de consommation, mais également sur les métiers comme sur les techniques mis à contribution dans cette perspective.
Axe 4
La fonction nourricière comme ressort d’une structuration de l’espace par le pouvoir : des considérations précédentes découle également cette dernière interrogation sur l’articulation entre nécessités vivrières et modes de structuration de l’espace par les détenteurs du pouvoir. Les contributions pourront donc ici explorer la façon dont cette préoccupation constante du ravitaillement a pesé sur le mode de domination et de mise en valeur de l’espace environnant ou plus lointain par les élites sociales et politiques, depuis le temps des premières expériences coloniales dans le monde hellénique jusqu’à celui des grands défrichements bien souvent menés dans le cadre de la seigneurie au sein de la chrétienté médiévale.

Candidatures :
Les chercheurs qui souhaiteraient participer au colloque sont priés d’envoyer à l’adresse nourrir.senourrir gmail.com :
un court CV
un titre (même provisoire) de communication
un résumé de la communication compris entre 1500 et 2500 signes (espaces compris).
Les propositions de communication sont à envoyer avant le 30 avril 2019. Les résumés et les communications pourront être présentés dans l’une des trois langues suivantes : français, anglais ou italien.
Il ne sera malheureusement pas possible de dédommager les intervenants pour leur trajet, mais une prise en charge sera possible pour les nuits d’hôtel et les déjeuners. Une publication, sous la forme d’un ouvrage collectif, est prévue.
Informations ici.

- Historiographical Narrative, the Great Schism and the Hundred Years War (1337-1453) : Discourse, Religiosity and Reality

Date : 30-31 mai 2019
Lieu : Universidade Nova de Lisboa (Portugal)
Organisation :
Francisco José Díaz Marcilla (IEM-NOVA FCSH) – Institute for Medieval Studies of NOVA School of Social Sciences and Humanities of Universidade Nova de Lisboa
Comité scientifique :
César Olivera (Instituto de Historia-CSIC)
Covadonga Valdaliso (CH-UL)
Filipe Moreira (IF-UP)
Francisco José Díaz Marcilla (IEM-NOVA FCSH)
Godfried Croenen (University of Liverpool)
Hermínia Vilar (CIDEHUS-UÉ)
José Manuel Nieto Soria (Universidad Complutense de Madrid)
Óscar Villarroel (Universidad Complutense de Madrid)

Argumentaire :
The International Congress : “Historiographical Narrative, the Great Schism and the Hundred Years War (1337-1453) : Discourse, Religiosity and Reality”, to be held in Lisboa at NOVA School of Social Sciences and Humanities of Universidade Nova de Lisboa, during the 30th-31st May, 2019, is dedicated to the study of medieval chronicles as historical sources, both through analysis of their narrative content and by comparison with data contained in chancellery documentation (royal, ecclesiastical, nobiliary, and municipal) with particular focus on the geopolitical and social relationships in operation between various power groups during the period of the Great Schism and the Hundred Years War (1337-1453).
This Congress seeks to highlight the continuous dialogue between, on the one side, historiographical representation, and on the other, the reality as transmitted in official documents produced by the power groups who facilitated or influenced the processes of change or dynastic consolidation in different Peninsular and European kingdoms in the context of the Avignon papacy and the Franco/English war. These power groups may be divided into categories including : clergy, nobility, officialdom, bourgeoisie and people. Elements within these groups had differing objectives, but their methods for attaining them were often common, allowing for the creation of alliances and the formation of heterogeneous blocks.
Medieval chronicles are accounts of historical episodes characterised by the internationality of their production, and most of the time owe their content more to the patron of a particular work than to the predilections of the particular chronicler/author. From this point-of-view, study of the ways in which historical problematics are represented becomes highly relevant, especially when comparisons are made with evidence contained in non-literary sources. To this end it will be crucial to employ methods of investigation from different disciplinary areas including History, Philosophy, Anthropology, Sociology, Art History and even Psychology.
In the light of the above, this event aims to bring together international specialists – of varying academic levels – on the theme of the Congress, with special emphasis on three main aspects :
Discourse – Between two essentials : Medieval Historiography (including current scholarship) concerning the period of the Schism and the Hundred Years War ; and the philosophical-political basis of texts of legitimation or de-legitimation for each political interest group.
Religiosity – Formal and informal religiosity with special attention to the background imaginary of the period (mentalities and rituals) such as appear in the narrative and documental sources.
Reality – Purely socio-economical aspects as evidenced by the historiographical narrative in contraposition with documental sources.
Topics for proposed papers may include the following (NB, this is not an exclusive list) :
Coincidence of chronicles and documentation relating to a historical episode (a battle, a treaty, a marriage, a friendship etc.).
What concepts are used to legitimate a political position ?
What does modern-day historiography have to say about the role of Portugal, Castile, France…etc, or nobles, clerics, common people...etc., in the Schism or the Hundred Years War ?
What was the role of officialdom or clergy in a particular dynastic change ?
How did the Schism affect the lives of ordinary people in Castile, Portugal, England… etc.?
What rituals were most anthropologically relevant in religious ceremonies ?
The national and international scientific community is invited hereby to submit proposals for papers on any of the abovementioned themes or themes transversal thereto, by sending the Title and an Abstract of 250-300 words, by 1 May 2019, to the following email address : franciscomarcilla fcsh.unl.pt. Results will be communicated within the first week of May.
Languages spoken in the Congress will be Portuguese, Spanish, French, English and French.
Registration fee :
40€ (general, with paper)
25€ (PhD candidates with paper)
20€ (participants without paper)
10€ (students without paper)
Free for IEM members
A selection of papers – subject to blind peer review process – will be published in an indexed journal. For more information, please send your inquiries to the above-email address.

- Max Weber, la "domination féodale" et les médiévistes – 1re journée d’étude du programme de recherche "Domination : formes et modalités de la gouvernementalité médiévale"

Date : 8 novembre 2019
Lieu : Université d’Artois, Arras
Organisation : Antoine Destemberg, Laurence Leleu, Alain Provost, Marc Suttor (Université d’Artois, CREHS / EA 4027), avec le soutien du Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (Université Paris 1/CNRS – UMR 8589) et de l’Institut Franco-allemand des sciences historiques et sociales (IFRA-SHS / Francfort-sur-le-Main)
Contact : antoine.destemberg univ-artois.fr

Présentation du programme de recherche :
Les réflexions du sociologue allemand Max Weber (1864-1920) sur les ressorts de la domination (Herrschafftsbetrieb) ont animé de longue date les travaux des sociologues, politistes et historiens des pouvoirs. Toutefois, celles-ci ne furent longtemps diffusées que par le biais d’éditions posthumes incomplètes – Wirtschaft und Gesellschaft (cinq éditions entre 1921 et 1974) – et, auprès du lectorat français, de traductions partielles – Économie et société (1955) et Le savant et le politique (1959) –, livrant un état incomplet de l’architecture heuristique élaborée par Max Weber. Ce déficit a été récemment souligné et corrigé par la publication, suivi d’une traduction française sous l’égide d’Isabelle Kalinowski et Yves Sintomer, des manuscrits originaux consacrés à la domination (Max Weber, La domination, trad. et éd. I. Kalinowski et Y. Sintomer, Paris, La Découverte, 2013). Cette nouvelle édition vient notamment compléter la casuistique wébérienne des régimes de domination, en ajoutant aux côtés des formes bien connues de dominations « bureaucratique » (ou « légale-rationnelle »), « patrimoniale » et « charismatique », une « quatrième voie » baptisée par le sociologue « domination féodale ». Max Weber livre à travers elle une analyse des structures féodales – recourant parfois au comparatisme entre l’Occident et l’Orient – qu’il présente comme un « cas-limite », une forme hybride de domination au sein de laquelle les logiques propres aux trois régimes de domination précédemment évoqués s’entremêlent. Ce faisant, Max Weber fait de la société féodale un laboratoire, tout autant qu’une matrice, de la modernité politique et des logiques de domination qu’elle déploie, et invite à rendre à la période médiévale toute sa place dans l’explication de la « grande divergence » (Sonderweg) historique de l’Europe moderne. Interpelés au premier chef par cet état renouvelé de la sociologie politique wébérienne, les médiévistes semblent pourtant ne pas s’être encore pleinement saisis des clefs interprétatives fournies par cette récente révision.
Face à ce constat, l’ambition du programme de recherche pluriannuel (2019-2024) « Domination : formes et modalités de la gouvernementalité médiévale », porté par les historiens médiévistes du CREHS (Centre de Recherche et d’Études – Histoire et Sociétés / EA 4027) de l’Université d’Artois, se propose d’observer les formes et les modalités de la construction du pouvoir au Moyen Âge, au prisme d’une relecture des observations théoriques de Max Weber, qui définissait l’État comme un « groupement de domination » (Herrschaftsverband). Il s’agira ainsi d’examiner les ressorts et l’articulation des modes de domination au Moyen Âge, autour de trois axes de réflexion suggérés par le sociologue : la « domination patrimoniale », les stratégies lignagères et les conflits territoriaux qui en résultent (M. Suttor, L. Leleu) ; la « domination charismatique » et les modalités de production d’une croyance politique (A. Destemberg, L. Leleu, A. Provost, M. Suttor) ; la « domination légale-rationnelle » et la formation des outils légaux et intellectuels de la domination (A. Destemberg, A. Provost). Ce programme s’inscrit ainsi dans une forme renouvelée de l’historiographie de la « gouvernementalité » dans les sociétés médiévales, attentive aux stratégies de régulation sociale, aux conflits, aux pratiques informelles de la domination, à l’énonciation de la norme, aux constructions sémantiques et aux logiques classificatoires du pouvoir. Interdisciplinaire et international, il a pour objectif de réunir historiens, sociologues, anthropologues, politistes, juristes, littéraires et historiens de l’art, autour d’une lecture commune des propositions de la sociologie politique wébérienne, mises à l’épreuve d’une pragmatique du pouvoir observable dans les sociétés médiévales. Faisant siennes les propositions de Michel Foucault invitant, par l’usage du terme « gouvernementalité », à observer les technologies du pouvoir prétendant à l’élaboration d’une forme de rationalité politique, le projet « Domination » se montre attentif aux stratégies de persuasion et à la performativité des constructions argumentatives du pouvoir.
Selon cette ambition, ce programme de recherche se conçoit comme un work in progress, et se déclinera en plusieurs journées d’études – à raison d’une par an en moyenne –, qui permettront d’élaborer une réflexion collective, interdisciplinaire et comparative et de constituer une synergie de chercheurs à l’échelle nationale et internationale. Organisée notamment en partenariat avec l’Institut Franco-allemand des sciences historiques et sociales (IFRA-SHS / Francfort-sur-le-Main) et le Laboratoire de Médiévistique Occidental de Paris (UMR 8589 / Université Paris 1 – CNRS), chacune de ces journées proposera d’examiner un aspect ou une modalité spécifiques de la domination dans les sociétés médiévales en réunissant les meilleurs spécialistes de ces questions.
Les résultats des travaux élaborés au cours de ces journées d’études donneront lieu à une double publication, selon des modalités différentes et complémentaires :

1. Dans un premier temps, il s’agira de rendre disponible de façon rapide et continue chacune des étapes de ces travaux, par la constitution d’un « Carnet de recherche » numérique, hébergé par la plateforme ouverte hypotheses.org. Un tel outil permettra à la fois de publier, selon un calendrier et un rythme propres et non déterminés par des contraintes éditoriales, les actes des journées d’étude – voire de rendre disponibles leurs captations audio ou vidéo – mais aussi d’alimenter de façon régulière l’actualité de ce champ de recherche par le signalement de travaux ou de publications en lien avec le thème de la domination au Moyen Âge.

2. Le second type de publication envisagé prendra la forme d’un ouvrage collectif, qui ne sera pas une simple collection d’actes, mais sera conçu comme une somme autant qu’une synthèse sur la domination médiévale. L’élaboration d’un tel ouvrage, plus exigeant dans sa conception et notamment dans son architecture générale, sera facilitée par la synergie créée par la Carnet de recherche numérique. Cet ouvrage constituant la conclusion éditoriale du programme, sa publication sera prévue après 2024.

Argumentaire :
Intitulée « Max Weber, la “domination féodale” et les médiévistes », cette première journée d’étude entend proposer une relecture, pluridisciplinaire, de l’œuvre de Max Weber consacrée à la Domination et plus particulièrement à son chapitre consacré à « la domination féodale » (p. 209-265). En présence de l’éditeur français du volume, Yves Sintomer – Professeur de science politique à l’Université de Paris 8 et chercheur au Centre de Recherches sociologiques et politiques de Paris (CNRS/Université de Paris 8 /Université de Paris-Nanterre) –, il sera question de revenir sur la genèse de la réflexion wébérienne sur le Moyen Âge, sur l’historiographie à partir de laquelle le sociologue dépeint les structures de la société médiévale et sur les propositions d’interprétation qu’il livre quant aux logiques de la domination féodale. On insistera, au-delà de l’usage que fait l’auteur de la notion de féodalité, sur les larges perspectives chronologiques qu’il embrasse, couvrant l’ensemble de la période des Ve XVe siècles, mais également sur la dimension comparative qu’il développe, n’hésitant pas à mettre en regard de l’expérience européenne, les expériences japonaises, chinoises ou indiennes, les expériences perses, turques et mamelouk, voire byzantines, africaines et polynésiennes.
Les communications proposées devront donc s’appliquer à entreprendre une telle relecture de l’œuvre de Max Weber, dans une approche épistémologique, historiographique ou par la mise à l’épreuve d’un aspect de l’analyse wébérienne en la confrontant à des données historiques, pour en vérifier ou non la validité. On sera en cela guidé par les orientations de la réflexion du sociologue qui présentait la féodalité comme une variation du régime de domination patrimonial : « La structure des relations féodales s’oppose au vaste domaine d’arbitraire et au manque consécutif de stabilité des positions de pouvoir qui caractérisent le pur régime patrimonial. La féodalité est un “cas-limite” de la structure patrimoniale, orienté vers la stéréotypisation et une stabilisation des relations entre seigneurs et vassaux. Le groupement domestique, avec son communisme domestique patriarcal, donne naissance, au stade du profit capitaliste bourgeois, à la sociétisation d’une “entreprise” fondée sur le contrat et le respect des droits individuels bien définis ; de la même façon, l’économie patrimoniale à grande échelle donne le jour, au stade du militarisme chevaleresque, aux relations de loyauté elles aussi fixées par contrat qui sont le propre de la relation de vassalité. Tout comme les relations purement matérielles dans le cadre capitaliste, le devoir personnel de loyauté est ici dissocié du contexte des relations générales de piété domestique et un cosmos de droits et de devoirs se développe sur cette base. […] La relation de loyauté féodale peut être analysée comme la quotidianisation d’une configuration non pas patrimoniale mais charismatique (la suite du maître) ; certains éléments spécifiques de cette relation s’expliquent par cette “origine” spécifique » (p. 209-210).
À partir de ce propos liminaire, Max Weber construit sa démonstration en deux étapes et autour de nombreux axes de réflexions dont on tirera profit :

1. La [hiérarchisation de la] société féodale

Max Weber observait d’abord l’organisation des relations féodales, le rôle des fiefs et des prébendes, leur capacité à produire une structure sociale hiérarchisée, un statut honorifique du vassal, et distinguait trois types de relations féodales : le féodalisme « liturgique », au sein duquel les dominés sont soumis « à certaines obligations spécifiques de défense » ; le féodalisme « patrimonial », structuré autour de la « seigneurie foncière », du « servage » et de la « gentilice » (entendue comme un groupe de clients héréditaires) ; le féodalisme « libre », qui peut être de la « suite » (en vertu de relations de loyauté purement personnelle, sans octroi de droits sur des seigneuries foncières), « prébendiaire » (sans relation de loyauté personnelle, mais seulement en vertu de l’octroi de seigneuries foncières et de droits fiscaux), du « fief » (relation de loyauté personnelle et fief combinés), ou enfin de « domination urbaine » (lorsqu’un groupement de guerriers se réunit en communauté politique). Il recourait également à la comparaison avec les « féodalismes orientaux », le système des daimyo japonais, les régimes militaires islamiques des Seldjoukides, des Mamelouks et des sipahis ottomans.
Max Weber observait également l’organisation des armées féodales et les principes du lien vassalique dans leur capacité à produire socialement une couche dominante. Il soulignait l’importance de la notion d’honneur : « La spécificité du système féodal pleinement développé est d’en appeler, non seulement aux devoirs de piété, mais aussi au sentiment de dignité de statut qui découle de l’honneur social spécifiquement élevé du vassal et détermine son comportement de manière décisive. Le sentiment d’honneur du guerrier et la loyauté du serviteur deviennent indissociables du sentiment de dignité et de distinction propre à une couche dominante et à ses conventions, dans lesquelles ils trouvent son ancrage intérieur et extérieur » (p. 221). Pour Max Weber, l’honneur produit un « statut social », il est un reflet de la « position de pouvoir ».
Enfin, le sociologue soulignait la « tendance à la bureaucratisation » de la société féodale contractuelle, reposant sur une « stéréotypisation » et une « économicisation » des relations sociales, soutenue par l’autorité grandissante du droit, d’une culture et d’une « éducation féodale ». Il en découlerait une évolution des principes hiérarchiques de l’organisation sociale et de répartition des prérogatives de domination, plaçant au cœur de son dispositif la notion de « compétences », aux dépens de celle d’« autorité ». On glisserait alors d’un modèle socio-politique du « groupement féodal » à celui d’« État des groupes de statuts », mue par un « agir communautaire », et dépassant le « stade de l’“administration occasionnelle” » pour développer une forme spécifique de domination reposant sur une administration politique centralisée aux mains d’une élite « compétente ». La culture et l’éducation, les savoirs spécialisés – telle la maîtrise technique de l’écriture et du calcul –, mais aussi l’art, en tant que vecteurs de la dynamique de rationalisation des rapports sociaux propres à la « société bureaucratique », constitueraient les critères de distinction de la nouvelle couche dominante, lui conférant « une aura ».

2. Les formes structurelles des dominations patrimoniale et féodale dans leur relation à l’économie

Dans un second temps Max Weber développe une réflexion consacrée aux conditions économiques générales de la « domination féodale » et leur lien historique avec la formation du capitalisme. Si Max Weber considère que les structures économiques de la société féodale ne permettent qu’une forme contrainte de capitalisme, il reconnaît qu’il existe une aspiration des élites économiques féodales à voir les formes arbitraires de la domination patrimoniale remplacée par une domination bureaucratique d’inspiration capitalistique, aux mains d’une « ploutocratie de notables ». Et le sociologue de souligner que la seigneurie foncière aurait fortement favorisé la rationalisation économique et l’économie d’échange. Max Weber voit ainsi dans le commerce le principal facteur historique de l’évolution du féodalisme vers un régime de « bureaucratie patrimoniale » : d’un régime de « patrimonialisme patriarcal » fondé sur l’« économie naturelle », le primat des besoins, l’échange de cadeaux alimentant le trésor, le monopole du métal précieux et de la frappe des monnaies, on glisserait vers un « patrimonialisme semi-bureaucratique », synonyme de stabilisation de l’économie propice à la libéralisation des échanges et à l’esprit capitaliste, au sein duquel la « source de l’accumulation de fortune […] ne réside pas dans les échanges, mais dans l’exploitation des ressources fiscales des sujets » (p. 244). En cela, la domination féodale exercerait un effet « sur la répartition des fortunes individuelles », brisant le monopole économique de l’« État patrimonial » au profit d’un « fonctionnariat patrimonial », constituant une couche dominante élargie.
Le sociologue achève alors son analyse en soulignant que « l’influence exercée par la structure de domination à travers l’état d’esprit auquel elle donne le jour entraîne des répercussions plus importantes sur l’habitus général des peuples que la création des moyens techniques d’échange » (p. 259). Il développe ainsi une analyse comparée de cet état d’esprit dans les régimes de dominations patrimoniale et féodale, en soulignant à nouveau l’importance de l’« honneur » et de la « loyauté » comme principes constitutifs du féodalisme. Initialement, la société féodale serait ainsi structurellement opposée « à la rationalité des affaires » : « La sociétisation féodale institua ainsi une imprégnation des relations les plus importantes de la vie par des liens strictement personnels, dont, en même temps, la singularité impliquait que le sentiment de dignité chevaleresque vive précisément dans le culte de ces attachements personnels, aux antipodes de toutes les relations d’affaires objectives qui, du point de vue de l’éthique féodale, ne pouvaient être perçues que comme spécifiquement indignes et grossières » (p. 260). La culture chevaleresque de la prouesse individuelle et du jeu contre l’art militaire du « dressage de masse », la culture du « luxe » ostentatoire et du « superflu » contre une « orientation à finalité rationnelle de la consommation », ou encore la valorisation de l’idée de mission s’opposeraient ainsi à une forme de « mentalité économique rationnelle ». Tandis que « le féodalisme minimise les fonctions administratives et ne se préoccupe du sort des paysans dépendants que dans la mesure où il lui est nécessaire de le faire dans l’intérêt de sa propre existence économique, le patriarcat maximise au contraire les intérêts de l’administration. En effet, toute fonction administrative nouvelle que le souverain patrimonial s’approprie implique un renforcement de sa position de pouvoir et de son importance idéelle, d’un côté, et, de l’autre, crée des prébendes nouvelles pour ses fonctionnaires » (p. 262-263). La domination du « patrimonialisme patriarcal » se constituerait ainsi sur le recours aux fonctionnaires comme agents de domination de la masse et ferait reposer sa légitimité sur un discours du « bien-être » des sujets, assuré par un « père du peuple », porteur d’une « politique sociale » lui permettant de s’assurer la « bienveillance des masses ».
Max Weber décrit en définitive une évolution historique des États modernes, qui verrait succéder au régime de domination féodale – plus favorable à l’esprit du capitalisme – un régime de domination patrimoniale, au sein duquel « le prince patrimonial » n’accepterait la répartition de la propriété foncière, le développement d’une économie monétaire et la constitution de fortunes nouvelles par le profit rationnel qu’à partir du moment où cela ne contreviendrait pas aux structures patrimoniales de son pouvoir, voire irait dans le sens de ses intérêts. Mais, parallèlement, il lutterait contre « l’autonomie sociale de la noblesse féodale » et « contre l’indépendance économique de la bourgeoisie », s’appliquerait à réduire « toute dignité personnelle » considérée comme hostile à son autorité, dans une logique d’« abandon intérieur à l’autorité du père du peuple ». Les formes de la différenciation sociale ne reposeraient dès lors plus que sur un système d’éducation servant les objectifs ¬– techniques – d’un fonctionnariat patrimonial, et conduisant à ne plus distinguer dans la société que des « groupes de statut ». Contrairement à celle du chevalier, la culture du fonctionnaire ne reposerait pas sur le jeu et l’héroïsme – qu’il considère comme une dépravation ¬–, mais sur le pragmatisme ; il ne tirerait pas son honneur de son « être » mais de ses « fonctions », et c’est de son « rendement » qu’il attendrait avantages et avancement. Mais si cette « éthique de statut social » du fonctionnaire semble compatible avec « la morale bourgeoise des affaires », elle s’en distingue par son rejet de l’aspiration au profit, opposant aux logiques de l’enrichissement par le marché la recherche de la « satisfaction des sujets ».
Et Max Weber de conclure : « Sur le fond, rien n’a changé depuis, hormis le fait que le fonctionnariat patrimonial s’est de plus en plus rationalisé et spécialisé pour devenir une “bureaucratie” moderne. […] En ce sens, ce n’est pas un hasard si le capitalisme spécifiquement moderne s’est développé là où (en Angleterre) la structure de domination a induit une limitation au minimum de la domination des fonctionnaires ».
Les propositions de communications, sous la forme d’un titre, d’un résumé d’environ 1 500 signes et d’une brève présentation biographique du contributeur, devront être adressées à Antoine Destemberg avant le 1er juin 2019. Les réponses seront transmises avant le 1er juillet.
Présentation complète ici.

- Innovation et Communautés médiévales en Europe du Nord-Ouest

Date : 20-22 novembre 2019
Lieu : Université de Münster
Organisation : Élodie Lecuppre-Desjardin (Université de Lille) et Nils Bock (Université de Münster)

Argumentaire :
Un enquête récente réalisée en Allemagne a montré que face à la révolution numérique et à l’accélération des innovations technologiques dans le domaine de l’information, nombre d’hommes et de femmes observaient ces changements technologiques avec autant de curiosité que d’appréhension, craignant un surmenage inévitable sur le front de leurs activités professionnelles. Si la fascination pour ces innovations peut constituer une force motrice pour une adaptation à ce ‘nouveau monde’, la crainte engendrée prouve qu’après deux siècles de modernité, l’émergence d’innovations technologiques et économiques continue à nourrir des sentiments ambivalents. Ce regard sur les sociétés contemporaines remet en question le lien bien établi entre innovation et modernisation. Toutefois ce phénomène est loin d’être propre aux sociétés modernes et contemporaines et la fin du Moyen Âge, qui n’a encore jamais fait l’objet d’une étude systématique sur ce sujet, se révèle essentielle pour comprendre les mécanismes humains d’adaptation, mais aussi les enjeux culturels qui facilitent ou bloquent les transitions. Débarrassés de toute perspective téléologique sur l’innovation, la période (XIIIe-début XVIe siècle) et l’espace (Europe du Nord-Ouest) que nous souhaitons placer au cœur de cette rencontre pourront servir de laboratoire d’analyse, afin d’estimer les conditions de réception de l’innovation et les réactions suscitées par l’irruption de la nouveauté.
Si pour nombre de théologiens du Moyen Âge, l’innovation ne peut être que réforme, cette posture n’empêche pas les hommes de la pratique, du commerce, de l’artisanat, d’innover sans le dire et d’introduire toutes sortes de nouveaux outils favorisant leur art. Les subterfuges existent pour, en quelque sorte, « faire du vieux avec du neuf ». Mais créer de nouvelles techniques, de nouvelles méthodes, ne suffit pas. Encore faut-il que ces nouvelles manières de faire et de penser soient acceptées par les communautés auxquelles elles s’adressent, ou, pour le dire avec les mots de J. Schumpeter : « Pour qu’une idée devienne innovation, il faut encore qu’elle soit socialement adoptée ». Le choix des mots, les stratégies de communication, les intentions d’optimisation, les promesses d’amélioration ou de maintien de conditions de vie favorables (l’impôt permanent pour entretenir les armées et donc protéger les peuples en est un parfait exemple), etc., sont autant d’étapes qui structurent les processus d’innovation non seulement dans un sens linéaire, mais aussi dans un sens itératif, ce qui inclut avancement, recul, adoption, recombinaison, échec et reprise.
Ce colloque visera par conséquent, non pas à repérer les innovations, ce qui aboutirait à une sorte d’inventaire stérile, mais à cibler les réactions qui entourent l’accueil de la nouveauté. L’enquête s’appuiera sur différentes communautés médiévales que sont les marchands, les artisans, les religieux, les universitaires, les gens d’armes, les officiers comptables, les théoriciens du politique, etc., afin de mêler théorie et pratique pour éventuellement élaborer un ‘idéal-type’ de l’acceptation de l’innovation. En observant les niveaux de connaissance, la force des convictions, les processus de décision, les contextes économiques, les capacités de résistance, les stratégies de communication, nous espérons pouvoir cibler les étapes qui permettent de comprendre les mutations sociétales et in fine, tenter de répondre à la question programmatique de cette rencontre : En quoi l’innovation participe-t-elle de la redéfinition des groupes sociaux entre le XIIIe et le XVIe siècle ?
Inscrit dans un vaste programme de recherche, dédié à l’étude de l’innovation en contexte à la fin du Moyen Âge, l’objectif de ce premier colloque, dont le but est d’amorcer une collaboration suivie autour de ce thème de recherche, sera donc triple :
Observer l’accueil de l’innovation en fonction des communautés étudiées.
Repérer des stratégies de diffusion ou de refus, toujours en fonction des différentes communautés retenues.
Comprendre le complexe régime de novation et de transformation dans ces sociétés pré- modernes qui, d’un côté réprouvent « la novelleté », et de l’autre répondent à des impératifs de changement.
Dans la mesure où cette rencontre se situe dans une étape liminaire à une investigation de longue durée, et peut être considérée comme un vaste atelier de travail collectif, les organisateurs ont souhaité ouvrir largement l’éventail des communautés médiévales envisagées dans les rapports qu’elles nourrissent avec l’innovation. Les contributions individuelles auront pour but de donner une vue d’ensemble des domaines privilégiés afin d’identifier des pistes de recherche à approfondir. Les questions suivantes, qui n’épuisent pas l’ensemble des interrogations motivées par un tel sujet, pourront guider les chercheurs impliqués : À qui doit- on ces innovations ? Comment et où sont-elles critiquées ou légitimées ? Qu’est ce qui favorise ou entrave l’acceptation de la nouveauté au sein et en dehors du monde urbain ? Quel rapport au temps nourrit ce régime de novation ? Comment l’individu peut-il concilier efficacité technique et quête du Salut ? Qui doit être convaincu et qui peut être convaincu ? Comment s’équilibrent la part de l’ancien et celle de la nouveauté ? Qui sont les gagnants et les perdants des nouveautés ? Ces différences entraînent-elles des troubles et/ou des mécanismes de compensation à élaborer ?
Les langues utilisées lors de cette rencontre seront principalement le français et l’allemand, (l’anglais pourra servir de langue de discussion). Les frais sont intégralement pris en charge par les organisateurs.
Les propositions, comprenant un titre et un résumé de 1500 caractères, sont à soumettre à Elodie.lecuppre univ-lille.fr et à nils.bock uni-muenster.de avant le 1er juin 2019.

- Journée d’études « Complaintes urbaines »

Date : 15 octobre 2019
Lieu : Paris (EHESS)
Organisation : Isabelle Backouche (EHESS-CRH) et Nathalie Montel (École des ponts Paris-Tech, LATTS), ()

Argumentaire :
Les plaintes ne sont pas des objets inconnus des sciences sociales. Elles appartiennent à la grande famille des courriers adressés aux autorités, mobilisés par différentes disciplines dans des perspectives variées. C’est aux plaintes déposées auprès de l’autorité judiciaire que s’est intéressé le sociologue Jean-François Laé, étudiant comment une jurisprudence s’est peu à peu construite à partir de ces manifestations de souffrance et ces demandes d’aide et de réparation (Laé 1996). À partir de lettres de dénonciations d’injustice adressées au journal Le Monde, c’est le sens du juste et les registres de la justification qu’ont, pour leur part, cherché à saisir les sociologues Luc Boltanski, Yann Daré et Marie-Ange Schiltz (Boltanski, Daré et Schiltz 1984). Au croisement de ces deux veines interprétatives, Emilia Schijman a enquêté dans une cité HLM et, épluchant les dossiers administratifs, montré comment les locataires n’ont de cesse, par leurs protestations écrites, d’interpeler les administrations mais aussi peuvent infléchir les décisions des tribunaux (Schijman 2013). La plainte est une mise en récit. Et d’abord, une mise en récit de soi, qui se conforme aux attentes supposées du destinataire et à des normes tacites. Le sociologue Didier Fassin a analysé cette injonction à se raconter, à construire un dossier en même temps qu’un argumentaire pour certains ayants-droit. En se fondant sur les demandes d’aide auprès du Fonds d’urgence sociale créé en 1998, des sollicitations baptisées suppliques, il a mis en évidence le travail rhétorique à l’œuvre et la construction d’une double relation de sollicitation et de sollicitude entre les citoyens et les pouvoirs publics (Fassin 2000). Les historiens ne sont pas en reste qui ont également fait des suppliques adressées aux autorités des objets d’études (Hayat 2018, Cerruti 2010). Très encadrées par les procédures, les pétitions aux assemblées, enregistrées à différentes époques (Jarrige 2004, Durelle-Marc 2008, Riot-Sarcey 2008) ou dans différents pays (Agnès 2018), ont, quant à elles, plus particulièrement retenu l’attention des historiens du politique et des politistes (Contamin 2003, Dumolyn 2015).
C’est dans une perspective d’étude urbaine qu’on se propose ici de porter attention à des corpus de plaintes, focalisant l’attention sur des écrits de citadins. Constituées en corpus par les autorités auxquelles elles sont adressées ou par ceux qui les analysent, ces lettres adressées aux pouvoirs urbains, individuelles la plupart du temps, font entendre des mécontentements. Elles se distinguent des suppliques dans la mesure où leurs auteurs ne demandent ni faveurs ni passe-droits. C’est au contraire généralement leur bon droit qu’ils entendent faire prévaloir, s’estimant lésés.
Ces écrits sont l’occasion de mesurer plusieurs distances. La première entre les projections des édiles sur la ville à venir et l’espace que le plaignant décrit comme son cadre de vie et d’activités. La deuxième touche à la temporalité : alors que les pouvoirs aménageurs (politique, administratif, technique) argumentent pour améliorer le cadre urbain (circulation, insalubrité) pour l’avenir, les administrés ancrent leur description dans le présent, voire le passé, de leur lieu de vie. Confronter ces plaintes avec les projets urbains est ainsi l’occasion d’embrasser l’écart entre un monde à venir et celui qui disparaît, habituellement évoqué à titre pittoresque. Au contraire, les plaintes redonnent corps aux pratiques urbaines en tout genre qui font aussi la ville. Les voisinages, le travail, les déambulations ou les rassemblements s’inscrivent dans un territoire urbain façonné par les années, et les habitudes, et lorsqu’un pouvoir bouleverse ces agencements, les plaignants couchent sur papier ce qui probablement ne serait jamais parvenu à nous. Enfin, ultime distance, la plainte a pour vertu de forcer l’historien à se décaler des argumentaires implacables qui condamnent un morceau de ville. Elle lève le voile sur des sociabilités inscrites dans l’espace urbain, au moment où celles-ci se sentent menacées. Elles incitent à ne pas seulement considérer ceux qui écrivent comme des victimes.
Manuscrites la plupart du temps, ces lettres de plaintes appartiennent au répertoire protestataire. Que nous disent, dans les différents contextes où elles s’expriment, ces complaintes à bas bruit de leurs auteurs, des relations qu’entretiennent les citadins avec ceux qui les gouvernent mais aussi des modes de vie urbains, de la vie quotidienne ou des sociabilités en ville ? Quelles formes prennent ces doléances couchées par écrits et quelles stratégies déploient les plaignants pour obtenir gain de cause ? Des intermédiaires sont-ils sollicités pour l’écriture de ces plaintes ? Dans quelle mesure ces écrits protestataires, longtemps considérés comme mineurs et souvent négligés, sont-ils susceptibles de nous renseigner sur la participation des citadins à la « fabrique ordinaire » ou au mode de gouvernement des villes ? Contrepoints aux discours officiels (Montel 2012, Backouche 2016), ces voix discordantes peuvent-elles contribuer à enrichir une approche sociale des villes d’hier ou d’aujourd’hui ou doivent-elles rester cantonnées à un registre anecdotique ? Ces récits d’habitants reçus et conservés par les administrations urbaines dans des dossiers administratifs, dispersés lorsqu’aucun guichet particulier n’a été mis en place pour le recevoir - comme cela a pu être le cas dans certains pays de l’Est (Nérard 2002) -, retracent des existences et des situations dont il serait difficile par ailleurs d’avoir connaissance. Dans quelle mesure ces écrits singuliers peuvent-ils nous aider à rendre visibles des phénomènes urbains généralement passés inaperçus ? Comment les pouvoirs interpelés choisissent-ils de réagir face à ces exposés de griefs qui leur demandent au surplus d’intervenir ? Ces réclamations de citadins ordinaires et ces démarches individuelles ont elles le pouvoir d’infléchir les politiques mises en place ou de modifier certaines pratiques des pouvoirs urbains ? Dans le cas de grands chantiers urbains, comment un individu qui écrit à l’administration imagine-t-il que sa requête pourra avoir le moindre effet ? Le fait qu’on trouve trace de ces plaintes dans les dossiers administratifs, et que souvent on puisse prendre connaissance du brouillon de la
réponse faite, suggère que l’administration prend au sérieux ces plaintes, notamment dans la perspective de rendre acceptables ses projets. Comment mettre à profit la sédimentation des écrits provoquée par l’interaction entre plaignants et administration ?
Autant de questions qu’il s’agirait d’examiner à partir d’une série d’études de cas appartenant à des temps et espaces variés et prenant appui sur l’identification et l’analyse de corpus de lettres de plaintes.
Les propositions de communication, d’une page environ précisant la problématique et le corpus retenus, peuvent émaner de toutes les disciplines et sont à adresser, d’ici le 1er juin 2019, aux organisatrices : Isabelle Backouche (EHESS-CRH) et Nathalie Montel (École des ponts Paris-Tech, LATTS)

- Intra et extra muros. La ville à l’époque romane (XIe–début XIIIe s.) : matérialité, image, imaginaire – 29e Colloque international sur la période romane

Date : Vendredi et Samedi 11 et 12 octobre 2019 (excursion, le Dimanche 13 octobre)
Lieu : Issoire (Puy-de-Dôme)

Argumentaire :
La « période romane » (XIe-début XIIIe s.) est celle de la plus profonde transformation du paysage urbain de l’Occident depuis l’époque des oppida et des fondations grecques (VIe-IVe siècles av. J.-C.) et romaines (IIe siècle av. - Ier siècle apr. J.-C.) et jusqu’aux bouleversements apportés au tissus et au paysage urbains par la « révolution industrielle ».
Cette transformation s’accomplit par une croissance des organismes urbains et périurbains préexistants ; par l’augmentation du nombre de ces organismes et leur densification, en particulier grâce à l’apparition d’un grand nombre de petites villes et de villes moyennes, tandis que beaucoup des « agglomérations secondaires » antiques – que la prospection archéologique a mis au jour depuis une vingtaine d’années - ont disparu ou ont subi des déplacements ; par l’élargissement géographique du monde urbain occidental, grâce à la mise en place d’une armature urbaine, pour la première fois dans leur histoire, dans les nouveaux pays que sont les Îles britanniques au-delà de l’antique limes, la Germanie transrhénane, les mondes scandinaves et slaves… c’est-à-dire largement au-delà des limites de l’ancienne Romania. Par là même s’établit peu à peu, nonobstant de fortes particularités régionales, une unification du monde occidental - qui demeure pourtant profondément rural – au travers de son « paysage de villes » et du poids de ses activités urbaines.
Le colloque d’Issoire avait, en 1994, choisi pour thème « Villes et campagnes à l’époque romane ». Vingt-cinq plus tard, il s’agit d’envisager ici le nouveau visage que les travaux, au cours du quart de siècle écoulé, des médiévistes historiens, historiens de l’art, archéologues, littéraires et linguistes donnent à la ville de « l‘époque romane » dans sa matérialité et ses représentations, dans son être propre - notion à rediscuter - comme dans sa relation aux pouvoirs, religieux et laïcs, et au monde rural environnant, dans son versant « ville de pierre » comme dans celui de la « ville de chair ».
Depuis un quart de siècle en effet, la progression des connaissances apportée par des protocoles de fouilles archéologiques, désormais également attentifs à toutes les périodes de l’histoire, les progrès de l’archéologie du bâti ou encore l’attention portée à la « fabrique urbaine » - des études microspatiales de quartier à celles de portée régionale - ont renouvelé notre connaissance de la matérialité de la ville médiévale des XIe-XIIIe siècles. Comme dans le cas de l’époque antique, une attention plus soutenue a été accordée aux « agglomérations secondaires », c’est-à-dire aux organismes intercalaires qui se glissent au sein du maillage à large trame des civitates héritées de la Romania antique ou - dans un rapport bien différent - de leurs épigones d’au-delà de l’ancien limes : c’est là la thématique de la « petite ville », longtemps abandonnées aux monographies érudites et à l’histoire locale.
Dans ces conditions, le concept même de « ville » a été réinterrogé et sa définition revisitée - dans un sens plus morphologique, fonctionnel et relationnel que juridique - comme « agglomération humaine d’importance, de caractère central plus ou moins affirmé, exerçant des fonctions multiples (centre d’exercice ou de relais du pouvoir, religieux plus encore que laïc ; lieu d’échanges commerciaux et de production artisanale…) et dotée en conséquence d’équipements de caractère monumental plus ou moins marqué (enceinte protectrice, place(s) de marché, lieux de culte, d’hospitalité et de soins, greniers et celliers…) ».
De surcroît, la plupart de ces fonctions et de ces équipements n’apparaissent pas au service du seul organisme urbain lui-même mais aussi à celui de son « pays d’alentour » (l’Umland des géographes) et des voyageurs de tous types qui y font étape ou y séjournent. En conséquence, le cadre monographique traditionnel a été dépassé et la ville médiévale est désormais interrogée dans le cadre d’un continuum ville-campagne, dans une prise en compte du maillage régional et dans une dimension comparative.
Il convient enfin de prendre en compte les études réalisées sur le changement d’image de la ville et de ses modalités de représentations symboliques, sur la création ou l’emprunt de nouvelles formes d’urbanisme et sur les évolutions constatées quant aux différentes expressions de la monumentalité urbaine.
Dans ces perspectives, le comité scientifique du colloque issoirien propose aux chercheurs intéressés d’organiser leur réponse au présent appel dans le cadre des questionnements suivants :
Que savons-nous de la société urbaine à l’époque envisagée ? Quelles inflexions historiographiques et épistémologiques ont marqué le dernier quart de siècle ?
Le « sentiment de ville » et les débuts de la conscience urbaine : laudatio urbis, apparition des notions de communitas et d’universitas… La double enceinte (monastique/civile militaire) et la récupération des enceintes antiques. La mise en cause d’une vision erronée de l’unité urbaine en raison des nombreux exemples de polynucléarité morphologique mais aussi politique et sociale de beaucoup de « villes » (et pas seulement des cités) jusqu’à la réalisation, souvent au XIIIe siècle, parfois seulement au siècle suivant, des organismes dirigeants (à Périgueux en 1240 mais seulement au milieu du XIVe siècle à Marseille, plus tard encore pour Limoges). Place et rôle des communautés juives dans la ville occidentale de l’époque romane ?
Vieilles terres urbanisées et fronts pionniers de l’urbanisation. Les nouveaux « pays de villes » (monde germanique, scandinave, slave, magyar). Monde byzantin. Péninsule ibérique, Moyen-Orient...
Représenter la ville. Images et représentations de la ville dans la littérature (cléricale et laïque), dans l’iconographie, dans la sculpture. Jérusalem ou Babylone ? Les représentations de la Jérusalem céleste. Légende noire ou légende dorée de la ville ? Opposition entre la « verticalité hiératique » de la représentation de la ville romane et « l’horizontalité humaine » de l’image donnée de la ville gothique ?
Postérité de la ville romane. Destruction, restauration, patrimonialisation des « maisons romanes ». On envisagera aussi la représentation de la ville des XIe-XIIIe siècles dans les arts et la littérature des périodes ultérieures (du XIXe au XXIe siècle) : peinture, littérature, cinéma, jeux vidéo…
Vos propositions de communication sont à retourner avant le 03 juin 2019 par courriel à Jean-Luc FRAY : j-luc.fray uca.fr
Merci d’y préciser : vos NOM et prénom ; profession / structure de rattachement ; adresses postale et de courriel ; titre et résumé (10 lignes maximum, en Français et en Anglais) de votre proposition de communication.

- Les lieux de délibérations. Espaces, décors, dispositifs en Europe du Moyen Âge au temps présent

Date : 14-16 mai 2020
Lieu : Université de Franche-Comté
Comité d’organisation :
Thomas Flum, professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge
Maxime Kaci, maître de conférences en histoire contemporaine
Jérôme Loiseau, maître de conférences en histoire moderne
Émilie Rosenblieh, maîtresse de conférences en histoire du Moyen Âge
Université de Franche-Comté, Centre Lucien Febvre (EA 22 73)

Comité scientifique :
Pascal Bertrand, professeur d’histoire de l’art moderne, université de Bordeaux- Montaigne, Centre de recherches François-Georges Pariset (EA 538)
Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècle)
James B. Collins, professeur d’histoire moderne, Georgetown University (Washington, DC)
Magali della Sudda, chargée de recherche en sciences politiques, CNRS, Centre Émile-Durkheim (UMR 51 16)
Michel Hébert, professeur émérite d’histoire du Moyen Âge, université du Québec à Montréal
Hélène Rousteau-Chambon, professeure en histoire de l’art moderne, université de Nantes, LARA-CReAAH (UMR 65 66)
Alain Salamagne, professeur d’histoire de l’art médiéval, université François- Rabelais de Tours, Centre d’études supérieures de la Renaissance (UMR 73 23) Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine, université de Bourgogne, Centre Georges Chevrier (UMR 73 66)

Argumentaire :
Le projet sur les délibérations en leurs lieux rassemble historiens, historiens de l’art et politistes dans la longue durée, des assemblées communales aux ronds-points. Il s’agit d’étudier les interactions entre les délibérations politiques sur le bien commun et les lieux qui les accueillent ou structurent, du Moyen Âge au temps présent.
Poser la question des lieux de la délibération politique revient à postuler qu’ils ne sont pas des décors neutres, sans effet de performativité ou sans incidence sur le climat d’une communauté délibérative. À l’inverse, les lieux participent à fabriquer le débat. Ce projet invite ainsi à se demander comment ces lieux deviennent eux-mêmes objets de décisions et portent à leur tour une représentation du politique.
Appropriation
L’espace délibératif reste souvent un « espace approprié » (Michel Hébert, 2014). La réflexion s’attache aux lieux investis : palais princier ou communal, église ou couvent, salle du conseil ou du chapitre, mais aussi théâtre, salle de jeu de paume et gymnase, fabrique ou usine. L’analyse s’interroge sur les modalités de cette appropriation parlementaire : aménagement des salles, construction d’estrade et de tribunes, disposition de bancs, décors temporaires. L’étude des tapisseries, supports mobiles et isolants d’une riche iconographie, apporterait une précieuse contribution à la réflexion. Quels conflits d’usage risquent-ils de survenir en ces lieux appropriés ? Dans quelle mesure les délibérations ont-elles porté sur les lieux mêmes ? Les travaux, destructions et réaménagements sont débattus, décidés et financés, réalisés ou non. Comment les pouvoirs agissent-ils sur l’architecture et le mobilier pour garantir des conditions optimales de délibérations (acoustique, chauffage) ou, au contraire, tenter d’écourter les débats ? Dans quelle mesure ces aménagements contribuent-ils à mettre en scène la parole politique ?
Construction
L’espace délibératif a pu guider un projet architectural propre. Des édifices dédiés sont construits : le palazzo comunale expérimenté dans des cités italiennes dès le XIIIe siècle, puis des bâtiments parlementaires à partir de la Parliament House d’Écosse à Edimbourg dans la première moitié du XVIIe siècle. Peut-on identifier des caractéristiques propres à l’architecture parlementaire ? Comment la salle des débats se place-t-elle dans l’économie de l’édifice ? Comment est-elle articulée aux espaces restreints des décisions
politiques : salles privées, cabinets dérobés et escaliers. Une attention est portée aux décors sculptés et peints, ainsi qu’au mobilier dont les salles des conseils s’ornent, à l’instar de la fresque du Bon et mauvais gouvernement qu’Ambrogio Lorenzetti peignit sur les murs de la salle où siégeaient les Neuf dans le palais communal de Sienne à partir de 1338. Ces « murs qui nous parlent » (Patrick Boucheron, 2013), quel dialogue nouent-ils avec les délibérations qu’ils séparent de la rue en les solennisant ?
Intérieur/extérieur
Le questionnement s’intéresse également à l’articulation entre espaces intérieurs et extérieurs. Comment les rituels politiques mobilisent-ils les lieux liminaires – seuils, perrons, loggia et autres balcons. Quelle pression la foule réunie sur la place publique exerce-t-elle sur les délibérations intérieures ? Comment l’irruption de la foule peut-elle élargir la sphère publique des délibérations ? Cette question invite tout particulièrement à interroger l’ouverture instituée ou forcée du lieu de délibération, ainsi que sa sacralisation aux yeux des acteurs qui l’investissent, le protègent, s’y réfugient ou le profanent.
L’analyse envisage aussi les rassemblements contestataires, non institués ni présidés, pour réfléchir au choix des lieux et à la manière de les investir : places et marchés, jardins et tavernes, portes des villes ou carrefours. En quoi le lieu investi par les corps assemblés « signifie[-t-il] en excès de ce qui est dit » (Judith Butler, 2015) ? En quoi l’acte même de se réunir réinvestit-il d’une charge politique des espaces publics désactivés, ambigus ou en cours de privatisation (place Tahrir, barrières de péages) ? Comment ces lieux informels permettent-ils de faire de la politique « sans en avoir l’air » (Laurent Le Gall, Michel Offerlé et François Ploux, 2012) ? Comment les acteurs s’approprient-ils l’espace public ? Par quels destructions et aménagements temporaires (barricades, tentes, feux) remodèlent-ils les lieux ?
Le projet donnera lieu à un colloque qui se tiendra à Besançon les 14, 15 et 16 mai 2020 pour préparer la publication d’un ouvrage collectif. Porté par le Centre Lucien Febvre de l’université de Franche-Comté, il est soutenu par le Centre Georges Chevrier de l’université de Bourgogne, ainsi que la chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècles) de Patrick Boucheron au Collège de France.
Les propositions de communication pourront s’inspirer du questionnement développé. Un résumé d’une demi-page est à adresser aux membres du comté d’organisation avant le 15 septembre 2019.

- Revue Histoire de l’éducation – Appel à contribution, numéro spécial "Longue durée et périodisation en histoire de l’éducation. Perspectives critiques"

La revue Histoire de l’éducation ouvre un appel à articles en vue de la constitution d’un dossier consacré à une réflexion sur les temporalités en histoire de l’éducation, et notamment l’intérêt que peut avoir la prise en compte de perspectives de longue durée en la matière. Il s’adresse donc aux historiens spécialistes de toutes les périodes, mais aussi aux chercheurs issus d’autres disciplines. Sa parution est prévue pour la fin de l’année 2020. Chaque article sélectionné (entre quatre et huit) pourra compter de 30 000 à 70 000 signes, selon l’ampleur de la question traitée et l’importance de l’argumentaire mobilisé.

Argumentaire
La question des temporalités et de leur enchâssement est consubstantielle à toute réflexion proprement historienne. Dans ses aspects les plus généraux, elle a été reformulée et actualisée récemment dans un numéro des Annales (avril 2015 : « La longue durée en débat ») ou dans un article de Jean Le Bihan et Florian Mazel sur la périodisation (Revue historique, numéro 680, 2016). L’histoire de l’éducation soulève cependant quelques problèmes spécifiques qui justifient une réflexion particulière sur la manière dont peuvent s’y articuler temps court et longue durée et, d’autre part, sur la pertinence des périodisations traditionnellement admises, que l’avancée des travaux historiens pourrait inviter à revisiter.
Davantage que d’autres domaines, l’éducation est en effet un objet récurrent de réforme. Des traces anciennes de cette volonté réformatrice (issue des pouvoirs politiques ou religieux, parfois des acteurs) peuvent être trouvées tant dans les « réformations » universitaires médiévales que dans les projets et réalisations plus ou moins aboutis de l’époque moderne, et évidemment dans les propositions des pédagogues phares et les entreprises gouvernementales du XXe siècle. L’importance accordée à la réforme éducative a, de plus, été accentuée au cours des cinq dernières décennies par la permanence d’un vif et large débat public autour de l’éducation, incluant la question des formes et variantes de capital culturel utiles ou nécessaires à la cohésion sociale. La combinaison de ces trois facteurs apparaît comme doublement favorable au temps court, celui de la période la plus contemporaine et celui des réformes successives et récentes, envisagées comme la clé de transformation et de compréhension du système éducatif. Une des ambitions du projet est donc d’interroger cette double focalisation en s’appuyant sur la profondeur du regard historien.
Seconde particularité de l’histoire de l’éducation telle qu’elle est souvent écrite depuis plus d’un siècle, en France comme dans les autres pays occidentaux, les théories éducatives et les « grands pédagogues » ont longtemps occupé une place prépondérante par rapport à l’analyse des pratiques, des acteurs ou des finalités sociales de l’éducation. Quelles conséquences sur l’état des savoirs a eu le privilège ainsi donné à l’histoire des idées, des principes, des théories ? S’il a permis et permet peut-être encore le dialogue à travers les siècles, les pays ou les aires culturelles, n’est-ce pas au prix de l’économie d’une analyse précise et pertinente de leurs contextes, hic et nunc ? Ces problèmes d’économie des contextes sont posés notamment aux histoires globales, connectées ou comparées de l’éducation.

Axes de réflexion
Sans se focaliser sur l’histoire récente du système éducatif, les contributions pourront porter sur toutes les périodes et tous les aspects de l’histoire de l’éducation, formelle ou informelle. Est ainsi envisageable l’analyse d’un ou plusieurs objets précis qui auraient leur temporalité propre (mise en apprentissage ou en pension, éducation domestique, familiale ou préceptorale, pluri-activité des enseignants, etc.). Il n’est cependant pas nécessairement attendu que ces propositions présentent des résultats de recherches inédits et une réflexion plus large à caractère historiographique serait également bienvenue. Quel que soit le type de matériau sur lequel elles s’appuient, elles devront essentiellement avoir une dimension problématique, méthodologique, éventuellement critique des paradigmes dominants ou de l’état des savoirs, ou suggestive d’orientations de recherches et de sources pertinentes. Pourront ainsi être interrogées les réalités désignées par les mots ou les concepts d’origine, de naissance, d’invention, de "fabrique", de rupture, d’innovation ou, inversement, d’invariants, de structures, de constantes, d’héritages, qui sous-tendent le travail de ceux qui, historiens ou non, analysent le passé de l’éducation. C’est dire que l’appel s’adresse à l’ensemble des chercheurs en sciences sociales intéressés.
Les contributions pourront porter sur un ou plusieurs des axes de réflexions ci-après suggérés. Certains de ceux-ci s’appliquent plus particulièrement au cas français, mais toutes contributions critiques portant sur des questions de temporalité et de périodisation spécifiques à d’autres pays seront les bienvenues. Ainsi :
La pertinence des découpages académiques entre périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine, dans le domaine éducatif
L’importance des ruptures induites par les Réformes religieuses, la Révolution française, les lois de Guizot, Ferry, Haby, etc.
La réalité des évolutions (contenus, méthodes, résultats, personnels enseignants...) dans les enseignements de tous les niveaux. On pourrait en particulier être attentif à la confrontation entre les ruptures institutionnelles/législatives, les continuités mentales (« prisons de longue durée ») et culturelles et les pratiques sociales. Ou l’inverse, le cas échéant.
Les éventuelles spécificités et articulations des temporalités locales, régionales et nationales dans le domaine éducatif.
Les rapports entre enseignements pré-coloniaux, coloniaux, post-coloniaux
L’enseignement des filles, l’éducation familiale, le rôle des Eglises, l’ascenseur social, la formation des élites, etc.., pourraient également être interrogés sous l’angle de la périodisation et de l’emboîtement des temporalités.

Modalités pratiques et calendrier
Les propositions d’article (2000 à 3000 signes), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique (5 lignes maxi) sont à adresser par courriel avant le 15 juin 2019 à l’adresse suivante : revue.histoire-education ens-lyon.fr
Après examen des propositions, les réponses seront données aux auteurs avant le 15 septembre 2019, le texte des articles étant attendu au plus tard pour mars 2020, en vue d’une parution à la fin de l’année 2020.

Responsables et comité scientifique
Pierre Caspard et Boris Noguès
Le comité scientifique est celui de la revue Histoire de l’éducation.

- Appel à article – Revue Ædificare

La revue Ædificare, revue internationale d’histoire de la construction, publie articles, comptes-rendus et sources relatifs à ce champ de recherche. Quatre numéros thématiques et deux numéro varia sont déjà parus ou sont en cours de parution (voir liste-ci dessous).
Si vous avez des contributions à proposer dans une des six langues de la revue (français, anglais, allemand, italien, espagnol et portugais), n’hésitez pas. Ils pourront être publiés après expertise dans un numéro Varia (ou dans la section Varia) de la revue. Quelques articles peuvent encore être acceptés pour le numéro 6 (2019-2) s’ils nous parviennent avant fin mai 2019.
Vous trouverez tous les renseignements nécessaires (normes et modalités de publication) sur : https://www.histoireconstruction.fr/aedificare/
Pour toute question, vous pouvez contacter la rédaction d’Ædificare à l’adresse suivante : aedificare histoireconstruction.fr.
Liste des numéros parus et à paraître :
Ædificare 2017 – 1, n° 1, Varia.
Ædificare 2017 – 2, n° 2, Building Techniques in Architectural Treatises : Construction Practices versus Technical Writings, dossier coordonné par Caterina Cardamone et Pieter Martens
Ædificare 2018 – 1, n° 3, Autorités et régulation du travail dans le champ de la construction (XIIIe-XIXe siècles), dossier coordonné par Robert Carvais et Nicoletta Rolla (parution mars 2019)
Ædificare 2018 – 2, n° 4, Remploi, recyclage : la seconde vie des matériaux de construction, dossier coordonné par Philippe Bernardi et Maxime L’Héritier (parution avril 2019)
Ædificare 2019 – 1, n° 5, L’Entrepreneur de bâtiment. Moyen Âge – XXe siècle, dossier coordonné par Valérie Nègre et Sandrine Victor (parution prévue septembre 2019)
Ædificare 2019 – 2, n° 6, Varia (parution prévue décembre 2019)
Comité éditorial : Philippe Bernardi, Robert Carvais, Valérie Nègre

VARIA

- Liste de revendications émanant de l’UFR d’Histoire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le Conseil de l’UFR d’histoire de l’Université Paris 1 a adopté à l’unanimité, le 22 mars dernier, les revendications émises par une assemblée générale de l’UFR qui s’est réunie le 26 février 2019. Il propose que ces revendications soient diffusées aux membres des associations d’historiens du supérieur, voire au-delà. Vous trouverez le texte sur le site de la SHMESP.

- Motions votées par la 21e section du CNU

- Hausse des droits d’inscriptions pour les étudiants étrangers
La 21e section du CNU, réunie le 1er février 2019, dénonce avec vigueur et fermeté la décision annoncée le 19 novembre dernier par le Premier ministre Édouard Philippe de faire passer, dès la rentrée prochaine, à 2770 euros en licence et à 3770 euros en master les frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers ne venant pas de pays de l’Union Européenne. Elle demande solennellement au gouvernement de renoncer sans délai à ce projet d’augmentation. (Motion votée à l’unanimité moins une abstention)

- Suivi de carrière – Recommandations
La 21e section du CNU fait savoir que comme les années précédentes, elle se réunira pour respecter les missions dévolues au CNU mais elle engage les collègues relevant de sa compétence à ne pas rendre de dossier, sauf s’ils rencontrent un problème précis dans leur carrière. La 21e section attend toujours que les établissements publient les mesures d’accompagnement concrètes qu’ils ont mises en oeuvre.

- Fermeture provisoire des salles du CARAN

À la suite de la fixation du calendrier des travaux des entreprises chargées des travaux de remise à niveau des couvertures du Caran, les salles de lecture du Caran seront fermées au public du lundi 27 mai au samedi 15 juin 2019. Cette durée de trois semaines prend en compte aussi bien les déménagements complets d’espaces situés sous la toiture que la préparation des nouvelles salles de consultation, toutes opérations lourdes et complexes.
Durant cette période il sera ainsi procédé au déménagement intégral des bureaux du personnel situés sur la mezzanine de la salle de lecture, à la préparation de la salle provisoire de consultation des documents originaux (avec transfert des instruments de recherche et d’une partie des usuels, installation d’un guichet provisoire, etc.), au transfert de la salle de consultation des microfilms et des meubles de rangement des microfilms au RDC du Caran, ou au déménagement de la totalité du dépôt arrière de la salle des microfilms qui se trouve sous la toiture.
Les salles de lecture provisoires ouvriront au public le lundi 17 juin. La durée des travaux, quant à elle, est estimée à six mois.
Des réunions seront organisées avec les lecteurs au Caran d’ici la fin du mois d’avril pour expliquer les opérations de déménagement et la nouvelle organisation provisoire.

- Le doctorat est maintenant enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP)

Cet enregistrement du doctorat au RNCP est paru au Journal Officiel, le 6 mars. Il vise notamment à "favoriser le recrutement des docteurs par les employeurs des secteurs de la production et des services". L’arrêté définit les blocs de compétences communs à tous les docteurs, indépendamment de leur spécialité. Le texte complet est disponible ici.
Dans l’objectif de favoriser le recrutement des docteurs par les employeurs des secteurs de la production et des services, ces blocs de compétences sont définis ainsi :
- Bloc 1 Conception et élaboration d’une démarche de recherche et développement, d’études et prospective
• disposer d’une expertise scientifique tant générale que spécifique d’un domaine de recherche et de travail déterminé ;
• faire le point sur l’état et les limites des savoirs au sein d’un secteur d’activité déterminé, aux échelles locale, nationale et internationale ;
• identifier et résoudre des problèmes complexes et nouveaux impliquant une pluralité de domaines, en mobilisant les connaissances et les savoir-faire les plus avancés ;
• identifier les possibilités de ruptures conceptuelles et concevoir des axes d’innovation pour un secteur professionnel ;
• apporter des contributions novatrices dans le cadre d’échanges de haut niveau, et dans des contextes internationaux ;
• s’adapter en permanence aux nécessités de recherche et d’innovation au sein d’un secteur professionnel.
- Bloc 2 Mise en œuvre d’une démarche de recherche et développement, d’études et prospective
• mettre en œuvre les méthodes et les outils de la recherche en lien avec l’innovation ;
• mettre en œuvre les principes, outils et démarches d’évaluation des coûts et de financement d’une démarche d’innovation ou de R&D ;
• garantir la validité des travaux ainsi que leur déontologie et leur confidentialité en mettant en œuvre les dispositifs de contrôle adaptés ;
• gérer les contraintes temporelles des activités d’études, d’innovation ou de R&D ;
• mettre en œuvre les facteurs d’engagement, de gestion des risques et d’autonomie nécessaire à la finalisation d’un projet R&D, d’études ou d’innovation.
- Bloc 3 Valorisation et transfert des résultats d’une démarche R&D, d’études et prospective
• mettre en œuvre les problématiques de transfert à des fins d’exploitation et valorisation des résultats ou des produits dans des secteurs économiques ou sociaux ;
• respecter les règles de propriété intellectuelle ou industrielle liées à un secteur ;
• respecter les principes de déontologie et d’éthique en relation avec l’intégrité des travaux et les impacts potentiels ;
• mettre en œuvre l’ensemble des dispositifs de publication à l’échelle internationale permettant de valoriser les savoirs et connaissances nouvelles ;
• mobiliser les techniques de communication de données en « open data » pour valoriser des démarches et résultats.
- Bloc 4 Veille scientifique et technologique à l’échelle internationale
• acquérir, synthétiser et analyser les données et informations scientifiques et technologiques d’avant-garde à l’échelle internationale ;
• disposer d’une compréhension, d’un recul et d’un regard critique sur l’ensemble des informations de pointe disponibles ;
• dépasser les frontières des données et du savoir disponibles par croisement avec différents champs de la connaissance ou autres secteurs professionnels ;
• développer des réseaux de coopération scientifiques et professionnels à l’échelle internationale ;
• disposer de la curiosité, de l’adaptabilité et de l’ouverture nécessaire pour se former et entretenir une culture générale et internationale de haut niveau.
- Bloc 5 Formation et diffusion de la culture scientifique et technique
• rendre compte et communiquer en plusieurs langues des travaux à caractère scientifique et technologique en direction de publics ou publications différents, à l’écrit comme à l’oral ;
• enseigner et former des publics diversifiés à des concepts, outils et méthodes avancés ;
• s’adapter à un public varié pour communiquer et promouvoir des concepts et démarches d’avant-garde.
- Bloc 6 Encadrement d’équipes dédiées à des activités de recherche et développement, d’études et prospective
• animer et coordonner une équipe dans le cadre de tâches complexes ou interdisciplinaires ;
• repérer les compétences manquantes au sein d’une équipe et participer au recrutement ou à la sollicitation de prestataires ;
• construire les démarches nécessaires pour impulser l’esprit d’entrepreneuriat au sein d’une équipe
• identifier les ressources clés pour une équipe et préparer les évolutions en termes de formation et de développement personnel ;
• évaluer le travail des personnes et de l’équipe vis à vis des projets et objectifs.