Extrait d'enluminure

Soutenance d’HDR de Dominique Stutzmann

Dominique Stutzmann soutiendra son habilitation à diriger des recherches le lundi 4 janvier 2021 à 14 heures, devant un jury composé de M. Laurent MORELLE (EPHE-PSL, garant), M. François BOUGARD (IRHT-CNRS), M. Torsten HILTMANN (Humboldt-Universität, Berlin), M. Daniel STOEKL BEN EZRA (EPHE-PSL), M. Benoît TOCK (Université de Strasbourg), Mme Anne-Marie TURCAN-VERKERK (EPHE-PSL).

Le dossier, intitulé Du fil de la plume aux réseaux de neurones (artificiels) : recherches en histoire graphique et socio-culturelle de l’écriture, comprend un mémoire de synthèse intitulé Penser aujourd’hui l’écriture du passé, un recueil de travaux et un mémoire inédit : Réseaux et politiques documentaires de l’Ordre cistercien aux XIIe et XIIIe siècles.
Le rapport de synthèse s’ouvre sur la présentation des travaux menés et la définition de l’écriture médiévale comme objet historique unitaire à étudier par des approches plurielles, où les différentes voies explorées sont autant de galeries qui joignent des lieux distincts d’un même champ. Inspirée par le pilotage de projets financés rassemblant des équipes de recherche en sciences de l’ingénieur et en sciences humaines, une partie est consacrée à la définition et aux méthodes du dialogue interdisciplinaire et des humanités numériques.
Le rapport de synthèse est accompagné par un recueil de 48 publications choisies organisées selon les thèmes suivants : (1) Textes : genèse, circulation, conservation ; (2) Mesure et caractérisation des écritures ; (3) Indexations du texte par intelligence artificielle : de la lecture à la compréhension ; (4) Emplois socio-spatiaux de l’écriture ; (5) Dialogue interdisciplinaire et humanités numériques.
Le mémoire inédit porte sur les Réseaux et politiques documentaires de l’Ordre cistercien aux XIIe et XIIIe siècles. Considérant l’Ordre cistercien comme le pionnier d’un fonctionnement institutionnel fondé sur l’écrit, qui l’a conduit à organiser des programmes de copie, l’étude porte sur les réseaux de la transmission des textes en son sein et aux contacts entretenus avec des réseaux connexes. Il s’agit ainsi de comprendre le fonctionnement de la communauté cistercienne en découvrant quels textes ont été copiés par quelles maisons, à partir de quel(s) modèle(s) et en vertu de quel programme, de quelle « politique documentaire ». Les analyses se fondent sur des observations concernant 160 textes et collections de textes, plus de 1 400 manuscrits, plus de 230 institutions réparties dans un espace qui correspond majoritairement à la France actuelle, mais prend en compte jusqu’à l’Angleterre et l’Allemagne, et comprend de nombreuses collations partielles pour évaluer les proximités textuelles entre témoins d’une même œuvre. L’étude démontre que la structure du réseau ne recoupe pas, ou pas toujours celle, institutionnelle, des filiations d’abbayes et, au contraire, diffère sensiblement selon les auteurs et les types de textes copiés (classiques latins, patristique grecque, patristiques latin, auteurs carolingiens, auteurs des XIe et XIIe siècles, notamment victorins et cisterciens). En comparant les textes et leur diffusion, ce mémoire permet ainsi de définir ce qu’était la bibliothèque cistercienne idéale et ses déclinaisons et variations au cœur même du réseau cistercien.

La soutenance se tiendra en visioconférence (lien sur demande)