Extrait d'enluminure

Contribution d’Alexis Grélois

Chers collègues,

Je vous remercie pour les informations que vous nous avez transmises et pour votre engagement en faveur de la défense de nos disciplines et plus largement d’une formation de qualité pour les futurs enseignants.

Je me permets de vous écrire pour réagir au message de Christophe Badel. En effet, comme il le reconnaît lui-même, notre collègue a les mois passés péché par excès d’optimisme. Il passe trop rapidement sur le changement que représente la disparition d’une épreuve à l’oral et l’introduction du tirage au sort entre histoire et géographie.

Par ailleurs, je m’étonne qu’il s’interroge sur la nature et la réalité même des stages. En effet, les rectorats ont déjà cherché ces derniers mois à les mettre en place, avec des documents de cadrage qui permettent de s’en faire une idée précise, même si rares sont les étudiants volontaires cette année du fait de l’incompatibilité entre les créneaux proposés et le calendrier de préparation prévu. Le rectorat de Créteil a par ailleurs lancé un appel d’offre pour la formation "continuée" l’an prochain.

De plus, ces informations n’abordent pas la question de l’année 2010/2011 : une première possibilité est que les concours "nouvelle formule" aient lieu dès décembre 2010, mais on aimerait savoir sur quel programme ; des voix se font entendre selon lesquelles il n’y aurait pas de programme pour ne pas désavantager les candidats sortant de L3 ou de M1 face aux candidats malheureux du CAPES de 2009/2010. Une autre possibilité est tout simplement l’année blanche, le dernier CAPES "ancienne formule" se passant en mars-juillet 2010 et le premier "nouveau" en décembre 2011, ce qui laisserait le temps de mettre en place les masters ou parcours enseignement... et permettrait au ministère de supprimer 28000 postes d’enseignants.

Enfin et surtout, C. Badel n’évoque pratiquement pas la question des masters. Or les déclarations ministérielles des 13 et 18 novembre puis le projet de circulaire publié par le Snesup le 8 décembre montrent bien qu’il sera impossible de préparer les étudiants à des questions aussi complexes que les actuelles tout en leur faisant faire des stages, passer une certification en informatique et une autre en langue et envisager une reconversion professionnelle. Je découvre aussi dans le message du vice-président du CAPES que ce concours, déjà bidisciplinaire (ce qui implique de mettre à niveau des étudiants qui ne sont licenciés que dans une discipline) deviendrait tri-disciplinaire, avec l’histoire des arts ! Bref, je ne vois vraiment pas comment il serait possible de maintenir le moindre lien, si ce n’est rhétorique, entre le CAPES et l’agrégation. Soit le CAPES gardera un réel niveau disciplinaire et les étudiants ne pourront le passer qu’après avoir validé le master pour avoir le temps de le préparer (où ?) dans de bonnes conditions, soit il deviendra une vague certification. De ce point de vue, je ne suis pas sûr que les questions transversales aillent dans le bon sens... À ce sujet, je vous fais suivre la maquette de master histoire-géographie proposée par la FAGE, qui colle en tout point avec le cadrage ministériel.

Bien cordialement,

Alexis Grélois