Extrait d'enluminure

Motion de la SHMESP sur la réforme du CAPES

, par Dominique Stutzmann

La Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public (SHMESP) s’associe à l’APHG, l’AHCESR et l’AHMUF pour exprimer ses vives préoccupations face aux annonces de réformes concernant les concours de recrutement des enseignants du secondaire.

Ces projets consacrent en effet un recul inacceptable de la dimension disciplinaire du CAPES, en la limitant à une unique épreuve à l’admissibilité, en l’évacuant complètement de l’admission. La SHMESP s’inquiète de la méconnaissance du caractère bivalent du métier de professeur d’histoire et de géographie que révèle un tel projet. Elle rappelle en outre qu’une solide maîtrise des contenus de la discipline est indispensable à l’enseignant, à la fois pour la construction de son enseignement et pour l’adaptation aux récurrentes réformes des programmes. Le recul de la dimension disciplinaire des concours de recrutement a toutes les chances de limiter l’autonomie des futurs collègues, leur capacité à s’approprier et à transmettre savoirs et compétences, et à terme d’obérer la confiance des élèves à leur égard.

La précipitation avec laquelle la réforme est menée, sans la moindre concertation avec les acteurs concernés et notamment les universités, ainsi que le flou qui entoure la nature précise des épreuves comme les modalités de mise en place de l’alternance ou l’organisation de l’année de transition rendent impossible la préparation des maquettes du nouveau master MEEF pour une mise en œuvre à la rentrée 2020.

La SHMESP demande donc le report d’un an de cette réforme et l’organisation d’une large concertation avec tous les acteurs de la préparation aux concours concernés.